Majorque

11 janvier 2016 12:41; Act: 11.01.2016 21:34 Print

La soeur du roi d'Espagne devant la justice

Pour la première fois, un membre de la famille royale espagnole, l'infante Cristina, comparaît avec son mari dans une vaste affaire de corruption.

Voir le diaporama en grand »
L'infante Cristina a échappé aux poursuites pour trafic d'influence et blanchiment d'argent et n'est accusée «que» de fraude fiscale, contrairement à son mari Iñaki Urdangarin contre lequel le parquet a requis 19 ans d'emprisonnement. Le procès dite de l'affaire Noos se tient à partir du lundi 11 janvier 2016. (samedi 9 janvier 2016) Le procureur chargé de l'affaire Noos a requis 19 ans et demi de réclusion contre le mari de la soeur du roi d'Espagne pour malversation, fraude fiscale, trafic d'influence, escroquerie et blanchiment. (9 décembre 2014) La soeur du roi d'Espagne Felipe VI a déposé un recours mercredi contre le maintien de l'inculpation pour fraude fiscale et blanchiment prononcé le 25 juin à son encontre et qui pourrait la mener jusqu'à un procès. (2 juillet 2014) Un juge espagnol a décidé mercredi de maintenir l'inculpation de la soeur du roi, l'infante Cristina. (25 juin 2014) L'infante Cristina saura demain si le juge demandera ou non le renvoi en procès de l'affaire dans laquelle la soeur du roi Felipe VI est poursuivie pour fraude fiscale. (23 juin 2014) La fille du roi d'Espagne, l'infante Cristina, est arrivée samedi au tribunal de Palma de Majorque. (8 février 2014) Elle doit s'expliquer devant un juge qui l'a mise en examen pour fraude fiscale. (8 février 2014) La fille du roi d'Espagne Juan Carlos, l'infante Cristina, est inculpée de blanchiment et de fraude fiscale. Le juge cherche à établir si la fille du roi a des liens avec les activités frauduleuses présumées de son époux. Ce dernier, un ancien champion olympique de handball reconverti en homme d'affaires, âgé de 45 ans, est soupçonné d'avoir détourné 6,1 millions d'euros d'argent public avec son ancien associé, Diego Torres, alors qu'il présidait entre 2004 et 2006 une société à but non lucratif, l'institut Noos. La villa d'Iñaki Urdangarin et de la princesse l'infante Cristina dans le quartier huppé de Pedralbes, à Barcelone, achetée par le couple en 2004, a été mise en vente l'an dernier pour 9,4 millions d'euros et saisie pour moitié par la justice, parmi 16 biens appartenant à Iñaki Urdangarin et Diego Torres. Le mari de l'infante Cristina, gendre du roi d'Espagne, Iñaki Urdangarin arrive au tribunal de Barcelone le 16 juillet 2013, dans l'affaire du scandale de corruption qui le touche et éclabousse sa femme à son tour ce 7 janvier 2014. Suite à ses déboires avec la justice, plusieurs manifestations ont eu lieu en Espagne, ici à Barcelone, pour protester contre la corruption qui touche le coeur du pouvoir. Ces différentes protestations ont été surveillées de près par la police pour éviter les débordements. Sur cette pancarte, on peut lire: «Urdangarin (le nom du mari de l'infante Cristina, ndlr) accusé de corruption pour 2, 7 millions d'euros par an». Ce 12 mai 2012, le duc de Palma, le gendre de Juan Carlos et sa femme l'infante Cristina sortent de la paroisse de San Prudencio à Vitoria, où la cérémonie des funérailles du père d'Iñaki Urdangarin viennent d'avoir lieu. Il est alors en plein scandale de détournement de fonds dans l'affaire Noos.

Sur ce sujet
Une faute?

Cristina d'Espagne, soeur du roi sur le banc des accusés: pour la première fois, un membre de la famille royale espagnole comparaît depuis lundi devant la justice dans une vaste affaire de corruption, un procès auquel elle espère encore échapper in extremis.

