Italie

22 août 2019 19:08; Act: 22.08.2019 20:47 Print

Le M5S prêt pour «une majorité solide»

Le chef du M5S a énuméré jeudi dix points de programme impératifs à respecter par une nouvelle majorité.

storybild

Luigi Di Maio est le leader du Mouvement 5 Etoiles. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le suspense continue en Italie: le Mouvement 5 Etoiles (anti-système) s'est dit prêt jeudi à négocier pour former une nouvelle majorité, autour d'un programme en 10 points mais sans dire avec quels autres partis. Une posture qui ouvre la voie à de longues tractations.

«Nous avons lancé toutes les discussions nécessaires pour trouver une majorité solide au service des citoyens», a déclaré Luigi di Maio, le chef du M5S. Celui-ci a été le dernier groupe politique à rencontrer le président Sergio Mattarella.

Le chef de l'Etat, seul capable de résoudre la crise déclenchée par l'explosion mardi du gouvernement formé par le M5S et la Ligue de Matteo Salvini, a accordé un nouveau délai jusqu'à mardi aux formations pour trouver une majorité. «Mardi, je tiendrai de nouvelles consultations pour prendre les décisions nécessaires», a déclaré Sergio Mattarella, en soulignant que la seule possibilité était «un gouvernement qui obtienne la confiance (du parlement) sur la base d'un programme».

Toute la classe politique attendait la réponse du M5S à une proposition faite par le Parti démocrate (PD), première force de gauche, pour une nouvelle alliance de gouvernement. Luigi Di Maio a éludé et cherché à replacer le M5S au centre du jeu, soulignant que son mouvement est le premier parti au parlement et dispose d'une majorité relative autour de laquelle bâtir une nouvelle coalition.

«Caprices d'été»

«Les citoyens nous ont demandé en mars 2018 de changer ce pays en profondeur», a souligné Luigi Di Maio, avant d'égratigner, sans le nommer, son ex-partenaire de coalition Matteo Salvini. Il a critiqué «des caprices d'été» à propos de l'annonce abrupte en plein mois d'août par Salvini de la «rupture unilatérale» de leur alliance.

Aux yeux de Di Maio, le M5S ne peut pas retourner aux urnes, car il y a «encore tant de choses à réaliser». Le chef du M5S a énuméré dix points impératifs à respecter par une nouvelle majorité, dont une partie coïncide avec l'offre d'union du PD.

Il a cité en premier la réduction du nombre de parlementaires (à 600 contre 950, un record en Europe) qui attend d'être adoptée en dernière lecture au parlement. Autres revendications: «un budget équitable», avec l'instauration du salaire minimum, des aides aux familles, des baisses d'impôts pour les entreprises et un plan d'investissement pour le Sud.

Le vice-premier ministre sortant n'a pas mentionné l'Europe, alors que le PD lui a demandé «une confirmation de la vocation européenne de l'Italie», parmi cinq conditions «non négociables».

Eviter un suicide politique

Le M5S, né du rejet de la vieille classe politique, a fondé une partie de son succès sur ses critiques envers l'Europe. Mais, pour cette formation tombée de 32% aux législatives de 2018 à environ 15-16% des intentions de vote, un scrutin anticipé serait un suicide, selon les analystes. Les tractations promettent donc d'être longues.

Avant les Cinq Etoiles, Matteo Salvini était monté au Quirinal pour réitérer sa demande d'élections immédiates. «La voie royale ne peut pas être celle de jeux de pouvoirs, de manoeuvres de palais, c'est celle des élections». L'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, patron de Forza Italia (centre-droit), a appelé pour sa part à établir une «majorité parlementaire de centre-droit».

Si cela s'avérait impossible, «la seule voie maîtresse serait celle des élections» où une droite rassemblant Forza Italia, La Ligue et les Frères d'Italie pourrait recueillir plus de 50% des suffrages. Le «Cavaliere» n'a pas directement évoqué la proposition de Romano Prodi - ancien président de la Commission européenne et ex-premier ministre - de former une majorité gauche-droite et pro-européenne, à la manière des «grandes coalitions» allemandes.

Mais il a mis «en garde contre un exécutif qui serait le fruit d'une majorité improvisée, qui n'existerait qu'au parlement, une majorité qui ne respecterait pas la majorité des électeurs italiens».

Une femme?

La perspective d'un scrutin anticipé à l'automne n'enchante guère le président Mattarella car la troisième économie de la zone euro, endettée et dont la croissance est à l'arrêt, devrait affronter, au même moment, la délicate élaboration du budget 2020.

