Attentats de Pâques

22 septembre 2019 12:11; Act: 22.09.2019 12:28 Print

Le Sri Lanka ordonne une nouvelle enquête

Le président srilankais a mis en place une commission d'enquête indépendante après les attentats qui ont fait 258 morts en avril.

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Le Sri Lanka a ordonné dimanche une nouvelle enquête sur les attentats djihadistes de Pâques, qui avaient fait 258 morts et près de 500 blessés, en raison du risque d'ingérence politique dans l'enquête en cours.

Le président Maithripala Sirisena a mis en place une commission d'enquête indépendante, dotée de larges pouvoirs judiciaires. Elle devra recueillir des preuves sur les auteurs présumés de ces attentats et enquêter sur les failles dans le système de sécurité et de renseignement.

Les cinq membres de cette commission, présidée par un juge de la Cour d'appel et composée de trois autres magistrats et d'un fonctionnaire à la retraite, devront présenter leurs recommandations d'ici trois mois.

Les attentats du 21 avril, qui avaient visé des églises en pleine messe et des hôtels de luxe, ont été revendiqués par une organisation djihadiste, locale et l'organisation Etat islamique.

Enquête boycottée

Cette nouvelle enquête a été décidée après que l'Eglise catholique sri lankaise a émis des doutes concernant l'indépendance des enquêtes parlementaire et policière. L'enquête parlementaire, menée par un échantillon représentatif de députés, est boycottée par de nombreux députés de l'opposition. Selon eux, elle serait instrumentalisée par les partis afin d'éviter qu'ils soient tenus responsables pour n'avoir pu empêcher les attentats. Le président Maithripala Sirisena, qui est également ministre de la Défense et de l'Intérieur, a témoigné dans le cadre de l'enquête parlementaire.

La commission parlementaire a également entendu le chef des renseignements, le chef de la police et le responsable du ministère de la Défense. Ils ont accusé le président d'avoir négligé les questions de sécurité nationale.

Des alertes avant les attaques

Le chef de l'Etat a nié ces accusations et limogé le secrétaire à la Défense et le chef des renseignements, les accusant de ces défaillances. Le chef de la police a également été suspendu. Ce dernier devrait être jugé au côté de l'ex-responsable du ministère de la Défense pour «graves crimes contre l'humanité», pour ne pas avoir réussi à empêcher les attentats-suicides.

Dix jours avant les attentats, l'ex-chef de la police avait averti que le mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), auteur des attentats, pourrait s'en prendre à des églises et à d'autres lieux.

(nxp/afp)