Dès la première audience, les avocats de l'infante ont déployé une batterie d'arguments juridiques face aux trois magistrates du tribunal de Majorque. Le procès ne devrait s'achever qu'en juin.

En attendant que cette question soit tranchée, l'infante de 50 ans a dû prendre place, comme n'importe quel autre citoyen, dans une salle d'audience dominée par le portrait de son frère. Felipe VI se trouve à la tête du royaume depuis l'abdication de leur père Juan Carlos en 2014.

«Procès de l'année»

Vêtue d'un simple tailleur-pantalon noir, l'air grave, la princesse est bien malgré elle la vedette du «procès de l'année», au côté de son époux, Iñaki Urdangarin. A leur côté, figurent 18 prévenus.

Seconde fille de Juan Carlos Ier et Sofia, Cristina est soupçonnée d'avoir dissimulé au fisc des revenus provenant des détournements de 6 millions d'euros (6,53 millions de francs au cours actuel) de fonds publics reprochés à son mari et à un ex-associé de celui-ci. Le juge d'instruction avait tenté de démontrer qu'elle en était partie prenante.

Mais le procureur s'est opposé aux poursuites. L'infante n'est finalement jugée que pour fraude fiscale.

Installée à Genève

Cristina a toujours soutenu qu'elle ne savait rien. Et elle a maintes fois affirmé qu'elle faisait une confiance aveugle à son compagnon, ancien handballeur professionnel et double médaillé olympique. La soeur du roi l'a épousé à Barcelone, en 1997, quand la popularité de la monarchie était au plus haut.

Réputée très amoureuse du père de ses quatre enfants, Cristina a refusé de divorcer en dépit des pressions exercées par la Maison royale, qui aurait voulu limiter les effets toxiques de l'affaire pour la monarchie. Exclu de toutes les activités officielles au palais, le couple vit depuis 2013 à Genève.

Contrats surévalués

Iñaki Urdangarin, 47 ans, et son ex-associé, Diego Torres, sont notamment accusés d'avoir surévalué les contrats signés entre 2004 et 2006 par l'institut Noos - fondation à but non lucratif dédiée à l'organisation d'événements sportifs qu'ils dirigeaient - avec les gouvernements régionaux des Baléares et de Valence.

Selon l'accusation, les bénéfices étaient répartis entre plusieurs sociétés-écrans dont Aizoon, propriété de Cristina et d'Iñaki. Ces derniers auraient utilisé cet argent pour financer des fêtes, des voyages, des travaux ou des cours de danse...

Iñaki Urdangarin est jugé pour détournement de fonds, fraude fiscale, trafic d'influence, escroquerie et blanchiment d'argent. Il encourt jusqu'à 19 ans et demi de prison.

Non-lieu exigé

Concernant Cristina, seule l'association Manos Limpias (Mains propres, d'extrême droite) représente l'accusation publique. Elle demande huit ans de prison pour l'infante.

La défense de la princesse joue là-dessus pour plaider le non-lieu. Elle souligne que ni le parquet, ni un avocat représentant l'Etat n'ont réclamé de poursuites au nom du Trésor public, présumée victime.

L'avocate du Trésor public a abondé dans le sens de la défense, de même que le procureur. Ce dernier a assuré disposer d'un nouveau rapport prouvant que l'infante n'était pas coupable de fraude fiscale.

Mais l'avocate de Manos Limpias, Virginia López Negrete, a défendu «l'accusation populaire», une procédure «parfaite pour la lutte contre la corruption et contre les élites» dans un pays écoeuré par la multiplication des scandales en temps de crise.

Dimanche, Diego Torres a réaffirmé, dans une interview télévisée, que Juan Carlos Ier était au courant des affaires de Noos. La Maison royale révisait «ce que nous faisions, ils nous guidaient. Nous avons toujours agi de bonne foi», a-t-il soutenu.

A l'audience, son avocat a demandé la comparution en tant que témoins des rois Juan Carlos Ier et Felipe VI.

(nxp/afp)