Nations unies

17 octobre 2019 21:34; Act: 17.10.2019 22:39 Print

Le Venezuela au Conseil des droits de l'Homme

Malgré de vives critiques, le pays de Nicolas Maduro a été élu au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour une durée de deux ans.

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Basé à Genève, le Conseil des droits de l'Homme a la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits humains. (Photo: Keystone)

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Le Venezuela a obtenu jeudi, malgré les critiques d'ONG et de pays latino-américains, un siège au Conseil des droits de l'Homme pour la période 2020-2022, lors d'une élection organisée par l'Assemblée générale des Nations unies.

Deux sièges pour l'Amérique latine

Caracas, qui a qualifié d'«importante réussite» son élection, a remporté 105 voix lors de ce scrutin marqué par des applaudissements à l'annonce du résultat du Venezuela. Une majorité de 97 voix sur les 193 membres des Nations unies était nécessaire pour l'emporter.

Deux sièges étaient à pourvoir pour l'Amérique latine. Le Brésil a obtenu le deuxième avec 153 voix. Le Costa Rica, qui avait tenté de faire barrage au Venezuela, n'a eu que 96 voix lors du scrutin qui s'effectuait à bulletin secret.

«Quand on est en accord avec ses principes, il n'y a pas de défaite possible», a réagi sur Twitter le président du Costa Rica, Carlos Alvarado, en remerciant les pays ayant voté en sa faveur. Le Costa Rica n'avait déclaré sa candidature qu'à la dernière minute, début octobre.

Lors d'une conférence de presse, le chef de la diplomatie chilienne, Teodoro Ribera, a fait part de sa déception. «Nous regrettons profondément cette élection, le gouvernement de Maduro ne mérite pas ce siège et il n'a pas les compétences pour l'occuper», a-t-il dit.

Dans le monde, une cinquantaine de pays - dont les Etats-Unis, une partie de l'Amérique latine et de l'Europe - jugent illégitime la présidence de Nicolas Maduro et soutiennent son opposant Juan Guaido. Nicolas Maduro garde cependant de gros soutiens, venant notamment de la Russie et de la Chine.

«Une candidature cynique»

L'élection du Venezuela «est une gifle» dans ce pays mais aussi pour le monde entier, a réagi Philippe Bolopion de l'ONG Human Rights Watch qui avait fait campagne contre la candidature de Caracas avec une cinquantaine d'autres ONG internationales ou vénézuéliennes. «C'est décourageant de voir une candidature cynique entacher la crédibilité du Conseil des droits de l'Homme», a-t-il déclaré à l'AFP.

Fin septembre, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU avait décidé de créer un groupe d'experts chargés d'enquêter sur les violations des droits humains commises au Venezuela depuis 2014, une initiative qualifiée d'«hostile» par Caracas.

Basé à Genève, le Conseil des droits de l'Homme a la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits humains. Ses 47 membres sont renouvelés chaque année pour environ un tiers d'entre eux.

Répartition géographique

L'entrée en fonctions des 14 nouveaux membres élus jeudi est prévue en janvier pour un mandat de trois ans.

Créé en 2006, la composition du Conseil des droits de l'Homme respecte le principe d'une répartition géographique, avec 13 sièges pour l'Afrique, 13 pour l'Asie-Pacifique, 8 pour l'Amérique latine et les Caraïbes, 7 pour l'Europe occidentale et autres et 6 pour l'Europe de l'Est.

Les 12 autres postes qui étaient à pourvoir jeudi ont été attribués comme suit: dans le groupe Afrique à la Namibie (175 voix), la Libye (168 voix), la Mauritanie (172 voix) et au Soudan (175 voix): dans le groupe Europe de l'Ouest à l'Allemagne (174 voix) et aux Pays-Bas (172 voix); dans le groupe Europe de l'est à l'Arménie (144 voix) et la Pologne (124 voix); et dans le groupe Asie et autres, à l'Indonésie (174 voix), au Japon (165 voix, à la Corée du Sud (165 voix) et aux Iles Marshall (123 voix).

(nxp/afp)