Crise en Iran

20 février 2011 20:23; Act: 20.02.2011 20:27 Print

La police empêche toute manifestation

Un déploiement policier massif a empêché tout rassemblement anti-gouvernemental important dimanche à Téhéran.

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Des sites d'opposition ont fait état d'affrontements alors que le pouvoir annonçait la brève arrestation de la fille de l'ex- président Akbar Hachémi Rafsandjani.

L'agence officielle IRNA a annoncé que Faezeh Hachemi avait été arrêtée alors qu'elle «lançait des slogans provocateurs» parmi des manifestants. L'agence pro-gouvernementale Fars a affirmé de son côté que la fille de l'ex-président «dirigeait un groupe d'émeutiers contre-révolutionnaires» lors de son arrestation.

Mme Hachémi a finalement été libérée après avoir expliqué qu'elle se trouvait dans la rue pour «acheter des habits», a annoncé Fars. Cette ancienne députée avait participé à la campagne du candidat réformateur Mir Hossein Moussavi lors de la présidentielle de juin 2009 qui a abouti à la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad et plongé l'Iran dans une crise politique grave.

Manifestations sporadiques

M. Rafsandjani est la cible depuis quelques semaines de critiques de plus en plus violentes au sein du camp conservateur au pouvoir. Il est accusé de ne pas avoir marqué assez clairement ses distances avec les chefs de file de l'opposition réformatrice, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

L'arrestation de Mme Hachémi est intervenue alors que de petits rassemblements, nombreux mais dispersés, ont eu lieu dimanche sur plusieurs places et avenues du centre de Téhéran. Les manifestants criaient «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand) ou défilaient en silence, selon les sites d'opposition Kaleme et Sahamnews.

Les forces de l'ordre, déployées en masse selon des témoignages recueillis par l'AFP, sont intervenues pour empêcher ou disperser ces rassemblements. Elles ont parfois fait usage de gaz lacrymogène, ont indiqué les sites d'opposition en évoquant un jeu du «chat et de la souris» entre police et manifestants.

Situation «normale»

En fin d'après-midi, la situation était décrite comme «normale à Téhéran» par le chef-adjoint de la police iranienne Ahmad Reza Radan. Le chef de la police iranienne, Esmail Ahmadi-Moqaddam, a pour sa part déclaré à IRNA déclaré qu'»en dépit des efforts des ennemis qui veulent que la tension monte en Iran, rien ne s'est passé dans le pays.»

Selon Sahamnews, des rassemblements d'opposants ont également eu lieu à Ispahan (centre) et Chiraz (sud).

(ats)