Crise au bahreïn

16 mars 2011 07:51; Act: 16.03.2011 18:04 Print

La police reprend le centre de Manama

Les forces de l'ordre ont pris le contrôle mercredi la place de la Perle à Manama, capitale du Bahreïn, après un assaut sanglant contre les opposants à la famille royale.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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Des centaines de policiers à bord de chars, de transports de troupes et de bus, ont investi la place de La Perle après avoir dispersé les manifestants avec des gaz lacrymogènes. L'assaut des forces bahreïnies est intervenu après la proclamation de l'état d'urgence par le roi sunnite Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Selon des images de la télévision officielle, la police quadrillait la place. Des bulldozers ont dégagé le quartier financier, dont les accès avaient été barrés par des blocs de béton placés par les manifestants. Le contrôle du complexe hospitalier de Soulaymania, le plus grand de la capitale, aurait aussi échappé aux opposants.

«Nous avons trois morts et un grand nombre de blessés», a déclaré un député de l'opposition. Le chiffre d'une centaine de blessés a été articulé par un autre membre de l'opposition. «La situation est catastrophique. Les forces ont tiré à balles réelles», a ajouté un résistant du mouvement chiite Wefaq.

Le ministère de l'Intérieur de Bahreïn a de son côté indiqué que deux policiers avaient été tués mercredi, renversés par des véhicules de manifestants. Après un mois de contestation, quatre policiers ont perdu la vie et onze manifestants.


Couvre-feu décrété


Après l'assaut, les rues de Manama étaient presque désertes et les magasins fermés. L'accès à plusieurs hôpitaux de la ville a été coupé. Les ponts reliant l'aéroport de Bahreïn à l'île principale ont également été bloqués, selon une habitante de la capitale.

Les autorités bahreïnies ont décrété un couvre-feu de 16h00 à 04h00 dans le secteur de la place. Elles ont interdit les marches et rassemblements dans l'ensemble du petit archipel peuplé en majorité de chiites et gouverné par une dynastie sunnite.

De jeunes activistes ont tout de même appelé mercredi à une marche dans une des banlieues ouest de Manama. Des protestations auraient également eu pour cadre des localités et des villages chiites.


Solidarité chiite

Le chef du mouvement d'opposition chiite Wefaq, cheikh Ali Salmane, a dénoncé l'assaut sur la télévision Al-Jazira. Il a affirmé que «la solution ne viendra pas des canons». Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, d'obédience chiite, a pour sa part qualifié la répression à Bahreïn d'»injustifiable et irréparable».

Le guide spirituel de la communauté chiite, le Grand Ayatollah Ali Sistani, qui s'exprime généralement peu sur la politique, a appelé mercredi depuis l'Irak les autorités bahreïnies à cesser les violences actuelles contre des manifestants chiites «désarmés».

Les rues en Irak ont été mercredi le théâtre de manifestations de soutien aux protestataires, quelques heures après l'assaut de la place de la Perle. A l'appel du jeune chef chiite radical Moqtada Sadr, deux mille personnes ont manifesté dans son bastion de Sadr City, à Bagdad.


David Cameron inquiet


Plusieurs personnalités chiites dénoncent depuis le début de cette semaine l'envoi, par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, de forces de sécurité pour épauler les forces bahreïnies.

L'actuelle montée de violences inquiète le Premier ministre britannique David Cameron. Il s'est entretenu mardi au téléphone avec le roi du Bahreïn pour l'encourager «au dialogue» et répondre aux manifestants «par des réformes», «pas par la répression».

La France a «déploré» l'assaut de mercredi. Le dialogue «constitue la meilleure voie pour restaurer la confiance et répondre aux attentes qui se sont exprimées», a déclaré mercredi le porte- parole du ministère des Affaires étrangères français, Bertrand Valero.

(ats)