Conflit syrien

20 avril 2019 13:59; Act: 20.04.2019 14:03 Print

Le Kosovo rapatrie 110 ressortissants de Syrie

Avec l'aide des Etats-Unis, les autorités kosovares ont rapatrié des femmes qui avaient accompagné leurs conjoints combattre pour Daech.

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Une trentaine de femmes et plus de septante enfants ont été ramenés au Kosovo. (Photo: AFP)

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Les autorités kosovares ont rapatrié samedi de Syrie 110 personnes, essentiellement des femmes qui avaient suivi leurs compagnons enrôlés dans les rangs des djihadistes et leurs enfants ainsi que quatre combattants, a annoncé le ministre kosovar de la Justice, Abelard Tahiri.

«Aujourd'hui, dans les premières heures de la matinée, une opération très sensible et importante a été conduite avec l'aide des Etats-Unis, dans laquelle le gouvernement du Kosovo a rapatrié 110 ressortissants de la zone de guerre en Syrie», a déclaré M. Tahiri à la presse.

Il s'agit de «quatre (ressortissants) qui étaient combattants, de 32 femmes et de 74 enfants, dont neuf qui ont perdu leurs parents dans la guerre», a précisé le commandant de la police kosovare, Rashit Qalaj.

Ils ont été rapatriés par un avion qui s'est posé dans la nuit à l'aéroport de Pristina. Ces personnes «méritent une réhabilitation et l'espoir d'une vie paisible et loin des conflits», a ajouté le ministre de la Justice.

300 combattants

Le rapatriement de proches de djihadistes a suscité des controverses dans plusieurs pays concernés. Egalement très touchée par le phénomène, la France avait rapatrié mi-mars cinq enfants après des semaines d'atermoiements dans un contexte d'hostilité de l'opinion publique face à de tels retours.

Le Kosovo, à 90% musulman, est en proportion de sa population (1,8 million), le pays européen ayant fourni le plus fort contingent de combattants djihadistes en Irak et en Syrie.

Selon les estimations officielles, quelque 300 Kosovars sont allés combattre en Syrie et en Irak. Environ 70 y auraient perdu la vie, tandis qu'environ 120 en sont revenus pour être la plupart du temps emprisonnés. Environ 35 combattants seraient toujours en Syrie, a précisé samedi le chef de la police kosovare Reshat Qalaj.

Proche allié des Etats-Unis, le Kosovo a durci en 2015 sa législation en prévoyant des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison pour ses ressortissants qui partent combattre à l'étranger.

Retour d'un djihadiste bosnien

De son côté, la Bosnie-Herzégovine a annoncé samedi le rapatriement d'un djihadiste. Une source du parquet à Sarajevo ayant requis l'anonymat a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'Ibro Cufurovic, 24 ans, parti en Syrie en 2013.

C'est une figure connue parmi les ressortissants des Balkans partis combattre dans les rangs de l'Etat islamique. Il compte parmi les quelque 25 ressortissants bosniens recherchés par Interpol pour leur participation aux conflits en Syrie ou en Irak dans les rangs des groupes djihadistes.

Le père d'Ibro Cufurovic a accusé un imam radical, ancien leader de la mouvance islamiste en Bosnie, Husein Bosnic, dit Bilal, d'avoir recruté son fils. Bosnic a été condamné en 2015 à sept ans de prison pour «terrorisme», reconnu coupable d'avoir encouragé ses adeptes à aller combattre en Syrie et en Irak.

Enfants de djihadistes

Selon diverses estimations, un millier d'islamistes originaires des Balkans sont partis à partir de 2012 pour combattre dans les rangs du Front al-Nosra ou du groupe État islamique. L'Albanie, le Monténégro, la Macédoine et la Serbie sont aussi concernés. Quelque 200 hommes ont été tués sur le front, tandis que 300 sont revenus dans les Balkans, souvent pour y être emprisonnés.

Nul ne connaît avec certitude le nombre d'enfants de djihadistes étrangers bloqués en Syrie. L'ONG Save The Children a évoqué un chiffre de plus de 3500 originaires d'une trentaine de pays dans les camps de déplacés.

(nxp/ats)