Irak

31 décembre 2011 15:52; Act: 31.12.2011 16:15 Print

Le 31 décembre déclaré «Jour de l'Irak»

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a déclaré samedi le 31 décembre «Jour de l'Irak» afin de marquer la fin des opérations de retrait des forces américaines du pays.

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«Aujourd'hui, j'annonce au peuple irakien que le 31 décembre, qui a vu la fin du retrait des forces américaines, sera une journée nationale, nous l'appellerons le Jour de l'Irak. C'est une fête pour tous les Irakiens», a-t-il déclaré lors d'une cérémonie devant des centaines de personnes dont plusieurs ministres et hauts responsables dans le complexe sportif al-Shaab, au centre de Bagdad.

«C'est le jour où l'Irak devient souverain. C'est un jour éternel», a lancé M. Maliki.

«Aujourd'hui, vous levez le drapeau irakien partout dans le pays et vous vous unissez sous ce drapeau. Aujourd'hui, l'Irak se libère et vous en êtes les maîtres», a-t-il ajouté.

«Le retrait de l'armée américaine d'Irak ramène le pays à la normalité. Cela fait que ceux qui visent les civils, la police, l'armée ou les autres forces de sécurité, ou sabotent les infrastructures se rendent coupables de grande trahison et cela place ceux qui commettent ces actes dans le camp de l'ennemi», a-t-il souligné.

Départ le 18 décembre

Les derniers soldats américains ont quitté le territoire irakien dimanche 18 décembre à l'aube, anticipant de quelques jours un accord qui prévoyait leur départ complet avant la fin de l'année 2011, conformément à un accord signé en 2008 entre Bagdad et Washington.

Les deux capitales ont négocié plusieurs mois durant cette année le maintien d'un petit contingent de formateurs américains pour entraîner l'armée irakienne, mais ces discussions ont buté sur la question de l'immunité juridique des soldats, que l'Irak se refuse à accorder.

Washington a ainsi mis fin à huit ans et neuf mois de présence très controversée dans le pays, durant lesquels l'armée américaine a compté jusqu'à 170'000 hommes au plus fort de l'insurrection.

Les autorités irakiennes avaient déjà déclaré une journée nationale le 30 juin 2009 à l'occasion du retrait des forces américaines des centres urbains d'Irak, journée qui n'a toutefois plus fait l'objet de célébrations depuis.

Tourmente politique

M. Maliki s'exprimait alors que le pays est plongé dans une tourmente politique depuis le départ des Américains, avec des institutions paralysées par une crise menaçant selon certains de dégénérer en guerre civile.

Le vice-président Tarek al-Hachémi fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour complot, une mesure qui a aggravé la crise entre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki et le groupe parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites (minoritaires) et dont M. Hachémi fait partie.

Les Irakiens peuvent «être totalement assurés que l'Irak s'est débarrassé pour toujours de la dictature et de la loi d'un parti, d'une religion ou d'un dirigeant uniques», a déclaré M. Maliki lors de la cérémonie, alors que les leaders d'Iraqiya l'accusent de violer l'accord de partage du pouvoir obtenu l'année dernière pour la création d'un gouvernement d'union nationale.

(afp)