France

17 décembre 2015 10:10; Act: 18.12.2015 08:31 Print

Le Pen «ne savait pas que c'était James Foley»

La présidente du Front national a annoncé jeudi qu'elle ne savait pas qu'elle avait publié une image du journaliste James Foley, exécuté par le groupe Etat islamique.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a retiré jeudi de son compte Twitter la photo du corps décapité du journaliste américain James Foley, qu'elle avait postée la veille avec deux autres photos d'exactions du groupe Etat islamique.

«Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée», a déclaré à l'AFP la présidente du FN. Marine Le Pen avait posté ces trois photos pour protester contre le «parallèle ignoble» avec son parti établi selon elle par un journaliste.

Les parents de James Foley se sont indignés mercredi de la publication de cette photo et ont appelé la dirigeante d'extrême droite à la retirer immédiatement. «Nous sommes profondément choqués par l'utilisation qu'est faite de Jim pour le bénéfice politique de Le Pen et nous espérons que la photo de notre fils, ainsi que deux autres images explicites, seront retirées immédiatement», ont écrit John et Diane Foley dans un communiqué.

Attend-elle d'autres plaintes?

Les deux autres photos, dont celle de l'exécution d'un pilote jordanien brûlé vif en début d'année par les jihadistes, étaient toujours accessibles sur le compte Twitter de Marine le Pen jeudi matin. La justice française a ouvert mercredi une enquête pour «diffusion d'images violentes», à la suite du signalement de ces clichés par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à la direction de la police judiciaire.

«Toute cette opération vise à faire oublier le début de cette affaire», à savoir qu'un «certain nombre de personnes se sont autorisées à faire des comparaisons scandaleuses, ignobles, entre Daech (acronyme arabe de l'EI) et Front national», a réagi Mme Le Pen. «Il n'est pas question pour moi de laisser les électeurs du FN être comparés à une organisation de barbares, d'assassins. Je ne laisserai jamais passer ce genre de choses. Avec le FN, tout n'est pas permis! Malheureusement, la publication de ces photos horribles était le seul moyen de taper un grand coup sur la table», a ajouté la députée européenne.

(nxp/afp)