Norvège

09 février 2011 10:30; Act: 09.02.2011 15:20 Print

La moitié des pilotes s'est déjà endormie en vol

Un pilote de ligne norvégien sur deux avoue s'être déjà involontairement endormi aux commandes de son avion, révèle une enquête publiée mercredi.

storybild

Les cadences de travail sont trop importantes pour les pilotes norvégiens. (Photo: Keystone)

Une faute?

Les pilotes imputent ces accès de somnolence à des cadences de travail trop élevées. Sur les 389 pilotes qui ont répondu au questionnaire réalisé pour la radio-télévision NRK, 2% reconnaissent s'être «souvent» endormis dans le cockpit sans prévenir leur copilote tandis que les 48% restant précisent que cela s'est produit «une fois» ou «rarement».

«Nous craignons que cela soit une indication que les pilotes arrivent crevés au travail», a commenté à l'AFP le vice-président de l'Association norvégienne des pilotes de ligne (NF), Aleksander Wasland.

60 heures par semaine avec plusieurs journées successives de 13 heures

«Cela fait longtemps que l'on tire la sonnette d'alarme: pour gagner en efficacité, on a libéralisé le règlement en augmentant la durée du travail et en réduisant le temps de repos», a-t-il ajouté.

Selon lui, il n'est pas rare qu'un pilote de ligne travaille 60 heures par semaine avec plusieurs journées successives de 13 heures, voire jusqu'à 15 heures.

«L'avion reste un moyen de transport sûr mais il n'y a aucun doute que ces cadences sont un élément de risque dont on pourrait faire l'économie», a souligné M. Wasland.

Malaise des pilotes

«Faudra-t-il un gros accident pour qu'on se réveille?», s'est-il interrogé.

Dans le programme sur les droits des consommateurs «Forbrukerinspektoerene» qui doit être diffusé mercredi soir et dont le site internet de NRK publie des extraits, plusieurs pilotes de ligne confient leur malaise sous le couvert de l'anonymat.

«Des journées de 12 heures avec neige et tempête sont totalement irresponsables. On est assis au milieu de 80 décibels et dans un milieu de travail qui serait proscrit n'importe où ailleurs», explique l'un d'eux.

«On s'est tous les deux endormis en allure de croisière», ajoute un autre, en parlant de lui-même et de son copilote. «J'ai travaillé 17 week-ends sur 21 (...) Ma fille a pleuré de joie quand je suis allée la voir jouer un match de football fin juin», dit un troisième.

Interrogée par NRK, la ministre des Communications Magnhild Meltveit Kleppa a annoncé qu'elle allait demander à la Direction générale de l'aviation civile norvégienne d'étudier les résultats de l'enquête et les points de vue exprimés sur l'organisation du temps de travail.

(afp)