Haïti

14 juillet 2018 22:52; Act: 14.07.2018 23:04 Print

Le Premier ministre haïtien a démissionné

Les violences meurtrières, consécutives à la décision du gouvernement d'augmenter le prix de l'essence, ont poussé Jack Guy Lafontant à quitter son poste.

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Le premier ministre a jeté l'éponge après la vague de violence déclenché par sa tentative d'augmenter le prix des carburants. (samedi 14 juillet) (Photo: AFP)

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Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a abruptement annoncé sa démission samedi, une semaine après des violences meurtrières. Celles-ci avaient été déclenchées par une tentative du gouvernement d'augmenter les prix des carburants.

«Avant de venir ici, j'ai remis ma démission au président de la République. (...) Le président de la République a accepté ma démission et, comme je vous dis, je suis au service de la République», a déclaré Jack Guy Lafontant, devant la Chambre des députés.

Accompagné de l'ensemble de ses ministres, le chef du gouvernement était présent à la Chambre des députés. Les parlementaires exigeant son départ du pouvoir l'avaient convoqué.

Alors qu'encore vendredi, il signalait via le réseau Twitter son refus de démissionner, Jack Guy Lafontant a finalement annoncé son départ du pouvoir au cours de la séance. Il s'est ainsi épargné un vote de sanction de la part des députés.

Violences

Plusieurs centaines de manifestants ont par ailleurs défilé samedi dans les rues de la capitale Port-au-Prince pour exiger le départ du Premier ministre mais aussi du président Jovenel Moïse. Cette démission met un terme à une semaine de tension politique et sociale, après la vague de violences qu'a connue le pays les 6, 7 et 8 juillet. Vendredi dernier, le gouvernement avait annoncé la hausse des prix de l'essence de 38%, du gazole de 47% et du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit. Les principales villes et routes d'Haïti ont alors été hérissées de barricades, paralysant toute activité.

La violence a été la plus vive dans la capitale Port-au-Prince, proie d'incendies volontaires et de pillages durant le week-end, causant la mort d'au moins quatre personnes. Le gouvernement est revenu sur sa décision moins de 24 heures après son annonce mais, choqués par l'absence de réponse politique aux violences, plusieurs secteurs de la société haïtienne ont, dès lundi, exigé la démission de Jack Guy Lafontant.

(nxp/ats)