Irak

07 décembre 2019 13:58; Act: 07.12.2019 14:02 Print

La maison de Moqtada Sadr visée après une tuerie

Le leader chiite irakien Moqtada Sadr a été ciblé après avoir pris partie pour les manifestants antigouvernementaux, après un nouveau massacre à Bagdad.

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L'ambassade des États-Unis en Irak a été la cible de tirs qui n'ont pas fait de victime, lundi. Trois manifestants ont par ailleurs été tués à Bagdad. (20 janvier 2019) Pour les manifestants, c'est tout le système installé en 2003 par les Américains pour remplacer Saddam Hussein et désormais noyauté par les Iraniens qui doit être mis à bas. (Mardi 24 décembre 2019) La révolte entamée il y a près de trois mois a connu un nouveau regain de mobilisation après quelques semaines d'accalmie. (Mardi 23 décembre 2019) Les dirigeants irakiens se sont accordé un nouveau délai pour désigner le futur premier ministre, à l'expiration du délai constitutionnel. (Jeudi 19 décembre 2019) Un militant irakien actif au sein des manifestations contre le pouvoir et son parrain iranien a été assassiné dimanche soir devant son domicile dans la ville sainte chiite de Kerbala. (8 décembre 2019) Les funérailles de manifestants tués lors de la répression donnent l'occasion de nouvelles manifestations, comme ici à Najaf. (Dimanche 8 décembre 2019) Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone du massacre dans le parking à Bagdad. (Samedi 7 décembre 2019) Au moins 17 manifestants ont été tués vendredi soir à Bagdad après une attaque d'hommes armés contre un parking qu'ils occupaient depuis des semaines. (Vendredi 6 décembre 2019) Les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement en Irak se sont poursuivies lundi sous la pression des manifestants, qui dénoncent sans relâche le pouvoir et son parrain iranien. (2 décembre 2019) Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. (Dimanche 1er décembre, photo d'illustration) Des étudiants marchent à Basra (sud de l'Irak) en signe de deuil pour les manifestants tués lors des mobilisations anti-gouvernementales. (Dimanche 1er décembre 2019) Une procession funéraire s'est déroulée à Mossoul (sud de l'Irak) en l'honneur des manifestants tués lors des mobilisations qui secouent le pays depuis le mois d'octobre. (Dimanche 1er décembre 2019) Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé qu'il allait présenter sa démission au Parlement, quelques heures après que la plus haute autorité chiite du pays a appelé ce dernier à lui retirer sa confiance. (Vendredi 29 novembre 2019) Depuis le début du mouvement de contestation qui réclame le renouvellement de la classe dirigeante, plus de 390 personnes ont été tuées et 15'000 blessées. (Vendredi 29 novembre 2019) À Najaf, le consulat iranien est parti en flammes. (Jeudi 28 novembre 2019) Les manifestations antigouvernementales ont débuté le 1er octobre faisant depuis de nombreux morts. (Jeudi 28 novembre 2019) Au moins 22 manifestants ont été tués à Nassiriya, au sud de l'Irak sous couvre-feu et encerclée par les forces de sécurité. C'est l'une des journées les plus meurtrières depuis le début le 1er octobre du premier mouvement spontané en Irak qui réclame la refonte du système politique et le renouvellement total de la classe dirigeante. (28 novembre 2019) La contestation en Irak, qui a déjà fait 350 morts en deux mois, a atteint mercredi un palier inédit avec l'incendie par des manifestants du consulat d'Iran à Najaf. (27 novembre 2019) L'incendie du consulat iranien, dans la très symbolique ville sainte chiite de Najaf qui accueille chaque années des millions de pèlerins chiites principalement iraniens, marque un tournant. (27 novembre 2019) En soirée, au milieu de hautes flammes qui dévoraient l'emblème de la République islamique sur le mur d'enceinte de la représentation diplomatique, des centaines de jeunes criaient «Iran dehors». (27 novembre 2019) La plus haute autorité chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani, a estimé que le pays sera à jamais marqué par les semaines de manifestations, réclamant des réformes et le départ de la classe