France

26 juillet 2014 15:02; Act: 26.07.2014 21:42 Print

La manifestation interdite dégénère

Plusieurs centaines de militants de la cause palestinienne ont bravé, samedi à Paris, l'interdiction de manifester décidée par le gouvernement par crainte de violences et débordements antisémites.

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Un fusil d'assaut de type kalachnikov a été vu et photographié samedi dernier au cours de la manifestation pro-Palestinienne qui s'est déroulée à Paris, samedi. L'arme faisait plus vraie que nature. Il ne sagissait pas dun jouet, mais dune réplique de kalachnikov, achetée il y a quelques jours. 26.07 Une quarantaine de personnes au moins ont été interpellées samedi à Paris en marge d'une manifestation propalestinienne interdite... ... , où les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène face à un groupe qui leur lançait des projectiles. Les journalistes de l'AFP ont vu des personnes lancer des cannettes en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène, face à un service d'ordre du rassemblement manifestement dépassé. Criant «Israël assassin, Hollande complice» ou «nous sommes tous des Palestiniens», les militants se sont rassemblés, comme initialement prévu... ... , place de la République, en plein centre de Paris, à 15H00 (13H00 GMT), surveillés par un important dispositif policier, avec contrôles d'identité et fouilles. Tout près du lieu de rassemblement, les forces de l'ordre montaient notamment la garde à l'entrée de la rue Notre Dame de Nazareth, où se trouve une synagogue. Les autorités ont mobilisé quelque 2000 policiers qui ont reçu des «consignes de fermeté» pour intervenir «très rapidement et interpeller» en cas de non-respect de l'interdiction de manifester ou de «slogans ou manifestations antisémites». «Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer», explique Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche) qui avait appelé à la manifestation. Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu lundi à Sarcelles, en banlieue nord de Paris et y a dénoncé des «actes graves» et des «violences antisémites». Dimanche, des violences et pillages y avaient été perpétrés en marge d'une manifestation pro-palestienne. Les violences à Sarcelles, voitures brûlées et mobilier urbain saccagé, ont suivi un rassemblement interdit de soutien aux Palestiniens de Gaza. Dix-huit personnes ont été interpellées, dont onze étaient toujours en garde à vue lundi matin, parmi lesquelles quatre mineurs. Samedi, une autre manifestation non autorisée à Paris avait dégénéré en plusieurs heures d'affrontement entre la police et de jeunes manifestants.

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Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Paris à un rassemblement pro-palestinien, pourtant interdit, qui a donné lieu à des incidents, une semaine après de violents débordements lors de précédentes manifestations interdites.
A Genève, un millier de protestataires ont demandé «la fin du massacre».

A Paris, alors que le défilé avait été interdit par la police qui invoquait le risque de violences, quelque 5000 personnes s'étaient rassemblées à 15h00 place de la République, point de départ initialement prévu du cortège, mais sans chercher à défiler. Les forces de l'ordre avaient toléré le rassemblement tout en maintenant un important dispositif de sécurité.

De jeunes, certains cagoulés, jetaient également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins. Un abribus a été détruit. Selon le ministère de l'Intérieur, 70 personnes ont été interpellées, dont trente placées en garde à vue, en marge de la manifestation. Douze policiers ont été légèrement blessés.

Illégale, mais «plus que légitime»

La justice française avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation décidée par la police. Et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait solennellement appelé les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour «responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales».

«Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer», expliquait Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche).

Le président François Hollande avait assuré le 14 juillet qu«il n'était pas question de laisser «s'importer» en France le conflit israélo-palestinien. Des incidents avaient éclaté près d'une synagogue à l'issue d'une manifestation le 13 juillet.

Contrairement à d'autres manifestations pro-palestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction de certains rassemblements et la montée de l'antisémitisme. A Londres, quelque 10'000 manifestants selon la police ont défilé pour demander «la fin du massacre à Gaza». Les manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade d'Israël, dans le quartier de Kensington (ouest de Londres). Ils ont ensuite défilé vers la place du Parlement britannique. Aucun incident n'a été signalé.

(ats/afp)