Eglise

07 janvier 2013 16:03; Act: 07.01.2013 16:13 Print

Le Vatican réagit contre des propos sur les juifs

Le Vatican s'insurge lundi contre les propos de Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité intégriste Saint-Pie-X, qui a évoqué les juifs «ennemis de l'Eglise».

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Les propos de Mgr Bernard Fellay ont été condamnés vigoureusement par le Saint-Siège. (Photo: Keystone)

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Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité intégriste Saint-Pie-X (FSSPX), a récemment défini les juifs comme des «ennemis de l’Eglise»: des propos condamnés vigoureusement par le Saint-Siège, qui juge lundi «impossible» de formuler un tel jugement, mettant en relief la «profondeur» des liens entre Rome et le judaïsme.

Le père Federico Lombardi, son porte-parole, a assuré à l'agence d'informations sur le Vatican I.MEDIA que l’Eglise était «profondément engagée dans le dialogue» et que la position du Saint-Siège sur la question était «claire» et «bien connue».

Visites des souverains

Elle est exprimée non seulement dans la déclaration conciliaire «Nostra Aetate» sur les rapports de l'Eglise avec les autres religions mais aussi à travers les différentes visites des souverains pontifes dans des synagogues, a-t-il rappelé.

«Benoît XVI s’est rendu à la synagogue de Cologne, de New York, de Rome et de Jérusalem», a rappelé le porte-parole.

Le 28 décembre, Mgr Bernard Fellay s'exprimant devant des membres de la FSSPX réunis à New Hamburg (Canada), avait évoqué l’échec apparent des discussions entre la FSSPX et Rome, sur une réintégration de cette fraternité dans l'Eglise. Il avait alors estimé que «les juifs, les francs-maçons, les modernistes» étaient «ennemis de l’Eglise» et parmi les plus opposés «à ce que l’Eglise reconnaisse la fraternité».

Selon Mgr Fellay, ces «ennemis» ont demandé à Rome «d’obliger» la FSSPX à accepter la modernité de Vatican II (1962-1965). A ses yeux, cela montre que le Concile est la «chose» de ces «gens qui sont à l’extérieur de l’Eglise, qui étaient clairement au cours des siècles des ennemis de l’Eglise», et qui tirent un «bénéfice» de Vatican II.

Discussions au point mort

Les discussions entre Rome et la FSSPX sont au point mort depuis plusieurs mois, achoppant précisément sur l'acceptation du Concile.

En novembre, le cardinal suisse Kurt Koch, «ministre» du Saint-Siège chargé des relations avec le judaïsme, avait mis les points sur les i: «Nostra Aetate» est la Magna Carta du dialogue avec les juifs. Il avait souligné les «racines juives du christianisme» et relevé que Nostra Aetate rejetait l'accusation de déicide qui «hélas a été appliquée en bloc aux juifs au cours des siècles», alors même que l'antisémitisme «n'est pas extirpé du monde d'aujourd'hui».

(afp)