Présidentielle

05 décembre 2019 14:12; Act: 05.12.2019 14:12 Print

La répression s'intensifie en Algérie, selon Amnesty

L'organisation de défense des droits humains dénonce des «arrestations arbitraires» et l'emprisonnement de contestataires.

Une faute?

Les autorités algériennes ont «intensifié leur répression des manifestations» à l'approche de la présidentielle du 12 décembre. Elles procèdent notamment à des «arrestations arbitraires» et à l'emprisonnement de contestataires, accuse jeudi Amnesty International (AI).

«Depuis le lancement de la campagne présidentielle (le 17 novembre), les autorités algériennes ont intensifié leur offensive contre la liberté d'expression et de réunion, signalant ainsi leur tolérance très limitée envers les Algériens et Algériennes appelant à un changement du système» politique, déclare Heba Morayef, directrice d'AI pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un communiqué.

Arrestations et emprisonnements

L'organisation de défense des droits humains dénonce «des arrestations arbitraires», «la dispersion par la force des manifestations pacifiques contre l'élection présidentielle», «la poursuite en justice et l'emprisonnement de dizaines de militants pacifiques» ces dernières semaines.

Les Algériens sont appelés à voter dans une semaine pour élire un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par un mouvement («Hirak») populaire de contestation du régime inédit, après 20 ans à la tête de l'Etat.

Mais cette élection est rejetée par le «Hirak», qui réclame le démantèlement du «système» politique au pouvoir depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962. Des dizaines d'opposants ont été arrêtés - et certains condamnés - à la suite de manifestations de protestation contre la tenue du scrutin.

Plaidoyer pour manifester pacifiquement

«Au lieu de s'en prendre aux manifestants pacifiques, notamment à ceux qui s'opposent à l'élection présidentielle, les autorités doivent garantir le droit de la population algérienne de manifester pacifiquement et de s'exprimer librement», plaide Heba Morayef, qui réclame la libération «immédiate et sans condition» de toutes les personnes détenues.

Plus de 140 personnes sont actuellement incarcérées, en détention préventive ou condamnées pour des faits liés à la contestation, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), association qui recense et soutient les Algériens arrêtés dans le «cadre du Hirak».

(nxp/ats)