Suède

11 janvier 2016 15:11; Act: 11.01.2016 17:28 Print

La police cache une vague d'agressions sexuelles

Lors d'un festival pour ados, une quarantaine d'attaques ont été recensées mais sont restées secrètes. Tout comme les arrestations qui ont suivi.

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(Photo: Facebook - We Are Sthlm - Edition 2015)

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La police suédoise a reconnu lundi avoir gardé pour elle les informations sur des dizaines d'agressions sexuelles à un festival de musique qui avaient conduit à des arrestations, principalement d'étrangers selon un journal. Ces révélations ont été faites après le tollé soulevé par la lenteur avec laquelle la police de Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, a rendu publique l'ampleur des violences commises dans la nuit du Nouvel An.

Dans le cas suédois, 38 agressions sexuelles, dont 2 viols, ont fait l'objet de plaintes pendant les éditions 2014 et 2015 de We Are Sthlm, festival qui se déroule à Stockholm en août et se présente comme le plus grand d'Europe pour les adolescents.

Un porte-parole de la police interrogé par l'AFP, Varg Gyllander, a dans un premier temps évoqué près de 100 arrestations. Mais il a dit plus tard que leur nombre exact n'avait pas été établi. «Nous aurions certainement dû révéler cette information, ça ne fait pas de doute. Pourquoi ça ne s'est pas fait, nous ne le savons tout simplement pas», a-t-il déclaré.

Après les deux dernières éditions de ce festival, la police avait affirmé qu'il y avait eu «relativement peu de délits et de personnes interpellées comparé au nombre des participants», a rappelé Varg Gyllander. Aucune condamnation n'a été prononcée depuis, selon la police.

Ados afghans soupçonnés

«Dagens Nyheter», le quotidien par lequel le scandale a été rendu public, a affirmé que les agresseurs présumés étaient en majorité des demandeurs d'asile mineurs non accompagnés.

Le journal a cité un rapport de police sur une des deux éditions de la manifestation, sans préciser laquelle, mentionnant que les soupçons s'étaient portés sur un groupe d'une cinquantaine d'adolescents afghans.

«Je ressens une très forte colère en voyant que des jeunes femmes ne peuvent pas aller à un festival de musique sans se faire importuner, harceler sexuellement et attaquer», a réagi le Premier ministre, Stefan Löfven, devant la presse à Stockholm. Le fait que la police n'ait pas informé le grand public est selon lui «un problème de démocratie pour notre pays».

Enquête interne

Le directeur de la police nationale, Dan Eliasson, a assuré au cours d'une conférence de presse que l'affaire ferait l'objet d'une «enquête interne» susceptible de déboucher sur des sanctions.

Il n'a cependant rien révélé sur l'état d'avancement de l'enquête, estimant qu'il n'était «pas facile d'enquêter» sur des faits de cette nature, commis au milieu d'une foule dense. Et il a précisé que, de manière générale, la police «essayait d'éviter d'évoquer l'appartenance ethnique» des suspects.

(nxp/afp)