politique. (Vendredi 15 novembre 2019) Quatre manifestants ont été tués jeudi à Bagdad. lls ont été mortellement touchés par des grenades lacrymogènes que les forces de l'ordre tirent à hauteur d'homme. (14 novembre 2019) Depuis le début d'un mouvement spontané de contestation (1er octobre), près de 280 personnes - en majorité des manifestants - ont été tuées, selon un nouveau bilan. (6 novembre 2019) Alors que de violentes manifestations font rage en Irak, les autorités ont de nouveau coupé l'accès à Internet mardi. (5 novembre 2019) Les Irakiens ont été privés d'internet dans la nuit de lundi à mardi. (5 novembre 2019) Les forces de l'ordre répondent à coup de gaz lacrymogènes et de balles réelles face à des manifestants qui tentaient d'incendier le consulat iranien de la ville sainte chiite de Kerbala. Quatre personnes sont mortes. (4 novembre 2019) Les manifestations continuent à Bagdad tandis que plusieurs syndicats ont déclaré la grève générale. (Dimanche 3 novembre 2019) De nouvelles violences ont opposé samedi les forces de l'ordre aux manifestants, qui continuent d'occuper sans interruption la place Tahrir de Bagdad. (Samedi 2 novembre 2019) Le président irakien Barham Saleh a promis des élections anticipées, tandis que le Premier ministre a affirmé être prêt à partir face à la vague de contestation qui secoue le pays. (Jeudi 31 octobre 2019) Au moins 100 personnes ont été tuées et 5500 blessées en une semaine de manifestations et de violences en Irak, selon la Commission gouvernementale des droits de l'Homme. (Mercredi 30 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens à Bagdad appellent dimanche à «arracher par la racine» la classe dirigeante. (27 octobre 2019) Selon le bilan officiel, 220 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences en près d'un mois. (27 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Début octobre déjà, plus de 150 personnes avaient été tuées en une semaine, quasiment toutes des manifestants qui réclamaient «la chute du régime». (Vendredi 25 octobre 2019) A Bagdad, des milliers de manifestants étaient toujours rassemblés sur la place Tahrir, et des heurts limités se poursuivaient sur le pont al-Joumhouriya adjacent. (Vendredi 25 octobre 2019) A la mi-journée, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, avait appelé les forces de sécurité et les manifestants à la «retenue» pour éviter le «chaos». (Vendredi 25 octobre 2019) Un policier aide l'un des manifestants à se remettre des gazs lacrymogènes tirés. (Vendredi 25 octobre 2019) La contestation antigouvernementale a repris en Irak, avec des violences faisant plus 40 morts à Bagdad et dans le sud du pays. (Vendredi 25 octobre 2019) Des manifestants transportent l'un des leurs, blessés, vers l'hôpital. (Vendredi 25 octobre 2019) Après un mouvement de contestation qui s'est soldé par une centaine de morts, l'Irak a entamé un deuil national jeudi. (10 octobre 2019) Dimanche en soirée et jusqu'à tard dans la nuit, des témoins ont fait état de violents affrontements à Sadr City. Ceux-ci ont fait 13 morts dans la nuit selon des sources policières et médicales. (Lundi 7 octobre 2019) Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé des «ennemis» de chercher à «semer la discorde» entre l'Iran et l'Irak. (Lundi 7 octobre 2019) Tentant de mettre fin à la contestation, le gouvernement irakien a annoncé dimanche matin une série de mesures sociales en réponse à des demandes des manifestants. (Dimanche 6 octobre 2019) L'ONU a appelé samedi à la fin des violences en Irak, au cinquième jour du mouvement de contestation. (Samedi 5 octobre 2019) Les forces de sécurité ont dispersé un important rassemblement dans l'est de la capitale samedi, où les manifestants ont fait face à des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogènes. (Samedi 5 octobre 2019) Depuis le début des manifestations, on déplore près de 100 morts et environ 4000 blessés. (Samedi 5 octobre 2019) La plupart des manifestants tués l'ont été par balles, selon des sources médicales. (Samedi 5 octobre 2019) Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)

Une faute?

