Brunei

16 avril 2019 03:18; Act: 16.04.2019 03:18 Print

La peine de mort pour homosexualité dénoncée

Une coalition souhaite que Brunei, dont le code pénal suit désormais la charia, revienne sur sa décision.

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Le Sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah. (Photo: AFP)

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Plus de 30 pays, menés par le Canada, ont demandé à Brunei d'abroger la peine de mort récemment adoptée pour les relations homosexuelles et d'autres peines sévères. Le nouveau code pénal du sultanat suit la charia la plus stricte.

La coalition pour les droits égaux (CDE) a exprimé dans un communiqué ce week-end sa «profonde consternation» suite à l'adoption du texte. «Nous pressons le gouvernement de Brunei d'abolir les nouvelles peines et de s'assurer que toute mesure introduite soit cohérente avec les obligations et les engagements internationaux du pays en matière de droits de la personne», précise le communiqué.

Les nouvelles peines ont des «répercussions négatives sur de nombreux groupes vulnérables de Brunei, notamment sur les personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles et transgenres (LGBT), les femmes et les enfants» et «augmentent les risques qu'elles subissent de la discrimination, de la persécution et de la violence», précise la déclaration signée par 36 pays.

Peine de mort pour l'insulte à Mahomet

Outre la lapidation en cas d'homosexualité ou d'adultère, le nouveau code pénal de Brunei instaure également l'amputation d'une main ou d'un pied pour les voleurs. Le viol est passible de la peine de mort, tout comme l'insulte au prophète Mahomet. Cette annonce a déclenché une tempête internationale de critiques de la part de politiciens, de célébrités et de groupes de défense des droits de l'homme.

La CDE, actuellement coprésidée par le Canada, a été fondée en 2016 lors d'une conférence mondiale sur les droits des personnes LGBT en Uruguay. Elle compte 40 Etats membres, dont la Suisse, qui se sont engagés à faire «progresser les droits fondamentaux» de ces personnes, selon le site du gouvernement canadien.

Le sultanat de Brunei, petit Etat riche en hydrocarbures situé sur l'île de Bornéo et dirigé d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah, est devenu le premier pays d'Asie du Sud-Est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia, comme le fait l'Arabie saoudite.

(nxp/ats)