04 juillet 2019 15:03; Act: 04.07.2019 15:16 Print

Le Kosovo interdit d'accès des chefs serbes

Pristina a pris cette décision en raison d'une «propagande constante et des informations erronées» contre le Kosovo de la part de Belgrade.

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Dix ans après l'indépendance du Kosovo, les relations entre Belgrade et Pristina sont toujours exécrables. (Photo: Keystone)

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Le Kosovo a interdit aux responsables serbes l'accès à son territoire en raison d'une «propagande constante et des informations erronées» à son encontre de la part de Belgrade, a annoncé le Ministère kosovar des affaires étrangères. Il s'agit du dernier développement en date dans la tension entre les deux pays.

«Le Ministère des affaires étrangères n'acceptera la présence d'aucun responsable serbe et toutes les demandes seront refusées tant que durera cette attitude», a déclaré jeudi sur Facebook Jetlir Zyberaj, conseiller auprès du Ministère kosovar. Cette mesure répond à une «propagande constante et à des informations erronées sur le pays et nos citoyens».

Crise fomentée

Le responsable kosovar a accusé notamment Belgrade de fomenter «une crise soit-disant humanitaire dans le nord du Kosovo, qui menace la population serbe» résidant dans le secteur.

Le nord du Kosovo, où réside une proportion notable de Serbes restés fidèles à Belgrade, proteste contre des tarifs douaniers qui ont interrompu l'acheminement de marchandises serbes dans la région.

Belgrade estime que la hausse de 100% de ces tarifs douaniers sur les marchandises serbes a conduit à des carences de produits alimentaires et de médicaments dans la région.

Pristina rétorque que la Serbie «instrumentalise» cette crise, soulignant que les produits alimentaires kosovars sont largement disponibles dans la région et que des points de vente spéciaux pour ces produits et d'autres sont à disposition.

Visites régulières

Alors que les responsables kosovars ne se rendent pratiquement jamais en Serbie, les responsables serbes, en particulier ceux en charge du Kosovo, vont régulièrement dans l'ancienne province serbe, pour y rencontrer les communautés serbes qui y vivent.

Vingt ans après la fin de la guerre et le départ des forces serbes du Kosovo, et dix ans après l'indépendance du Kosovo, les relations entre Belgrade et Pristina sont toujours exécrables.

Une normalisation est cependant incontournable s'ils veulent progresser vers une adhésion à l'Union européenne, à laquelle ils aspirent tous les deux.

Le Kosovo déclare qu'il est hors de question de supprimer les tarifs douaniers tant que Belgrade ne reconnaîtra pas son indépendance. La Serbie répond qu'elle refuse toute discussion tant que ces tarifs ne seront pas levés.

(nxp/ats)