Droits humains

31 juillet 2018 14:24; Act: 31.07.2018 23:09 Print

La torture utilisée de manière «effrénée» en Irak

Human Rights Watch fait état d'utilisation de torture contre des membres du groupe Etat islamique détenus en Irak. Une enquête est exigée.

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image d'illustration (Photo: AFP)

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«L'usage de la torture est effréné dans le système judiciaire irakien et les magistrats manquent d'instructions leur permettant de réagir aux allégations de torture», assure Lama Fakih, directrice adjointe pour le Moyen-Orient de cette organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York.

«Les personnes inculpées ne peuvent pas bénéficier d'un procès équitable tant que les forces de sécurité peuvent user librement de la torture pour obtenir des aveux», ajoute-t-elle.

De source judiciaire, environ 20'000 personnes ont été arrêtées sous l'accusation d'appartenance à l'EI, organisation djihadiste qui a terrorisé l'Irak durant trois ans avant d'être chassée par les forces des sécurité.

Refus des juges

Selon HRW, dans 22 des 30 cas qu'elle a examinés à Bagdad, les juges ont refusé de prendre en compte les allégations de torture. S'ils ont parfois ordonné un examen médical et découvert des signes de torture, ils n'ont pas nécessairement ordonné un nouveau procès, ni engagé des poursuites contre les officiers ayant commis ces abus.

Pourtant la Constitution irakienne bannit «toutes formes de torture physique et psychologique et tout traitement inhumain». «Les autorités judiciaires doivent enquêter au sujet de toutes les allégations crédibles de torture et des forces de sécurité qui sont responsables», insiste HRW.

Le Conseil supérieur de la magistrature doit donner aux juges des directives à suivre quand un inculpé affirme avoir été torturé en détention, préconise l'ONG. En outre, le Parlement doit adopter une loi contre la torture obligeant les juges à ordonner un examen médical de chaque détenu qui dit avoir été torturé, dans les 24 heures suivant l'affirmation du prévenu.

«Quand les juges prononcent une condamnation après des aveux obtenus par la force ou en faisant fi des allégations de torture, ils envoient le message aux forces de sécurité que la torture est un moyen valide de mener une enquête», accuse HRW.

«Le gouvernement irakien doit oeuvrer davantage pour s'assurer que les enquêtes criminelles sont sincères et impartiales et que les tortionnaires sont poursuivis», insiste Lama Fakih.

(nxp/ats)