Bolivie

14 novembre 2019 18:46; Act: 15.11.2019 07:40 Print

La nouvelle présidente tente de pacifier le pays

En fonction depuis mardi, la présidente par intérim, Jeanine Añez, a essayé jeudi matin de calmer les tensions en Bolivie.

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L'ancien président bolivien Evo Morales, qui était depuis près d'un mois au Mexique pour y obtenir l'asile politique, s'est rendu en voyage à Cuba vendredi. (6 décembre 2019) Un rapport d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) a conclu mercredi à une «manipulation délibérée» de l'élection présidentielle du 20 octobre en Bolivie. (Jeudi 5 décembre 2019) «Aujourd'hui, la ministre Karen Longaric a désigné le nouvel ambassadeur (...) auprès du gouvernement des Etats-Unis, Walter Oscar Serrate», a écrit la Chancellerie sur son compte Twitter. (26 novembre 2019) Le parquet bolivien a lancé lundi un mandat d'arrêt contre Juan Ramon Quintana, qui était le bras droit de l'ancien président Evo Morales et que le nouveau pouvoir accuse de «sédition» et de «terrorisme». (25 novembre 2019) Un projet de loi encadrant la tenue d'élections présidentielle et législatives a reçu l'aval des sénateurs boliviens samedi. Il interdit à l'ancien président Evo Morales de se porter candidat. (Samedi 23 novembre 2019) Pour la première fois depuis le début de la crise, le gouvernement provisoire de Bolivie et les différentes factions qui le contestent débuteront samedi un dialogue. (Samedi 23 novembre 2019) La police bolivienne a dispersé un imposant cortège funéraire qui a tourné à la manifestation anti-gouvernementale dans le centre de La Paz. (Jeudi 21 novembre 2019) Des heurts entre l'armée bolivienne et des manifestants acquis à la cause du président déchu ont fait des morts près de La Paz. (Mardi 19 novembre 2019) Les partisans de l'ex-président de gauche bolivien Evo Morales manifestaient pour exiger le départ de la présidente par intérim de droite. L'influente Église catholique a elle appelé au «dialogue» pour pacifier le pays sud-américain. (Lundi 18 novembre 2019) Le gouvernement par intérim a promis dimanche la convocation rapide d'élections alors que les tensions restent vives en Bolivie. (17 novembre 2019) Le «blocage» des pro-Morales provoque des pénuries à La Paz. (Dimanche 17 novembre 2019) Les manifestations de samedi ont fait quatre morts. (Samedi 16 novembre 2019) Des affrontements opposent des partisans d'Evo Morales aux forces de l'ordre depuis que la sénatrice de droite Jeanine Añez a pris le pouvoir. (Samedi 16 novembre 2019) La crise qui secoue la Bolivie depuis fin octobre a fait 23 morts lors des manifestations. (Samedi 16 novembre 2019) La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie. (Samedi 16 novembre 2019) Cinq cultivateurs de coca partisans du président bolivien déchu Evo Morales ont été tués vendredi au cours d'affrontements avec la police et l'armée à Cochabamba, dans le centre du pays. (Samedi 16 novembre 2019) Les partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz (14 novembre 2019). Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Supporters of Bolivian ex-President Evo Morales demonstrate in La Paz on November 14, 2019. - Bolivia's exiled former president Evo Morales said Wednesday he was ready to return to 'pacify' his country amid weeks of unrest that led to his resignation. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

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La nouvelle présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, a annoncé que son gouvernement avait renoué le dialogue jeudi avec le parti d'Evo Morales, mais a rejeté toute candidature de l'ex-chef de l'État démissionnaire en exil au Mexique.

Jeanine Añez tente de pacifier le pays secoué par quatre semaines de manifestations et violences post-électorales qui ont fait 10 morts et quelque 400 blessés. Dans l'après-midi, des pourparlers ont débuté avec le Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales, a annoncé le chef de cabinet de la présidence, Jerjes Justiniano. «Nous avons installé une plateforme de dialogue», a-t-il déclaré à des médias. Pour l'heure, le MAS n'avait pas confirmé.

