Proche-Orient

09 juillet 2014 06:02; Act: 09.07.2014 06:21 Print

Le Hamas cible «tous les Israéliens»

Au moins 27 Palestiniens ont été tués mardi à Gaza dans une offensive israélienne. Le Hamas islamiste a visé plusieurs grandes villes israéliennes et Israël se dit prêt à une attaque terrestre contre le territoire palestinien.

storybild

Israël a bombardé à la roquette, mardi. (Photo: AFP/Jack Guez)

Sur ce sujet
Une faute?

Les sirènes d'alerte ont retenti à Tel Aviv et Jérusalem. Une roquette a été interceptée dans la première par le système de défense antimissile, selon l'armée. Et trois explosions ont été entendues dans la seconde, selon des journalistes sur place.

Les autorités israéliennes ont ouvert tous les abris anti-aériens dans ces deux villes. Le Hamas a lui revendiqué ces tirs de roquette, ainsi que ceux sur Haïfa.

Une explosion a eu lieu à 10 km au sud-ouest de Jérusalem. La police n'a évoqué ni blessé ni dégât dans cette région.

Au total, quatre combattants palestiniens, arrivés de Gaza par la mer, ont eux été tués dans la soirée par les forces israéliennes alors qu'ils tentaient d'attaquer une base militaire du sud d'Israël, selon l'armée qui a fait état d'un soldat blessé.

Revendiquée par le Hamas

Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, bras armé du Hamas, ont revendiqué l'opération d'infiltration, affirmant avoir aussi tiré «10 roquettes Katioucha» contre la base de Zikim, sur la côte sud israélienne, sans faire état de pertes dans leurs rangs.

Depuis le début de son opération «Protective Edge» («Bordure protectrice») lundi à minuit, l'aviation israélienne a effectué des dizaines de raids sur l'enclave palestinienne, contrôlée sur le plan sécuritaire par le Hamas. Au total, ces attaques ont fait 23 morts et plus de 100 blessés.

La frappe la plus meurtrière a touché en début d'après-midi une maison à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, faisant huit tués, dont un enfant de huit ans et deux adolescents, ainsi que 25 blessés, a expliqué à l'AFP le porte-parole des services d'urgences Achraf al-Qoudra.

Le Hamas a dénoncé un «crime de guerre horrible» et assuré que «tous les Israéliens» étaient désormais «des cibles légitimes».

Plus de 100 tirs par les Palestiniens

Des membres de la famille des victimes d'une des frappes ont identifié parmi les tués Mohammed Shaaban, 32 ans, un haut commandant des brigades Ezzedine al-Qassam. Il était aussi selon eux le responsable des opérations navales du groupe.

L'armée israélienne a confirmé avoir visé Mohammed Shaaban, évoquant un «agent important du Hamas».

Selon l'armée israélienne, 120 roquettes ont été tirées mardi sur le sud d'Israël - 23 ont été interceptées par la défense antimissile et les autres n'ont pas fait de victime - tandis que l'aviation a ciblé 150 «sites terroristes» à Gaza.

L'opération a été déclenchée à la suite de dizaines de tirs de roquettes lundi soir contre le sud d'Israël, qui ont été revendiqués par les Brigades Ezzedine al-Qassam, après le décès de cinq de leurs combattants dans de précédents bombardements israéliens.

Mise en garde lancée par Netanyahu

Israël examine toutes les options, «y compris une invasion terrestre» du territoire palestinien, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, cité par son entourage. Le cabinet de sécurité, présidé par M. Netanyahu, a d'ailleurs autorisé mardi le rappel de 40'000 réservistes.

Des renforts ont déjà été déployés aux abords de Gaza et des journalistes de l'AFP sur place ont vu des chars et des transports de troupes blindés acheminés à la frontière.

Cette nouvelle spirale de violences a été enclenchée le 12 juin par l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif la semaine dernière.

Demande lancée par Abbas

La Maison Blanche a condamné «fermement» les tirs de roquettes de Gaza tout en se disant inquiète pour les civils pris sous les feux du Hamas comme d'Israël.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également dénoncé les attaques à la roquette et appelé de nouveau les deux camps à «exercer le maximum de retenue».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exigé qu'Israël mette fin immédiatement à son attaque, demandant à la communauté internationale d'intervenir. Le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh a lui appelé «à l'unité palestinienne sur le front politique et sur le terrain».

Considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne, le Hamas a signé en avril avec M. Abbas un accord de réconciliation.

(afp)