Un obus s'est écrasé samedi matin près de la maison du leader chiite irakien Moqtada Sadr. Le dignitaire soutient les manifestants antigouvernementaux, victimes dans la nuit d'une tuerie à Bagdad.

Dix-sept manifestants ont été tués et une centaine blessés par des hommes armés non identifiés qui ont tenté de les déloger du parking où ils se trouvaient depuis des semaines, selon des médecins. Les forces de l'ordre, déployées autour de la place Tahrir, n'ont pas réagi.

Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone. Ils ont perdu un homme, selon une source au sein des Brigades, mais n'ont pas répliqué par des tirs, ayant pour ordre de «protéger les manifestants, mais sans armes».

Choc national

Ce que les protestataires appellent désormais «le massacre de Senek» a suscité un choc national. En réponse, des centaines de manifestants ont afflué plus nombreux encore samedi sur la place Tahrir et les places du sud du pays, gagné par la contestation.

L'attaque de la nuit a marqué un tournant dans le premier mouvement de contestation spontané d'Irak, déjà marqué par 445 morts et 20'000 blessés. Depuis deux mois, des milliers d'Irakiens conspuent le pouvoir, accusé d'incompétence et de corruption, ainsi que son parrain iranien.

Les forces de l'ordre déployées alentour avaient déjà tiré à plusieurs reprises sur la foule, faisant des dizaines de morts. Mais vendredi soir, quand des hommes armés ont débarqué, elles n'ont pas bougé. Les salves de tirs se sont enchaînées et les manifestants n'ont pu que se tourner vers les réseaux sociaux pour diffuser les images du chaos, parfois en direct.

L'Etat assure ne pouvoir ni identifier ni arrêter les assaillants dans un pays où les factions armées pro-Iran n'ont cessé de gagner en influence et sont désormais intégrées aux forces de sécurité. Des sources policières disent toutefois avoir collecté des informations sur la volonté de ces factions d'attaquer les manifestants.

Crainte du pire

Peu après les violences de Bagdad, «vers 03h00, un drone a tiré un obus de mortier sur la maison de Moqtada Sadr» dans la ville sainte chiite de Najaf, au sud de la capitale, a indiqué une source au sein du mouvement sadriste. «Seul le mur extérieur a été touché», a-t-elle précisé. Moqtada Sadr ne se trouvait pas à Najaf au moment de l'attaque, selon plusieurs sources. Aucun blessé n'a été recensé.

Pour les protestataires, qui ont déjà brûlé des dizaines de sièges des partis et des factions armées partout dans le pays, le «massacre de Senek» fait redouter le pire.

Ailleurs dans le sud gagné par la révolte, les manifestants se rassemblaient par milliers en solidarité avec Tahrir à Nassiriya et à Diwaniya, ont rapporté des correspondants de l'AFP, faisant également état d'importants déploiements des forces de sécurité.

Non aux «ingérences étrangères»

Après des années passées à renforcer son influence en Irak, Téhéran est désormais en première ligne dans les négociations politiques, mais aussi plus exposé que jamais à la colère des manifestants qui veulent mettre à bas le système tout entier, ses politiciens avec.

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a appelé vendredi à préserver le futur gouvernement - qui doit remplacer d'ici dix jours celui d'Adel Abdel Mahdi - des «interférences étrangères».

Il s'est surtout dégagé de toute responsabilité vis-à-vis du cabinet à venir, affirmant ne jouer «aucun rôle» dans sa nomination, actuellement négociée sous l'égide de deux émissaires de Téhéran.

(nxp/ats)