Incendie à Paris

06 février 2019 14:45; Act: 06.02.2019 15:04 Print

«Elle est vraiment folle, un jour il y aura un accident»

La quadragénaire arrêtée après l'incendie qui a fait dix morts à Paris dans la nuit de lundi à mardi, était encore tout récemment internée dans un hôpital psychiatrique.

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Interpellée immédiatement après l'incendie, l'un des plus meurtriers dans la capitale française depuis près de 14 ans, une quadragénaire avait été placée en garde à vue mardi matin, avant d'être conduite à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police en fin de journée.

Unique en France, cette structure, surnommée l'«I3P», accueille des personnes présentant à la fois un «danger imminent pour la sûreté des personnes» et «des troubles mentaux manifestes».
L'habitante avait été «arrêtée en état d'alcoolémie alors qu'elle tentait de mettre le feu à une voiture», d'après une source policière.

En conflit récurrent avec un voisin pompier, elle s'était disputée avec lui dans la soirée et la police s'était déplacée pour un trouble de voisinage, a indiqué une autre source policière. «Quand je l'ai croisée, elle m'a souhaité : 'Bon courage', en me disant que j'aimais bien les flammes. Là, j'ai senti l'odeur de brûlé. Et je me suis aperçu qu'elle avait mis le feu à tout l'étage. Elle s'est ensuite sauvée en courant, raconte à Franceinfo Quentin, le jeune homme qui a eu l'altercation avec l'incendiaire présumée. Elle a dû mettre le feu chez moi pour se venger, explique-t-il. Un voisin m'a expliqué qu'il y avait du papier devant ma porte avec du bois». Accompagné de sa petite amie, le pompier avait mis en garde les policiers intervenus pour le tapage nocturne, quelques temps avant le feu: «Elle est complètement folle, un jour il y aura un accident».

Internée une dizaine de fois

Internée une dizaine de fois, elle était sortie fin janvier de l'hôpital psychiatrique de Saint-Anne à Paris, selon la source proche. Ses antécédents judiciaires font apparaître trois procédures où elle a été mise en cause, sans jamais être condamnée. Deux furent classées sans suite en 2016, en raison d'un «état mental déficient», selon une source judiciaire, l'une pour un «vol précédé de dégradations» et l'autre pour des violences.

Selon une autre source proche du dossier, les dégradations en question seraient liées à un départ de feu. Par ailleurs, en 2017, une autre procédure pour «violences conjugales» avait été classée sans suite car l'infraction était insuffisamment caractérisée.

Dans l'arrondissement cossu de l'ouest de la capitale où l'incendie a ravagé un immeuble entier, les opérations de police et d'urgence ne sont toujours pas terminées. Une vingtaine de pompiers, encore sur place, maintiennent «un dispositif de surveillance», avec observation et rondes.

(cga/afp)