Irak

15. Juli 2014 16:11; Akt: 15.07.2014 16:17 Print

Le Parlement a un président

Les députés irakiens ont élu mardi le président du Parlement. Après une première séance désastreuse et deux reports, ils ont enfin ouvert la voie à la formation d'un gouvernement.

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Les députés ont élu Salim al-Joubouri président du Parlement. (Bild: Keystone/AP/Hadi Mizban)

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Les députés ont élu Salim al-Joubouri président du Parlement, un poste traditionnellement occupé par les sunnites. Ce député de Diyala, dans l'est du pays, qui se présentait sur une liste indépendante, a remporté 194 des 273 votes, a annoncé le président par intérim de l'assemblée Mahdi Hafez.

Cette annonce représente une étape majeure, la classe politique irakienne étant minée par de profondes divisions, malgré le défi représenté par l'offensive jihadiste.

Plusieurs capitales étrangères, l'ONU ou encore le grand ayatollah Ali al-Sistani, plus important dignitaire chiite du pays, avaient mis en garde contre le «chaos» si les députés ne parvenaient pas à dépasser leurs divisions.

Président et Premier ministre

Les députés doivent désormais élire le président de la République, qui désignera ensuite le Premier ministre. Selon une règle non écrite, la présidence de la République revient à un Kurde et le poste de Premier ministre revient à un chiite (communauté majoritaire).

Le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis huit ans et dont le bloc est arrivé largement en tête du scrutin du 30 avril, a déjà prévenu qu'il n'entendait pas céder la place.

Il a été vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite. Toutefois aucune figure à même de rassembler davantage n'a émergé pour le moment.

Assaut contre Tikrit

Dans le même temps, les forces de sécurité ont lancé un assaut contre Tikrit (nord), tenue par des insurgés depuis le 11 juin. Elles ont repris la partie sud de la ville, dans une des rares avancées réalisées sur le terrain depuis la fulgurante offensive des insurgés lancée le 9 juin.

Un colonel de l'armée a indiqué que l'académie de police et un hôpital avaient été repris. Ahmed Abdoullah Joubouri, le gouverneur de la province de Salaheddine, dont Tikrit est le chef-lieu, a confirmé ces informations. Il a ajouté que les forces gouvernementales s'étaient aussi emparées du siège du gouvernorat.

Les forces armées avaient lancé il y a plus de deux semaines une contre-offensive pour reprendre Tikrit, mais elles étaient restées enlisées au sud de la ville.

Ressaisissement

Le début de l'offensive des insurgés menés par les jihadistes radicaux de l'Etat islamique (EI), avait été marqué par la débandade des forces de sécurité qui ont semblé depuis se ressaisir. Ils n'ont néanmoins pas réellement à reprendre la main sur le terrain.

Pour aider Bagdad, les Etats-Unis ont déployé quelque 220 conseillers militaires, qui se concentrent pour le moment sur l'examen des forces irakiennes. Ils ne prodiguent pas encore de conseils tactiques.

Ces conseillers ont transmis au Pentagone un audit, a annoncé ce dernier sans en révéler le contenu. Mais selon le New York Times, ce document met en garde contre les risques d'infiltration de l'armée irakienne par des sunnites extrémistes et de soldats chiites soutenus par l'Iran.

Capacité de défendre Bagdad

Les conseillers avancent par ailleurs que les troupes irakiennes ont la capacité de défendre Bagdad mais pas nécessairement de tenir toute la ville en cas d'attaque majeure.

La situation dans le pays, déjà rendue critique par l'offensive jihadiste, est aggravée par les volontés indépendantistes affichées par la région autonome du Kurdistan, qui a profité de l'avancée des insurgés pour prendre le contrôle de territoires disputés avec Bagdad.

(sda)