Environnement

25 avril 2019 09:11; Act: 25.04.2019 11:10 Print

Le «snowfarming», ou comment recycler la neige

Le recyclage de la neige, une pratique ancestrale et écologique, séduit les stations de ski confrontées aux aléas de la météo et à la hausse des températures.

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La neige est recouverte de sciure afin de la conserver au froid en été. (Photo: Twitter)

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Largement pratiqué dans les pays nordiques, le recyclage de la neige d'une saison à l'autre dans les domaines skiables – ou «snowfarming» – a convaincu une poignée de stations alpines désireuses d'être moins exposées aux aléas climatiques.

Le principe en est simple: la neige est amassée durant l'hiver à proximité des pistes, parfois dans des trous creusés dans le sol, puis recouverte de sciure ou d'une bâche jusqu'à l'entame de la saison suivante.

Protégée des chaleurs estivales, la neige stockée peut être réutilisée en début de saison en sous-couche durant la préparation des pistes. La neige ainsi accumulée se conserve bien ainsi puisque les pertes sont de l'ordre de 20%.

Dans la plupart des cas, l'or blanc conservé est produit artificiellement au cours de la saison, car la neige de culture, plus dense, fond moins facilement.

«C'est une technique ancestrale qu'on ne fait que raviver. Sur un début d'hiver incertain, on s'assure une quantité de neige certaine. Et ça n'a pas de prix», souligne Jean Bourcet, directeur des remontées mécaniques du Grand-Bornand, en Haute-Savoie.

«C'est une solution d'appoint intéressante quand la configuration du domaine skiable s'y prête. Elle a vocation à se multiplier, car il s'agit d'une pratique vertueuse», estime Laurent Reynaud, directeur de Domaines skiables de France.

Enneiger très tôt

Dans les Alpes, plusieurs stations ont tenté l'expérience, poussées par l'impératif de sécuriser des événements programmés en début de saison, alors que les températures ne permettent pas encore la production de neige artificielle.

C'est le cas au Grand-Bornand, qui doit garantir chaque année à la fédération internationale de biathlon le stockage de 16'000 m3 de neige pour obtenir l'organisation d'une épreuve de la Coupe du monde.

Deux enneigeurs sont exclusivement dévolus à la constitution d'une réserve nichée à 1400 mètres d'altitude dont la capacité totale a été portée à 40'000 m3. Soit l'assurance de pouvoir préenneiger «dix à douze» kilomètres de pistes.

«Ce mode de gestion pérenne nous permet d'enneiger rapidement des circuits de retours essentiels dans la partie basse de la station. Ensuite, il n'y a plus qu'à produire un peu de neige par-dessus», détaille Jean Bourcet.

Moins coûteux

Depuis l'automne dernier, la petite station de Bessans, située en Savoie à 1800 mètres d'altitude, a également vu en cette technique un moyen d'ouvrir très tôt une boucle de son domaine, exclusivement réservé au ski nordique.

Son maire, Jérémy Tracq, explique avoir finalement adopté le «snowfarming» – envisagé une première fois en 2008 – après avoir été convaincu par la baisse des coûts et par la récurrence de «débuts d'hiver compliqués».

La station a déposé un peu moins de 7000 m3 de neige sur un carré de prairie afin d'ouvrir une boucle de ski de fond de 1,5 km durant les dernières vacances de la Toussaint. Coût de l'opération: entre 10'000 et 12'000 euros.

«C'est raisonnable. Il y a dix ans, c'était 100'000 euros en investissement et en fonctionnement. Le plus onéreux, c'est l'achat de la sciure, sachant toutefois qu'elle se régénère d'une année sur l'autre», explique M. Tracq.

L'élu affirme que l'expérience va être reconduite et que la capacité de stockage sera portée à 15'000 m3 afin de permettre l'ouverture à l'automne prochain de trois kilomètres de pistes.

Pour Samuel Morin, chercheur à Météo France et directeur du Centre d'études de la neige, le «snowfarming» offre plusieurs caractéristiques écocompatibles: des dépenses en énergie «peu élevées» pour rassembler la neige et un impact «très faible» sur le cycle de l'eau, compte tenu des volumes stockés.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Pierre D. le 25.04.2019 10:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gris frigo

    On saura où stocker nos bouteilles cet été! SANTÉ !!!

  • jules cesar le 25.04.2019 10:18 Report dénoncer ce commentaire

    conservation de l'eau aussi

    si cette technique permet aussi de mettre de l'eau de côté pour les années sèches à venir, pourquoi pas.

  • XYZ le 25.04.2019 10:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Fausse bonne idée

    Pas idéal pour la vie végétale qui recouvre le sol et l'utilisation de ces gros véhicules rejettent du co2. En conclusion: du sol qui perd sa capacité d'absorption de co2 et une production de co2 pour entretenir et constituer le tas de neige. C' est donc une alimentation en gaz du cercle infernal.

Les derniers commentaires

  • Dune le 25.04.2019 17:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et le français

    C'est dingue que vous trouviez toujours des mots qui finit par inh mais jamais de mots en français

  • Paul le 25.04.2019 16:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bin faut sauver le chiffre ...

    ... l'humanité sais ce qu'elle fait faux mais continue à le faire... c'est humain! Le problème se résorbe quand l'humanité n'est plus.

  • Jean Sais le 25.04.2019 13:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ici à la Vallée de Joux

    2m cube d'eau potable pour faire 1m cube de neige canonnée pour le snow farming ( ici à la vallée en prévision des joj 2020) Pas a dire c'est écolo .... ou pas Gaspillage de ressource incroyable et de pognon.

  • Schnabi le 25.04.2019 12:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne idée mais pas les bons moyens.

    Les romains le faisaient déjà! Ils avait les fameux « nevera » qui permettaient de stocker la neige tassée pour refroidirons les boissons et les aliments l'été. Par contre ils transportaient la neige sur de centaines de kilomètres, même jusqu'en Afrique. Bon, c'était en produisant moins de CO2.

  • Aziz Zürlökü le 25.04.2019 12:27 Report dénoncer ce commentaire

    Le sport est une catastrophe...

    ... pour le climat: par exemple, Machin qui va disputer un match en Australie, le lendemain il est en Suède pour l'entraînement, un autre match à Miami la semaine suivante avant la finale au Japon, ... Sans compter le gaspillage d'énergie pour faire de la glace, éclairer les stades, les pistes, les circuit la nuit mais ça, tout le monde s'en fout quand c'est pour le sport.

    • Mère Nature le 25.04.2019 13:44 Report dénoncer ce commentaire

      via easy jet

      Sans compter tous les spectacteurs se rendant d'un événement à l'autre tout autour de la planète