Polémique

22 décembre 2008 23:20; Act: 22.12.2008 23:30 Print

Le «New York Times» publie une fausse lettre de Bertrand Delanoë

Le «New York Times» a reconnu lundi qu'il avait publié une fausse lettre, qui était censée avoir été écrite par le maire de Paris, qualifiant de «surprenant» et «pas vraiment démocratique» le fait que Caroline Kennedy brigue le siège d'Hillary Clinton au Sénat.

Une faute?

«Quel titre a Mme Kennedy pour pouvoir prétendre au siège d'Hillary Clinton?», s'interroge notamment l'auteur de la lettre publiée dans les éditions de lundi du journal. «Nous, Français, ne pouvons considérer cette démarche que comme dynastique de la part d'un clan Kennedy sur le déclin dans le pays de la Charte des Droits. C'est à la fois surprenant et révoltant.»

Dans une note éditoriale publiée sur son site Internet, le «Times» reconnaît que la lettre censée avoir été signée par le maire de Paris Bertrand Delanoë n'aurait pas due être publiée, parce que cela allait à l'encontre des valeurs et des procédures du journal.

«Nous avons déjà exprimé nos regrets aux services de M. Delanoë et nous faisons maintenant la même chose auprès de vous, nos lecteurs», ajoute le «Times».

Découvert par des Français

C'est France-Amérique, Le journal français des Etats-Unis (basé à New York), qui a fait état le premier de ce canular lundi sur son site Internet. Son rédacteur en chef, Jean-Cosme Delaloye, a expliqué qu'un employé de France-Amérique avait fait part de son scepticisme en lisant l'information lundi matin. «Quand nous avons lu la lettre, cela nous a semblé très surprenant, notamment le choix des mots», a-t-il confié à l'Associated Press. «Quand nous avons appelé Paris pour vérifier l'information (...) ils étaient très surpris.»

Virginie Christnacht, chef du service de presse de la mairie de Paris, a dit à AP que la lettre était «un faux». «Ca n'a jamais été envoyé par Bertrand Delanoë. On a demandé au New York Times (...) de publier un démenti, un correctif et des excuses. Ils n'ont pas fait les vérifications d'usage.» «Ca n'a jamais été, bien évidemment, envoyé par Bertrand Delanoë», a-t-elle ajouté.

Le «Times» a attribué l'erreur au fait que l'authenticité de la lettre, arrivée par e-mail, n'ait pas été vérifiée, ce qui normalement n'aurait pas dû se produire. Le journal a précisé qu'il allait revoir ses procédures pour éviter qu'un tel incident se reproduise à l'avenir.

(ap)