Législatives en Algérie

11 mai 2012 17:32; Act: 11.05.2012 20:10 Print

Le FLN remporte les élections, les islamistes 3e

Le Front de Libération Nationale a remporté vendredi les élections législatives en Algérie, avec 220 des 462 sièges, et les islamistes ont subi un revers, en arrivant en 3ème position avec 66 sièges.

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Les islamistes modérés arrivent troisième. (Photo: Keystone)

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Les législatives ont consacré la position du Front de Libération nationale (FLN, présidentiel) comme premier parti du pays. Les islamistes, qui ont dénoncé «des manipulations», ont subi un revers, une première depuis le début du Printemps arabe.

Le FLN constituera le groupe le plus important du parlement algérien. Le parti présidentiel a rafflé 220 sièges, selon les résultats officiels communiqués vendredi par le ministre de l'Intérieur, Daho Ould Kablia. Il était déjà en tête de l'Assemblée sortante (136 députés sur 389), qui a été élargie à 462 sièges. Le RND (Rassemblement national démocratique), parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, arrive en deuxième position avec 68 sièges, dont 23 femmes. Le FLN a amélioré sa performance, passant de 136 à 220 sièges, dont 68 femmes, tandis que son allié le RND a remporté six sièges supplémentaires.

Ces deux partis, membres d'une Alliance présidentielle depuis 2004, remportent la majorité absolue de la nouvelle assemblée, alors qu'ils avaient dû s'associer pour obtenir cette majorité dans l'assemblée sortante aux islamistes du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP). Le MSP avait quitté ce groupement en janvier pour constituer l'Alliance de l'Algérie Verte (AVV) avec deux autres formations islamistes Al-Islah (Réforme) et Ennhada (Renaissance), ne remportant que 48 sièges lors du scrutin de jeudi.

Moins de 60 sièges

L'ensemble des formations islamistes en lice, dont l'AVV, totalisent 59 sièges, au lieu de 66 comme initialement annoncé. L'AVV a dénoncé dans un communiqué parvenu à l'AFP, avant l'annonce des résultats par le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia, «une grande manipulation» du scrutin et une «exagération illogique» des chiffres rendus publics «en faveur des partis de l'administration».

Cette «pratique» risque d'»expose(r) le peuple à des dangers dont nous n'assumons pas la responsabilité», ont ajouté trois des partis réunis au sein d'une alliance islamiste. «Le peuple en 1991 a voté une sanction contre le FLN, en 2012 c'est un vote refuge en faveur du FLN», a déclaré le ministre. Il faisait allusion à la victoire promise au Front Islamique du Salut (FIS) aux élections de 1991 si elles n'avaient pas été interrompues par les militaires. Le pays a ensuite basculé dans une guerre civile qui a fait près de 200'000 tués.

La France, ex-puissance coloniale, a estimé de son côté que les législatives s'étaient «globalement déroulées dans le calme et sans incident majeur», sans toutefois commenter les accusations de «manipulation» lancées par les islamistes. L'UE, qui a envoyé 150 des 500 observateurs étrangers présents dans le pays, a évoqué des conditions «généralement satisfaisantes sauf de petits incidents très limités».

Après le Printemps arabe

Le scrutin de jeudi est intervenu dans la foulée des réformes du président Abdelaziz Bouteflika pour éviter un Printemps arabe dans son pays. L'Algérie avait connu en janvier 2011 un pic des émeutes, ayant fait cinq tués et plus de 800 blessés puis des manifestations sociales. Le Front des Forces Socialistes (FFS) du leader historique Hocine Aït Ahmed a remporté 21 sièges, surtout en Kabylie, talonné par le Parti des Travailleurs (PT, extrême gauche) avec 20 sièges.

Le FFS avait pourtant boycotté la vie électorale pendant plus de dix ans tandis que son rival en Kabylie, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a, lui, boycotté le scrutin. Le taux de participation au scrutin de jeudi a été revu légèrement à la baisse à 42,36 % des 21 millions d'électeurs, contre 42,9 % annoncés jeudi soir. Ce taux avait atteint 35,67 % en 2007.

La presse officielle ne cachait pas vendredi sa joie au vu du taux général de 42,9 %, supérieur à celui du dernier scrutin (35,67 %), mais le camp du boycott dirigé par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) conteste ce pourcentage. Pour le nouveau président du RCD Mohsen Belabbès, les autorités ont «gonflé la participation» qui n'a pas dépassé selon ses estimations «18 %».

(ats)