Belgique

16 octobre 2019 13:13; Act: 16.10.2019 13:13 Print

La justice se penche sur la dangerosité de Dutroux

Cette semaine, la justice belge va rouvrir un dossier très sensible, les avocats du pédophile ayant demandé une expertise psychiatrique, en vue de le libérer en 2021.

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Marc Dutroux est-il encore dangereux? La justice belge rouvrira jeudi ce dossier criminel ultra sensible pour examiner une demande d'expertise psychiatrique déposée par les avocats du pédophile emprisonné depuis 23 ans. La requête entre dans le cadre d'une demande de libération conditionnelle, un objectif qui paraît difficilement atteignable mais provoque toujours des débats enflammés en Belgique. Dutroux, 63 ans en novembre, a été condamné en 2004 à la prison à perpétuité pour le rapt, la séquestration et le viol de six fillettes et jeunes filles en 1995-96, ainsi que pour la mort de quatre d'entre elles.

Concrètement, le Tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles examinera jeudi à huis clos la demande de désignation d'un collège de médecins experts pour examiner l'état mental de Marc Dutroux et le risque de récidive. Le TAP siégera exceptionnellement à la prison de Nivelles, où le criminel est incarcéré et pourra s'exprimer. À l'issue de l'audience, la décision devrait être mise en délibéré. Vingt-trois ans après son arrestation, les avocats et proches des victimes continuent de le dépeindre comme «un grand pervers manipulateur», lui reprochant de n'avoir jamais dit la vérité, ni exprimé de regrets.

Une libération hypothétique

Ses défenseurs dénoncent le traitement «scandaleux» subi en prison, où personne ne devrait «moisir sur pied» à l'isolement pendant un quart de siècle, selon l'expression de l'un d'eux, Me Bruno Dayez. Depuis son interpellation en août 1996, «rien n'a été fait pour favoriser son amendement, ni sa réinsertion. On ne le laisse participer à aucune activité collective», proteste l'avocat. Quant à l'audience de jeudi, Me Dayez la présente comme «une étape obligée dans le parcours» vers cette libération conditionnelle qu'il espère décrocher à l'horizon 2021.

Alors que son complice Michel Lelièvre, condamné à 25 ans de prison, vient d'obtenir le feu vert à sa sortie (à condition de trouver un logement sous six mois dans un périmètre très précis), la libération de Dutroux reste très hypothétique... «Une illusion», titrait récemment le quotidien belge Le Soir. Pour les condamnés à 30 ans de prison et plus, le TAP en Belgique doit être constitué de cinq juges (au lieu de trois habituellement), contraints de statuer à l'unanimité. Ses décisions ne sont susceptibles d'aucun recours.

(afp)