Soudan

21 août 2019 12:12; Act: 21.08.2019 21:49 Print

La nouvelle instance de transition intronisée

Abdel Fattah al-Burhane est devenu le chef du Conseil souverain du Soudan. Le général sera chargé de mener la transition du pays vers un pouvoir civil.

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Abdel Fattah al-Burhane est le nouvel homme fort du Soudan. (Photo: AFP)

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Les onze membres du nouveau Conseil souverain soudanais ont prêté serment mercredi, a rapporté un média d'Etat. Cette instance doit diriger le pays pendant les trois années de transition vers un régime civil.

«Construire un Etat fort»

Elle remplace le «Conseil militaire de transition», au pouvoir depuis la destitution du président Omar el-Béchir, le 11 avril. Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire sortant, a prêté serment comme président du Conseil souverain peu après 11h00. Vêtu de son uniforme militaire et coiffé de son habituel béret vert, il a été intronisé lors d'une courte cérémonie, une main sur le Coran et un bâton de maréchal sous le bras.

Les autres membres de la nouvelle instance - cinq civils et cinq militaires - ont prêté serment peu après. De la sorte, le Soudan n'est désormais plus exclusivement dirigé par des militaires, pour la première fois en trois décennies, même si l'armée doit dans un premier temps conserver la tête de la nouvelle instance.

Selon les termes de l'accord officiellement signé samedi, le général Burhane sera aux manettes du Conseil pendant 21 mois et un civil lui succédera pour le reste des 39 mois de transition prévus. Le premier ministre choisi par la contestation, Abdallah Hamdok, a été investi mercredi en soirée. Il a appelé «à l'établissement d'une démocratie pluraliste en accord avec tous les Soudanais». Cela nécessitera des «efforts concertés du peuple pour s'unir et construire un Etat fort».

Le Conseil souverain, qui comprend deux femmes, dont l'une est issue de la minorité chrétienne, devra superviser la formation du gouvernement - une annonce est prévue le 28 août - et d'un parlement de transition.

Pays à pacifier

Sur le plan intérieur, le Conseil souverain et le gouvernement auront la lourde tâche de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays marqué encore par plusieurs conflits, notamment au Darfour (ouest).

Les nouvelles institutions se mettent en place en même temps que le début du procès d'Omar el-Béchir. Le président déchu est apparu lundi dans une cage en métal dans la salle d'audience d'un tribunal de Khartoum, pour répondre d'accusations de corruption. Selon des enquêteurs, il a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, hors budget de l'Etat.

Son procès ne concerne toutefois pas les accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide dans la région du Darfour portées par la Cour pénale internationale (CPI) depuis une décennie. Amnesty International a exhorté à ce sujet les nouvelles institutions de transition à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer M. Béchir devant ce tribunal international.

Malgré l'euphorie engendrée par la signature de l'accord de transition samedi, un malaise est palpable dans le camp des protestataires en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire et chef d'une redoutée force paramilitaire accusée d'être impliquée dans la répression de la contestation.

Depuis avril, il est omniprésent, et c'est lui qui a cosigné samedi l'accord avec la contestation. Ses Forces de soutien rapide (RSF) sont aussi accusées de crimes au Darfour sous le régime Béchir.

(nxp/ats)