Bolivie: Evo Morales emporté par la contestation

Auparavant, le nouvelle présidente avait déclaré que «Evo Morales n'était pas habilité à un quatrième mandat» et ne pouvait donc pas se présenter aux prochaines élections, dont la date n'a pas encore été définie. Mais le parti de l'ancien président «a le droit de participer aux élections générales», a-t-elle insisté, lui recommandant de «chercher un candidat».

«Nous voulons qu'Evo revienne»

Comme la veille, une manifestation en provenance de la ville voisine d'El Alto est arrivée en milieu d'après-midi au centre de La Paz, a constaté l'AFP. Ces milliers de manifestants portaient des Wiphalas, le drapeau andin indigène multicolore qu'Evo Morales a introduit comme symbole national en 2009, et scandaient «maintenant, oui, une guerre civile!».

«Nous voulons qu'Evo revienne», a déclaré à l'AFP Nery, femme aymara de 28 ans, portant la «pollera», la jupe traditionnelle. «On est très en colère contre cette dame (Añez) qui s'est auto-proclamée» présidente, a-t-elle ajouté.

Le rassemblement s'est déroulé dans le calme. La veille, au premier jour de fonction de Jeanine Añez, des affrontements avaient éclaté dans l'après-midi entre des manifestants partisans d'Evo Morales et les forces de l'ordre à La Paz et ailleurs dans le pays. Une vingtaine de personnes avaient été arrêtées dans la capitale administrative, selon les médias locaux.

Inquiétude internationale

Signe de l'inquiétude de la communauté internationale, l'ONU a dépêché sur place le diplomate Jean Arnault, pour «dialoguer avec toutes les parties» et «trouver une issue pacifique à la crise», a annoncé le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric. «Nous venons pacifier le pays», a assuré jeudi matin le ministre de la Défense, Fernando Lopez Julio, au cours d'une cérémonie militaire, quelques heures après la nomination mercredi du gouvernement. Au sud de la capitale administrative, les barricades qui bloquaient la route depuis trois semaines pour protester contre l'ancien chef de l'État, ont été levées.

C'est avec deux exemplaires de la Bible à la main et sous les «Gloire à Dieu!» que la sénatrice de droite Jeanine Añez, 52 ans, a pris mardi ses fonctions à la tête du pays, à la faveur d'une vacance de pouvoir provoquée par les démissions successives d'Evo Morales et de ses successeurs constitutionnels.

«Nous reviendrons»

Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer en Bolivie pour «apaiser» la situation. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré mercredi lors d'une conférence de presse.

Le nouveau gouvernement de La Paz a annoncé qu'il allait présenter une réclamation officielle à Mexico, estimant qu'un exilé politique ne devrait pas être autorisé à faire des déclarations politiques de ce type.

Le gouvernement mexicain a répondu que la liberté d'expression des demandeurs d'asile politique ne pouvait être restreinte. Le «droit à la liberté d'expression» garanti notamment par la Constitution ne «fait aucune distinction entre les citoyens et les étrangers, ni entre les conditions dans lesquelles ils se trouvent dans le pays», a déclaré le ministère des Affaires étrangères mexicain dans un communiqué.

Guaido reconnu par La Paz

La première décision de politique étrangère de Jeanine Añez a été de reconnaître jeudi le dirigeant de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido en tant que président du Venezuela, faisant volte-face par rapport à l'alliance entre Evo Morales et le président socialiste Nicolas Maduro.

Juan Guaido a été reconnu en tant que président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, qui jugent illégitime le pouvoir exercé par Nicolas Maduro.

Mercredi soir, la Chambre des députés bolivienne a de nouveau siégé et élu son président, le socialiste Sergio Choque, membre du parti d'Evo Morales. Le Sénat en revanche n'a pas repris ses activités.

Après les États-Unis mercredi, qui ont reconnu Jeanine Añez comme présidente de la Bolivie, la Russie à reconnu de facto la nouvelle dirigeante, tout en continuant de dénoncer un «coup d'État» dans ce pays.

(nxp/ats)