Thaïlande

29 décembre 2008 13:54; Act: 29.12.2008 14:40 Print

Le Premier ministre contraint de reporter son discours

La crise politique en Thaïlande a connu un nouvel épisode lundi.

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Des milliers de manifestants favorables au dirigeant déchu Thaksin Shinawatra, ont contraint le nouveau Premier ministre Abhisit Vejjajiva à reporter son premier discours devant le Parlement.

«Le président du Parlement a décidé de reporter la session (parlementaire) à demain (mardi)», a déclaré M. Abhisit lors d'une conférence de presse au siège du Parti démocrate qu'il dirige.

«Le gouvernement entend toujours prononcer son discours demain afin que nous puissions aller de l'avant et gouverner le pays», a-t-il assuré.

Elu le 15 décembre, M. Abhisit, dont le parti était jusque-là dans l'opposition, devait prononcer lundi son discours de politique générale à l'occasion d'une session extraordinaire du Parlement.

Mais cette session, qui devait commencer dans la matinée a été repoussée à deux reprises de plusieurs heures, avant que le Premier ministre n'annonce son report à mardi.

Selon la police, 9000 manifestants pro-Thaksin, vêtus de rouge, ont bloqué tôt lundi les avenues menant au Parlement, ainsi que les principaux accès au complexe, pour exiger la dissolution de la Chambre des représentants et la tenue de nouvelles élections.

Trois mille policiers mobilisés

La veille, ils avaient été 20'000 selon la police, 50'000 selon les organisateurs, à se rassembler sur une place de Bangkok en prévision de l'épreuve de force au Parlement.

Plus de 3000 policiers non armés avaient été mobilisés pour faire face au défi des «chemises rouges», ces partisans de M. Thaksin qui ont succédé dans les rues aux «chemises jaunes», militants royalistes ayant occupé les aéroports de Bangkok il y a un mois et précipité la chute du précédent gouvernement.

Le président du Parlement Chai Chidchob a précisé que le Premier ministre avait repoussé son discours pour éviter une répétition des violences du 7 octobre autour du Parlement, où la police avait fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants royalistes, faisant deux morts et 478 blessés.

A l'époque, le Premier ministre était Somchai Wongsawat, beau- frère de M. Thaksin, qui a été contraint à la démission le 2 décembre.

Pas d'usage de la force

Le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban a «confirmé que (les autorités) n'utiliseraient pas la force pour disperser le rassemblement».

Né au Royaume-Uni et diplômé d'Oxford, M. Abhisit, 44 ans, chef du Parti démocrate, a été élu Premier ministre par une majorité de députés à la faveur d'un renversement d'alliance parlementaire consécutif à la dissolution par la justice du Parti du pouvoir du peuple (PPP) des lieutenants de M. Thaksin.

Mais ses adversaires ne cessent de souligner qu'il ne dispose pas d'un mandat du peuple.

(ats)