Londres

15 avril 2019 20:46; Act: 15.04.2019 20:46 Print

La photo qui aurait scellé le sort de Julian Assange

Le président équatorien aurait décidé de livrer l'Australien aux autorités britanniques après la fuite d'un cliché embarrassant, imputée à WikiLeaks.

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Couché dans son lit, le président équatorien prend la pose devant un gros plat de homard. Lenin Moreno aurait sans doute préféré que ce cliché reste dans sa sphère privée, son pays étant en proie à de grosses difficultés financières. Mais cette image embarrassante a été publiée sur le site INApapers.org le mois dernier, tout comme 200 e-mails privés, des SMS et autres photos du dirigeant en vacances de luxe avec son épouse. Le président équatorien en est certain: WikiLeaks est derrière cette fuite, explique le «Guardian».

«Des images de ma chambre à coucher, de ce que je mange et de ma femme et mes filles en train de danser» ont été diffusées. «Assange ne peut pas mentir et encore moins pirater des comptes et des téléphones privés», avait déclaré Moreno lors d'une émission de radio au début du mois. WikiLeaks a démenti être l'auteur de cette fuite, mais selon le «New York Post», c'est bien cette goutte qui aurait fait déborder le vase de Lenin Moreno, dont la patience semblait à bout depuis quelque temps déjà.

Insultant, sale et négligent avec son chat

Dimanche, le président équatorien a expliqué que Julian Assange avait tenté de créer un «centre d'espionnage» dans l'ambassade d'Equateur. «Cette activité viole les conditions d'asile», a-t-il ajouté, assurant que la décision de retirer l'asile au créateur de WikiLeaks «n'est pas arbitraire, mais repose sur le droit international». Le président équatorien a aussi dénoncé l'attitude «absolument répréhensible et scandaleuse» de l'Australien de 47 ans dans l'ambassade et son «comportement inapproprié en matière d'hygiène».

Selon le gouvernement équatorien, Assange aurait notamment souillé les murs avec ses excréments, ne tirait jamais la chasse d'eau, s'occupait mal de son chat et insultait le personnel de l'ambassade. Interrogée par Sky news dimanche matin, l'avocate de Julian Assange, Me Jennifer Robinson, a réfuté ces accusations, les qualifiant de «scandaleuses».


(joc/afp)