Terrorisme

30 juillet 2016 06:35; Act: 30.07.2016 07:17 Print

La terrible impuissance des parents de jihadistes

Les parents d'Adel K. et Abdel Malik P., comme d'autres parents de jihadistes, sont partagés entre souffrance et fatalité.

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L'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun a donné une conférence de presse ce dimanche 2 octobre, avant la réouverture de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. L'église de Saint-Etienne-Du-Rouvray ouvrira à nouveau ses portes ce dimanche 2 octobre 2016. Seules 200 personnes accréditées pourront entrer dans l'établissement. (30 septembre 2016) Les assassins du père Jacques Hamel à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (F), fin juillet, étaient en contact avec un Roannais de 29 ans, établi en zone irako-syrienne, selon L'Express. Ce dernier semble avoir «piloté» leur action. (Jeudi 18 août 2016) Un homme de 21 ans, arrêté à Toulouse, a été écroué. (Vendredi 12 août 2016) L'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun a salué la présence de fidèles des communautés juive et musulmane, «très marquées et déjà décidées à s'unir pour plus jamais ça». (Mardi 2 août 2016) Le ministère de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve en discussion avec le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc. (Mardi 2 août 2016) Quelque 2000 personnes se sont réunies dans la cathédrale de Rouen. (Mardi 2 août 2016) Le cercueil, porté par quatre personnes, fait son entrée dans l'édifice. (Mardi 2 août 2016) Des forces de l'ordre patrouillent devant la cathédrale de Rouen. (Mardi 2 août 2016) Les obsèques du prêtre tué par deux jeunes, le 26 juillet, se sont déroulées en la cathédrale de Rouen. (Mardi 2 août 2016) (Mardi 2 août 2016) Le cercueil du prêtre Jacques Hamel arrive à la cathédrale de Rouen. (Mardi 2 août 2016) Près de 2000 personnes sont attendues mardi 2 août aux obsèques du prêtre assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray. Elles seront célébrées dans la cathédrale de Rouen. (Image prétexte). Cinq jours après l'assassinat d'un prêtre qui a bouleversé la France, de nombreux musulmans ont manifesté dimanche 31 juillet leur horreur du jihadisme, présents aux messes aux côtés des catholiques ou par des tribunes dans les médias. Le cousin d'Abdel M. P., l'un des deux auteurs de l'attaque djihadiste, a été déféré dimanche en vue de sa mise en examen. (Dimanche 31 juillet 2016) Des dizaines de fidèles musulmans ont franchi les portes des églises pour prier avec les catholiques à la mémoire du père Jacques Hamel, comme ici à Rouen. (Dimanche 31 juillet 2016) Des dizaines de fidèles musulmans ont franchi les portes des églises pour prier avec les catholiques à la mémoire du père Jacques Hamel, comme ici à Saint-Leu. (Dimanche 31 juillet 2016) Des dizaines de fidèles musulmans ont franchi les portes des églises pour prier avec les catholiques à la mémoire du père Jacques Hamel, comme ici à Nice. (Dimanche 31 juillet 2016) Gestes de solidarité et de fraternité, samedi, dans l'église même où s'est produit l'attentat, à Saint-Etienne-du-Rouvray. (30 juillet 2016) Des manifestations ont réuni chrétiens et musulmans dans plusieurs villes de France. (Samedi 30 juillet 2016) Des manifestations ont réuni chrétiens et musulmans dans plusieurs villes de France. (Samedi 30 juillet 2016) Hommage au Père Hamel dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. (Vendredi 29 juillet 2016) Un dialogue surréaliste s'est engagé dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, après l'assassinat du prêtre, entre les djihadistes et les deux religieuses retenues à l'intérieur de l'édifice, selon un témoignage des nones. (Samedi 29 juillet 2016) Les fidèles ont tenu à partager un moment de fraternité en se rendant successivement à l'église Sainte-Thérèse et à la mosquée Yahia vendredi 29 juillet 2016. La sécurité est maximale alors qu'un hommage solennel est rendu au père Hamel. (Jeudi 28 juillet 2016) Saint-Etienne-du-Rouvray rend un hommage solennel à son prêtre assassiné. (Jeudi 28 juillet 2016) Les obsèques du Père Hamel doivent avoir lieu mardi 2 août. (Jeudi 28 juillet 2016) Le second tueur de l'attaque djihadiste de mardi dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray a été «formellement identifié». Il était fiché «S». (28 juillet 2016) Le deuxième tueur a été identifié jeudi. Les représentants des cultes en France ont demandé mercredi à François Hollande que les lieux de culte fassent l'objet d'une plus grande attention de la part des autorités en matière de sécurité. De Gauche à droite: Rabbi Haim Korsia, Grand Rabbin de France / Joel Mergui, président du consistoire central israélite de France /Olivier Reigen Wang-Genh, président de l'union bouddhiste de France / Francois Clavairoly ,président de la fédération des pasteurs en France / Dalil Boubakeur,'Récteur de la Grand Mosquée de Paris / Grigorios Ioannidis General Vicar de l'église orthodoxe / le cardinal français, Andre Vingt-Trois et Ahmet Ogras, vice-présidents du Conseil français du culte musulman. L'un des deux assaillants a été formellement identifié. Deux fois, il a essayé de se rendre en Syrie en 2015. Placé en détention provisoire, il avait été libéré sous la «surveillance» d'un bracelet électronique. (photo prétexte) La police a procédé à deux perquisitions et à une interpellation à Saint-Etienne-du-Rouvray. (mardi 26 juillet 2016) Soeur Danièle était dans l'église au moment où les assaillants ont fait irruption. France 2 a recueilli son témoignage. Elle raconte qu'ils ont forcé le prêtre à s'agenouiller et qu'ils ont crié: «Vous les chrétiens, vous nous supprimez». (mardi 26 juillet 2016) Une photo non-datée de la victime de cette attaque, le prêtre Jacques Hamel. Le père Hamel a été tué en célébrant une messe matinale, à laquelle assistaient trois religieuses et un couple de paroissiens, dont le mari a été grièvement blessé à la poitrine. «Ce sont les catholiques qui ont été frappés, mais ce sont tous les Français qui sont concernés», a déclaré le président François Hollande. (mardi 26 juillet 2016) Venu rapidement sur place, il a appelé le pays à la «cohésion» et à faire «un bloc que personne ne doit pouvoir fissurer».(mardi 26 juillet 2016) François Hollande à Saint-Étienne-du Rouvray. (mardi 26 juillet 2016) Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a appelé les Français à rester «unis» mardi après la prise d'otages (...) qui vient s'ajouter à d'autres actes barbares» (mardi 26 juillet 2016) La police a mis tout le quartier sous haute surveillance. (Mardi 26 juillet 2016) Des opérations de déminage et de sécurisation de l'église étaient toujours en cours à la mi-journée. (Mardi 26 juillet 2016) L'attaque a eu lieu à Saint-Étienne-du Rouvray, dans la région Normandie. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. (Mardi 26 juillet 2016) Le président français François Hollande et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sont arrivés sur les lieux du drame à la mi-journée. (Mardi 26 juillet 2016) Le président français François Hollande et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sont arrivés sur les lieux du drame à la mi-journée. (Mardi 26 juillet 2016) La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. (Mardi 26 juillet 2016) Les deux preneurs d'otages, dont les motivations sont encore inconnues, sont morts lors d'une intervention de la police. (Mardi 26 juillet 2016) Un prêtre a été tué et un ex-otage se trouve entre la vie et la mort. (Mardi 26 juillet 2016)

