manoeuvres militaires en Corée

20 décembre 2010 07:01; Act: 20.12.2010 11:59 Print

Le Nord préfère ne pas réagir aux «provocations»

La Corée du Sud a effectué lundi de brèves manoeuvres militaires à tirs réels sur une île récemment bombardée par Pyongyang.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Les exercices ont débuté à 14h30 (06h30 suisses) sur l'île de Yeonpyeong, celle-là même qui avait été prise pour cible par l'artillerie nord-coréenne le 23 novembre. L'incident avait fait quatre morts - deux militaires et deux civils.

Tous les habitants de l'île de Yeonpyeong ainsi que ceux des îles voisines ont été invités avant le début des exercices à se rendre dans des abris antiaériens. Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, l'île, située à 12 kilomètres des côtes nord-coréennes, abrite 280 personnes, en plus des militaires.

Le ministère sud-coréen de la Défense a rapporté un moment plus tard que les exercices d'artillerie avaient cessé sur Yeonpyeong, ce qu'un correspondant de Reuters présent sur place a confirmé. Selon ce dernier, le tirs d'artillerie ont duré deux heures.

Retour de l'AIEA

Les autorités nord-coréennes ont choisi de ne pas réagir aux exercices d'artillerie effectués par l'armée sud-coréenne rapporte l'agence de presse nord-coréenne KCNA. «Nous avons estimé qu'il était préférable de ne pas réagir aux provocations militaires», a déclaré le commandement suprême de l'armée nord-coréenne.

La Corée du Nord avait promis un «désastre» si la Corée du Sud ne renonçait pas à ses manoeuvres militaires sur Yeonpyeong. Séoul a placé en alerte sa force aérienne, dans l'éventualité d'une action par la Corée du Nord, a indiqué un porte-parole un ministère de la Défense.

Mais lundi, la Corée du Nord aurait accepté le retour du personnel de l'AIEA dans une centrale nucléaire du pays, après des discussions avec le sénateur américain Bill Richardson, selon la chaîne de télévision CNN. Pyongyang a aussi accepté de «négocier la vente de 12'000 barres récentes de combustible et de les acheminer hors du pays, sans doute vers la Corée du Sud.

La Chine, seul alliée de poids du régime communiste de Pyongyang, a lancé lundi un appel au calme et critiqué implicitement l'action de Séoul. Pékin a déclaré que «nul n'a le droit de susciter ou de prêcher pour un conflit».

Echec à l'ONU

Ces exercices, qui auraient dû normalement commencer samedi, ont été retardés par le brouillard. Ce contretemps a offert à l'ONU l'occasion d'organiser dimanche soir une réunion du Conseil de sécurité pour apaiser les tensions entre les deux Etats de la péninsule.

Après plus de huit heures de négociations, le Conseil s'est séparé sur un constat d'échec. Les cinq membres permanents ne sont pas parvenus à s'accorder sur une condamnation publique de la Corée du Nord comme responsable de la crise.

Selon la représentante américaine Susan Rice, une «large majorité» des 15 membres du conseil a «clairement soutenu une condamnation de l'attaque du 23 novembre», mais «il n'y avait pas d'unanimité sur ce point».

Moscou déçu

Selon des diplomates occidentaux, la Chine et la Russie ont soutenu un communiqué peu clair: un texte qui évite de faire porter la responsabilité de l'incident sur la Corée du Nord mais appelle les deux Etats de la péninsule à faire preuve de retenue.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Japon et la Corée du Sud ont rejeté le texte et ont exprimé leur soutien en faveur d'une résolution désignant Pyongyang comme responsable de la crise. Pékin et Moscou se sont opposées à cette position.

Le représentant russe Vitali Tchourkine, à l'initiative duquel avait été convoquée la réunion sur la crise coréenne, s'est déclaré déçu de l'absence d'accord sur un communiqué commun.

L'île de Yeonpyeong se trouve en mer Jaune, près de la limite maritime fixée par l'ONU après la guerre de Corée. Pyongyang conteste cette limite, estimant qu'elle a été tracée trop au nord.

(ats)