Guerre de Bosnie

03 avril 2019 15:34; Act: 03.04.2019 15:38 Print

La justice internationale rejette l'appel de Karadzic

Condamné à la prison à perpétuité pour crimes de guerre, l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie ne peut pas faire appel de sa sentence.

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Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux ont rejeté l'appel de Radovan Karadzic qui a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre. (3 avril 2019) L'ex-président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné mercredi en appel à la prison à perpétuité. (Mercredi 20 mars 2019) Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a réclamé mardi l'annulation d'un rapport gouvernemental sur le génocide de Srebrenica en 1995. (14 août 2018) Radovan Karadzic continue à nier tout génocide. «Il n'y a jamais eu de plan criminel, ni d'homogénéisation de civils ou de territoire», a dit le Serbe de 72 ans assurant lui-même sa défense. (La Haye, 24 avril 2018) Aujourd'hui âgé de 72 ans, Radovan Karadzic (image d'archive) est le plus haut responsable à devoir rendre des comptes devant la justice, depuis la mort pendant son procès de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic. (Lundi 23 avril 2018) Pour la première fois, la justice serbe organise un procès d'auteurs présumés du massacre de Srebrenica, en 1995. Ici sur la photo, une survivante devant la plaque commémorative des victimes massacrées. (12 décembre 2016) Le procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a requis la perpétuité contre Ratko Mladic. (7 décembre 2016) Ratko Mladic est accusé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie d'avoir entrepris le «nettoyage ethnique» d'une partie de la Bosnie. Le procès est entré ce lundi dans sa dernière semaine avec le début du réquisitoire long de trois jours. (5 décembre 2016) L'Etat néerlandais, jugé responsable de la mort de centaines de musulmans à Srebrenica, s'est défendu jeudi en appel, arguant que «personne n'aurait pu anticiper un génocide». (Jeudi 6 octobre 2016) Les juges de Strasbourg ont débouté les proches des victimes de Srebrenica. A l'image, un casque bleu néerlandais à l'entrée du camp de l'ONU près de Srebrenica le 13 juillet 1995. (Jeudi 22 septembre 2016) Lorsque les forces serbes ont envahi la «zone de sécurité» les Casques bleus l'ont évacuée - en abandonnant sur place certains de leurs employés locaux. Radovan Karadzic a officiellement interjeté appel de sa condamnation fin mars à quarante ans de détention pour génocide, accusant les juges d'avoir mené un «procès politique». (Vendredi 22 juillet 2016) Radovan Karadzic a été condamné à 40 ans de détention pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, un verdict historique rendu plus de 20 ans après les fait (24 mars 2016) Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic quitte Srebrenica après avoir été attaqué à coups de pierres. (Samedi 11 juillet 2015) Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic au centre mémorial. (Samedi 11 juillet 2015) (Samedi 11 juillet 2015) Les participants se recueillent près des tombes de plus de 6200 victimes enterrées au centre mémorial. (Samedi 11 juillet 2015) (Samedi 11 juillet 2015) (Samedi 11 juillet 2015) (Samedi 11 juillet 2015) Vingt ans après les faits, le massacre de Srebrenica reste considéré comme l'une des pires atrocités commise en Europe ces dernières années. Plus de 8000 personnes y trouvèrent la mort. Ici, des bosniaques musulmans portent des cercueils contenant les restes de 175 victimes identifiées (juillet 2014). Les commémorations commencent le 11 juillet de chaque année et se terminent le 16. Ici une prière en juillet 2014. Des milliers de cadavres avaient été enterrés dans une fosse. L'ONU avait décrit ce massacre comme l'une des pires atrocités depuis la deuxième guerre mondiale. Des experts mandatés par la cour internationale de justice en train de déterrer les cadavres de ce massacre (1995). Une experte en train de fouiller les ossements (1995). Le massacre de Srebrenica a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et la Cour internationale de justice à plusieurs reprises. Les musulmans, dont 8000 hommes et adolescents ont été tués en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie dans ce massacre. Ils souhaitent voir les Serbes admettre qu'il s'agit d'un génocide, tel qu'il a été qualifié par la justice internationale. Ces derniers s'y refusent. Ratko Mladic, commandant des forces armées serbes de Bosnie. Il fût arrêté en 2011 après avoir été un des fugitifs les plus recherché d'Europe. Le «boucher des Balkans» avait été jugé par le Tribunal pénal international de la Haye en 2011. Des femmes pleurent sur un cercueil (juillet 2014). 8000 hommes et adolescents ont été tués en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica. Plus de 600 cercueils sont disposés au mémorial et cimetière de Srebrenica-Potocari. Chaque année de nouveaux ossements sont identifiés et enterrés dans ce cimetière mémorial. Deux décennies après le conflit, les leaders des trois communautés ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le moindre intérêt commun.

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Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) ont refusé mercredi la demande d'une révision en appel de la sentence prononcée contre Radovan Karadzic, ex-chef politique des Serbes de Bosnie condamné à la perpétuité pour génocide et crimes de guerre.

Radovan Karadzic avait formulé cette demande jeudi, après que sa peine initiale de 40 ans de prison avait été durcie le 20 mars en appel en une condamnation à perpétuité pour des crimes commis pendant la guerre de Bosnie (1992-95).

Dans un document publié mercredi, le juge président du MICT, Carmel Agius, a rejeté la demande de Karadzic, estimant «qu'il n'y a pas de base légale dans le Statut ou dans le Règlement (du MICT) pour Karadzic de faire appel du jugement en appel ou d'une partie de celui-ci».

Erreurs de droit

Radovan Karadzic, 73 ans, avait été condamné en première instance en 2016 par le Tribunal pénal international international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye, à 40 ans de prison pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La justice le juge responsable de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de près de quatre ans de la capitale bosniaque Sarajevo, au cours duquel plus de 10'000 personnes sont mortes.

Le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du TPIY après sa fermeture en 2017, a rejeté le 20 mars l'appel de Karadzic à sa condamnation à quarante ans d'emprisonnement et l'a condamné à la prison à vie.

Bien que les décisions de la chambre d'appel de la juridiction de l'ONU soient généralement définitives, Karadzic avait formulé jeudi 8 motifs d'appel sur la peine prononcée le 20 mars, soulevant notamment des erreurs de droit.

Une telle révision en appel n'était pas acquise, avait reconnu lui-même l'avocat de Radovan Karadzic, Peter Robinson.

(nxp/afp)