Attentats de Pâques au Sri Lanka

26 avril 2019 10:07; Act: 26.04.2019 12:45 Print

Pourquoi le bilan a-t-il été fortement revu à la baisse?

Un précédent bilan concernant les attentats survenus dimanche au Sri Lanka évoquait quelque 360 morts. Un nouveau décompte a été communiqué jeudi.

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Les autorités sri-lankaises ont fortement revu à la baisse jeudi le bilan des attentats de Pâques: 253 personnes ont péri dans le bain de sang et non 359 comme indiqué auparavant. Des corps ont été comptés plusieurs fois.

Dans ces attaques revendiquées par l'organisation État islamique (EI), des kamikazes ont frappé dimanche matin trois hôtels de luxe de la capitale, Colombo, et trois églises chrétiennes bondées en pleine messe de Pâques.

«Victimes terriblement mutilées»

Le personnel médical a achevé l'ensemble des autopsies jeudi soir et a conclu que certains corps de victimes avaient été comptés plusieurs fois, a fait savoir le Ministère de la santé dans un communiqué. «De nombreuses victimes ont été terriblement mutilées (...). Certaines ont été comptées deux fois», a-t-il expliqué.

Les autorités n'ont pas dit comment ce nouveau bilan se répartissait. Auparavant, le Ministère des affaires étrangères avait fait état de 40 étrangers tués. Sur les 485 personnes ayant été hospitalisées pour des blessures, 149 restaient à l'hôpital jeudi soir, selon le ministère.

Les attaques de dimanche demeurent en tout cas les pires que cette île d'Asie du Sud aux 21 millions d'habitants ait connues depuis la fin de la guerre civile, il y a dix ans.

Nouveaux attentats «probables»

Du Royaume-Uni à Israël en passant par les Pays-Bas, plusieurs pays ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre au Sri Lanka ou à quitter le pays s'ils s'y trouvent. L'Australie a jugé vendredi «probable» que de nouveaux attentats y soient commis.

La polémique gronde sur l'incapacité des décideurs sri-lankais à empêcher les attentats suicides en amont. Dans ce contexte, deux hauts responsables ont démissionné. Le plus haut responsable du Ministère de la défense a démissionné jeudi, disant «accepter la responsabilité» de cet échec, a rapporté à l'AFP une source ministérielle.

Vendredi, le président a annoncé la démission du chef de la police. Colombo, qui a reçu l'aide d'une équipe du FBI pour l'enquête sur le carnage, a reconnu une «défaillance» de l'État en matière de sécurité, les autorités n'ayant pas su empêcher ce bain de sang alors qu'elles disposaient d'informations très précises.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n'a pas été communiquée au Premier ministre et à des ministres de haut rang, dans un contexte de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement et le président Sirisena, qui est également ministre de l'Intérieur et de la Défense.

À plusieurs reprises avant les attaques de Pâques, l'Inde a averti le Sri Lanka du risque d'attentats suicides, a rapporté jeudi à l'AFP une source proche du dossier. New Delhi avait mis la main sur des contenus «menaçants», dont des vidéos, lors d'arrestations dans le sud du pays de personnes soupçonnées de liens avec l'EI.

(nxp/20 minutes/ats)