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Une faute?

L'une avait tout essayé pour le retenir en France. L'autre se souvient d'un garçon «doux». Pourtant, leurs fils Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean ont tué un prêtre au nom de l'Etat islamique. Comment vivre quand son enfant est radicalisé ou jihadiste?

Inquiétée par les velléités de départ en Syrie du jeune Adel, la famille Kermiche s'est très vite tournée vers les autorités pour signaler sa disparition à l'époque de sa première tentative, en mars 2015.

Un «gamin joyeux»

Après la seconde tentative en mai 2015, sa mère se confie au quotidien suisse La Tribune de Genève, et évoque un «gamin joyeux» qui a été «ensorcelé, comme dans une secte». La famille essaye coûte que coûte de le canaliser, en vain.

Plus d'un an après, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans, prêtent allégeance à l'EI. Mardi, ils pénètrent dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, et égorgent le prêtre, âgé de 86 ans.

Plus d'un an avant l'attaque, la mère d'Adel s'avouait dépassée: «On ne sait pas vers qui se tourner pour nous aider». Les familles, concernées par la radicalisation d'un proche, passent de plus en plus vers des associations pour tenir. Et elles sont de plus en plus nombreuses à subir ces radicalisations et départs soudains.

Grande culpabilité

Selon les derniers chiffres, pas moins de 680 ressortissants français ou résidents en France sont présents dans la zone syro-irakienne.

«Totalement démunies», les familles qui viennent chercher de l'aide auprès de ces associations sont en «grande souffrance», souvent rongées par une «grande culpabilité», explique à l'AFP Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne et intervenante dans l'organisation Entr'Autres, présente dans toute la France.

Le but de ces acteurs n'est pas tant d'aider les enfants radicalisés, «qui de toute façon ne le demandent pas», que les parents, «qui ne peuvent faire un deuil du vivant de leurs enfants», dit-elle. «Il n'y a pas de pardon», reconnaît-elle, mais «de l'amour parental présent tout le temps» malgré tout.

Déni

«Je t'aime. Tu me manques 'grave'», disait mercredi sur le répondeur du téléphone portable de son fils la mère d'Abdel Malik Petitjean, second jihadiste de Saint-Etienne-du-Rouvray: elle ne pouvait croire à l'implication de son enfant, qui était sur le point d'être révélée.

Même quand les enfants sont partis, les familles tiennent à maintenir un lien, certaines ayant des échanges réguliers, voire quotidiens.

Maintenir un lien

Ils s'envoient des photographies, des vidéos, se racontent les journées, le temps qui passe, avant l'irruption «des reproches»: des enfants qui traitent les parents de «mécréants», leur en veulent de rester vivre en Occident, explique Amélie Boukhobza. Une violence supplémentaire pour les parents.

«J'ai coupé les ponts il y a cinq mois», confesse Ivan Sovieri, dont la fille de 29 ans est partie en Syrie avec son époux et leurs enfants. «Je souffrais parfois de nos échanges. Je ne voulais plus rien savoir d'elle», relate-t-il. Après des échanges tendus, la fille a été jusqu'à menacer son père. «Ma fille, c'est Allah et rien d'autre», juge Ivan Sovieri, convaincu qu'il «ne la reverra plus».

Croiser les doigts

«Pour ces familles, un départ signifie de toute façon une mort. C'est une perte quasi certaine à 99%», reconnaît Patrick Amoyel, psychanalyste et responsable d'Entr'Autres. A cela s'ajoute la hantise omniprésente que leur progéniture soit responsable d'un attentat.

Chaque fois que la France est endeuillée, «les familles n'ont qu'une crainte: est-ce que mon fils est rentré, s'est fondu dans la masse, et a commis cet acte?», rapporte Amélie Boukhobza.

«Il n'y a rien à faire», lâche Ivan. «Juste croiser les doigts pour qu'il ne leur arrive rien là-bas».

(nxp/ats)