Si une majorité se dégage, il faudra aussi trouver une personnalité pour diriger le gouvernement. Un nom aurait les faveurs du président, celui de Marta Cartabia, une novice en politique de 56 ans, vice-présidente de la Cour constitutionnelle, au profil de médiatrice et ouvertement proeuropéenne. Ce serait une première pour l'Italie, qui n'a jamais été dirigée par une femme.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • réalité le 22.08.2019 19:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la politique

    normal, car s'il va au vote ,il perd 50% de son électorat. la politique est partout la même garder leur siège au chaud et se moque du peuple et des électeurs

  • giof le 22.08.2019 20:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Italie ingouvernable

    Ils savent très bien que s'ils vont aux elections ils vont faire le jeux de Salvini. Ils préfèrent s'allier avec n'importe qui , plutôt que de laisser le gouvernement, sources de revenus conséquents sans beaucoup travailler. Mais même avec la gauche ça sera un gouvernement boiteux, ssns une majorité nette et avec un programme qui s'oppose sur tout. Les elections seront obligatoires et les italiens vont les renvoyer à leur études.

  • Luca le 22.08.2019 19:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dommage pour l'Italie

    Encore une fois l'Italie va sombrer dans cette EU... Salvivi avait les yeux ouverts. C'est bien de reprendre le lead au lieu de s'incliner sous la dictature de Bruxelles.

Les derniers commentaires

  • La Taupe le 23.08.2019 04:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La cène

    ...quand je vois au New's des papis regretter le « Duce » ...ça en dit long sur la remise en question à faire au sein de cette Europe affairiste et technocrate. Ce genre d'idéologie ne peut se rependre que quand les conditions le permettent.... comme les cafards du reste... reviendrait on aux bonnes vielles guerres? juste histoire de relancer la machine? .. l'Europe avec l'Allemagne et la France en tête a été irresponsable dans la crise migratoire en Italie.. allez, café et l'addition maintenant!

  • Patgva le 22.08.2019 23:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dommages

    Bonne chance pour trouver un semblant de majorité. C'est dommage car les italiens méritent mieux que ça

  • Jacko le 22.08.2019 22:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Compromis

    Ici on oublie que les italiens ont aussi voté pour le M5S et d'autres partis. La Ligue n'a pas de majorité. Même en premier parti il faut savoir s'allier et faire des compromis pour former un gouvernement au plus proche de la majorité des italiens.

  • Jo le 22.08.2019 20:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Alliance contre nature

    L'italie dans toute sa splendeur deux parties qui pouvait pas se voir veulent se mettre ensemble pour contrer l'autre le salvini ils décide de faire alliance et leur peuple n'ont rien à dire ou est la dictature je me pose la question

    • mon avis compte le 22.08.2019 21:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jo

      en siuisse avec notre SS nationale

    • Paul Gautier le 22.08.2019 21:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jo

      Ils ont fait une « Macronade », ils ont été à bonne école en France.

    • gabscab le 22.08.2019 21:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jo

      Ce n est pas pire que Salvini et Berlusconi. ce n est que de la politique politicienne

    • trotro le 22.08.2019 22:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @mon avis compte

      T'appelles ça un avis ?

    • mon avis compte le 22.08.2019 22:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @trotro

      à ton avis ?

    • Jee-el le 23.08.2019 03:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jo

      c'est assez juste. mais c'est aussi la situation dans toute l'UE. ce qui est possible, parce que l'affichage G/D est vide de sens et ce qui les lie, c'est Bruxelles. ce qui dirige de fait les pays, ce sont les GOPE émises à Bruxelles et non les gouvernements "nationaux". c'est bien contre ça que se dresse Salvini et qu'il sucite cette levée de boucliers contre lui. observez ce qui se passe en UK, c'est révélateur.

    • zenitude le 30.08.2019 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jo

      sousbles manigance de la UE et du Vatcan Conte est une grenouille de benitier et l'eglise trame toujours

  • Phil Douh le 22.08.2019 20:31 Report dénoncer ce commentaire

    Votations

    C'est génial, tpus ces provos, ces spécialistes, ces récupérateurs, ces analystes de la droite qui n'arrivent pas à montrer une vision avec de l'espoir car cela n'existe pas dans leur camps... cela démontre que la droite droite n'est pas une politique en faveur du peuple mais pour une partie riche qui se défend

    • Joseph le 23.08.2019 00:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Phil Douh

      Oui t'as raison vive le stalinisme !

    • Jee-el le 23.08.2019 03:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Phil Douh

      parce que l'UE est pour les peuples ?