Fillette décédée en Belgique

21 mai 2018 21:44; Act: 22.05.2018 06:56 Print

«Pour la famille, c'est un policier qui a tué leur fille»

Les parents d'une fillette kurde tuée par balle après une course poursuite police-migrants en Belgique ont réclamé lundi une enquête indépendante sur la mort de leur fille.

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Des fillettes du Kurdistan irakien qui vient dans le camp de la Grande-Synthe près de Dunkerque, comme la petite tuée. (Photo: Keystone)

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Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Olivier Stein, avocat des parents de la petite Mawda Shawri, âgée de deux ans, a indiqué que ces derniers voulaient une enquête indépendante, éventuellement sous la forme d'une commission parlementaire.

«Pour la famille de Mawda Shawri, il n'y a aucun doute, c'est un policier qui a tué leur enfant», a dit Olivier Stein. La mère se trouvait avec sa fille juste derrière le conducteur de la camionnette qui transportait 30 migrants kurdes (26 adultes et 4 enfants) pris en chasse dans la nuit de jeudi à vendredi par la police belge, alors qu'ils comptaient se rendre en Grande-Bretagne.

«Une question de confiance se pose: le récit des parents de l'enfant est totalement différent de celui de la police et du parquet», a déclaré Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l'Homme en Belgique.

«Nous souhaitons les résultats de l'enquête ainsi qu'une arrestation» (du coupable, ndlr), a dit Olivier Stein. «Une fois la camionnette immobilisée, les parents n'ont pas pu aller à l'hôpital avec leur enfant qui avait été touchée par balle», a-t-il ajouté. «Il s'est passé toute une journée avant que les parents n'apprennent que leur enfant était décédée», a-t-il poursuivi.

Vendredi, le parquet de Mons avait convenu que la fillette avait été tuée par une balle, sans toutefois confirmer qu'elle provenait de l'arme d'un policier.

Marche arrière

Jeudi, il avait d'abord totalement exclu l'hypothèse d'un décès par balle évoquant trois causes possibles: une maladie, un accident lié au comportement du chauffeur de la camionnette -la tête de l'enfant aurait pu par exemple heurter une paroi du véhicule- ou un coup porté à l'enfant.

Ce décès avait provoqué des remous à Grande-Synthe, près de Dunkerque dans le département français du Nord, la fillette étant membre d'«une famille de migrants actuellement hébergée dans un gymnase de Grande-Synthe», selon la préfecture du Nord.

Par ailleurs, une rencontre a été organisée lundi matin avec le Premier ministre belge Charles Michel et la famille de la petite kurde décédée, au cours de laquelle il a présenté ses condoléances, a indiqué le porte-parole du Premier ministre, Frédéric Cauderlier à l'AFP.

«Nous ne faisons aucun commentaire sur le contenu des discussions», a-t-il ajouté.

(nxp/afp)