Journaliste blessé par balle

15 juin 2011 11:58; Act: 15.06.2011 13:50 Print

La vidéo d'une bavure policière en Belgique

Huit ans après les faits et alors que la Belgique vient d'être condamnée par la Cour européenne, la vidéo d'une bavure policière refait surface. La victime témoigne.

Les journalistes du journal luxembourgeois «L'Essentiel» ont obtenu cette vidéo exclusive.
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Le journaliste français installé au Luxembourg Yves Trévalec suivait les opérations nocturnes d'une unité spéciale belge, le peloton antibanditisme (PAB), dans un quartier d'entrepôts, quand deux autres agents de police tirèrent sept coups de feu en sa direction. Deux balles atteignirent sa jambe droite, causant de graves blessures, dont il garde des séquelles. Il lui aura fallu plus de cinq ans de rééducation pour recouvrer l'usage de sa jambe.

Les policiers ayant fait feu ont mis en avant la légitime défense, expliquant qu'ils agissaient dans l'obscurité, dans un quartier qu'ils ne connaissaient pas, quand ils ont entendu du bruit derrière eux. Ils ont aperçu une silhouette s'avancer assez rapidement vers eux, tenant un objet à la hanche. Ils ont précisé qu'ils n'avaient pas été mis au courant de la présence d'un journaliste sur le terrain cette nuit-là.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi la Belgique, après que deux policiers ont blessé par balle un cameraman résidant au Luxembourg.

«Je garde l'image d'un vrai lobbying qui s'est mis en place contre moi lorsque j'ai porté l'affaire en justice. Je me suis retrouvé seul face à une dizaine d'avocats», raconte à l'essentiel online Yves Trévalec.

Il est à peine soulagé car la Belgique a trois mois pour faire appel de la sentence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Ce journaliste français, résidant au Luxembourg, a été atteint de deux balles à la jambe, en janvier 2003, alors qu’il réalisait un reportage en Belgique.

Enquête belge non remise en cause

La CEDH a admis que les policiers avaient agi en état de légitime défense, mais elle a reproché à la Belgique le manque d'information des policiers quant à la présence d'une équipe de tournage. «À l'inverse des juges nationaux (belges), la Cour estime déterminante la question de savoir si les policiers ayant fait feu étaient au courant que l'intervention policière était suivie par un journaliste», explique la CEDH. «La cause de leur ignorance résulte de défaillances du circuit d'information imputables aux autorités».

Ces dernières «n'ont pas déployé toute la vigilance que l'on pouvait raisonnablement attendre d'elles», ont conclu les juges européens. Le «caractère effectif de l'enquête menée» sur cette affaire par les autorités belges n'a en revanche pas été mis en cause par la Cour de Strasbourg. Interrogé par L'essentiel quelques secondes après la tombée du verdict, le journaliste évoque «son soulagement après huit années de combat, un combat aussi bien juridique que physique pour reprendre mon métier de journaliste sur le terrain».

(lessentiel.lu /20 minutes)