Libye

23 avril 2019 18:12; Act: 24.04.2019 00:01 Print

La situation humanitaire «empire»

Cela fait trois semaines qu'une offensive a été lancée par le maréchal Haftar contre la capitale libyenne.

Les combats s'intensifient en Libye.
Sur ce sujet
Une faute?

Les combats s'enlisent en Libye près de trois semaines après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale Tripoli, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale. La situation humanitaire, elle, «empire» et «préoccupe» l'ONU.

Selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au moins 264 personnes, dont des civils, ont péri et 1266 ont été blessées depuis le début des combats le 4 avril. Au moins 35'000 civils ont par ailleurs fui les combats, d'après l'adjointe à l'émissaire de l'ONU en Libye, Maria do Valle Ribeiro, et «les déplacements se poursuivent à un rythme croissant chaque jour».

Faute de chiffres précis, ces bilans «ne sont que des estimations minimales», a-t-elle souligné au cours d'une vidéoconférence lundi avec le siège de l'organisation à New York.

Devant la capitale

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de la Cyrénaïque, province orientale de la Libye, a lancé le 4 avril une offensive contre le gouvernement d'union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj, seul gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Après une avancée rapide jusqu'aux portes de Tripoli, les troupes de l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar piétinent au sud de la capitale. Ils sont opposées à la résistance des forces loyales au GNA qui ont reçu des renforts venus d'autres villes de l'Ouest du pays.

Les forces progouvernementales ont annoncé samedi avoir lancé une contre-attaque qui a permis notamment de repousser de quelques kilomètres le front le plus proche de Tripoli, situé dans la localité d'Ain Zara, banlieue située à une dizaine de kilomètres au sud du centre-ville.

Une autre ligne de front se trouve un peu plus loin au sud-ouest, autour des localités d'al-Swani et de Gasr ben Ghachir (30 km de Tripoli) sur l'axe stratégique reliant la capitale à l'ancien aéroport international, inutilisé depuis qu'il a été détruit en 2014 par des combats.

Mais depuis quelques jours, les combats ont baissé en intensité, chaque camp semblant se préparer à une éventuelle prochaine phase militaire. Des tirs de roquettes occasionnels rythment la journée, résonnant parfois jusque dans le centre de la capitale.

Impact sur la santé

«C'est calme sur la plupart des fronts», a déclaré mardi à l'AFP Moustafa al-Mejii, un porte-parole de l'opération militaire du GNA. Seuls «des ordres ont été donnés aux forces dans le périmètre de (l'ancien) aéroport de Tripoli pour qu'elles consolident leurs positions», a-t-il indiqué.

Les forces de l'ANL ont, elles, annoncé sur leur page Facebook officielle avoir reçu des renforts «importants», notamment de certaines localités de l'ouest. Ces affrontements qui durent «préoccupent» l'ONU, a expliqué Mme do Valle Ribeiro, car «la situation humanitaire empire». Les affrontements ont «un impact sur les services sociaux, notamment de santé, mais aussi potentiellement sur l'eau, l'assainissement, l'électricité», a-t-elle souligné.

Protéger les civils

Si plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui, «nous sommes préoccupés par les personnes qui se trouvent encore dans les zones de combat, qui voudraient les quitter mais n'ont pas pu, ainsi que par les personnes blessées que les services de secours n'ont pu atteindre», a-t-elle ajouté. «Un des problèmes majeurs est l'accès» aux zones concernées, a-t-elle insisté, appelant les deux parties à un «respect de la loi humanitaire internationale».

Alors que les grandes puissances restent divisées au Conseil de sécurité sur une résolution appelant à un cessez-le-feu, Maria do Valle Ribeiro a estimé que «tout pays qui a de l'influence devrait utiliser cette influence pour faire en sorte que les civils soient protégés et le moins possible affectés par les combats».

(nxp/ats)