Paris

12 avril 2019 18:39; Act: 12.04.2019 18:50 Print

La prison pour avoir voulu faire sauter Notre-Dame

Une jeune Française a été condamnée à neuf ans de prison pour avoir été le mentor de jeunes djihadistes et un attentat raté en 2016 près de la cathédrale Notre-Dame, à Paris.

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En 2016, la jeune femme avait tenté d'enflammer une voiture chargée de six bonbonnes de gaz non loin de la cathédrale Notre-Dame à Paris. (Photo: AFP/archive/photo d'illustration)

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Une peine de 9 ans d'emprisonnement assortie d'une période de sûreté des deux tiers a été requise à Paris vendredi contre Inès M., une jeune Française devenue mentor d'apprentis djihadistes, qui sera par ailleurs jugée aux assises à l'automne pour un attentat raté en 2016.

Il lui est notamment reproché d'avoir animé des groupes sur la messagerie cryptée Telegram dans lesquels elle a incité des hommes et des femmes à partir en Syrie et à commettre des attentats en France, entre mars 2015 et juin 2016.

C'est «une personnalité déroutante», a déclaré le procureur. La prévenue, jugée à Paris depuis mercredi, utilisait des pseudonymes masculins «pour renforcer sa crédibilité». Inès M., jeune femme à la personnalité fragile, née en banlieue parisienne, s'est ainsi fait passer pour Abou S., un djihadiste revenu de Raqa pour réaliser des attentats en France.

Jeudi, la prévenue a mis en avant le rôle d'Oumar D., surnommé Abou Barrou, un djihadiste influent du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, pour lequel elle aurait joué le rôle d'intermédiaire. «Abou Barrou a influencé, encouragé Inès Ma. (...) Mais les actes (de la prévenue) ont perduré après la mort» du djihadiste, qui remonterait à mai 2016, a souligné le procureur.

«La présence d'Abou Barrou ne doit pas minorer le rôle d'Inès M.. (...) C'est elle, ici, la maîtresse de ce qui va se passer», a ajouté le magistrat. La prévenue a écrit deux courriers, dont l'un transmis à Cüneyt K., jugé à ses côtés pour son rôle d'«émir» d'une cellule franco-belge.

Dans cette lettre, écrite de sa main mais signée de son double Abou Souleyman, elle exhortait à commettre un attentat contre «les kuffars (mécréants, ndlr) dégueulasses».

Dans un deuxième courrier, elle listait les ingrédients nécessaires pour réaliser des explosifs.

«Elle a la volonté d'aller au bout des projets dans lesquels elle s'investit», selon le procureur. Inès M. est passée à l'acte en septembre 2016: elle avait tenté d'enflammer une voiture chargée de six bonbonnes de gaz non loin de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Dans ce dossier, elle sera jugée du 23 septembre au 11 octobre aux assises.

Le procureur a requis la peine maximale - dix ans d'emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers - contre Cüneyt K., «émir» d'une cellule, dont il a souligné «la formidable intelligence». Après avoir été refoulé de Turquie alors qu'il voulait aller en Syrie, il avait conservé le rêve de «mourir en martyr». Il est soupçonné d'avoir voulu organiser des attentats en France et en Belgique.

Le procès se poursuivait vendredi avec les plaidoiries de la défense.

(nxp/afp)