Inde

26 février 2020 06:42; Act: 26.02.2020 09:42 Print

Le bilan des violences augmente à New Delhi

Des émeutiers sèment le chaos dans des zones à majorité musulmane dans la capitale indienne depuis dimanche, faisant au moins 20 morts.

Des heurts entre partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré en affrontements communautaires, entre hindous et musulmans.
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Le bilan des violences intercommunautaires à New Delhi s'élève désormais à 20 morts, a annoncé mercredi à l'AFP un responsable du principal hôpital de la zone touchée, dans le nord-est de la capitale indienne.

«189 personnes sont hospitalisées. Une soixantaine sont blessées par balles», a ajouté Sunil Kumar, responsable médical de l'hôpital GTB. Des émeutiers armés de pierres, de sabres et parfois même de pistolets, sèment depuis dimanche le chaos et la terreur dans des zones périphériques à majorité musulmane, éloignées d'une dizaine de kilomètres du centre.

Des heurts entre partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré en affrontements communautaires, entre hindous et musulmans. Dans de nombreux incidents rapportés par la presse indienne, des groupes armés hindous s'en sont pris à des lieux et à des personnes identifiés comme musulmans. Des vidéos montrent des bandes criant «Jai Shri Ram» («Vive le dieu Ram»).

Pour la soirée de mardi, au terme d'une journée particulièrement meurtrière, la police locale a fait état d'épisodes sporadiques de violence dans le district concerné. «Nous avons eu beaucoup d'appels paniqués mais nous n'avons pas reçu d'informations sur des violences à l'exception d'un quartier en particulier», a dit Alok Kumar, un responsable policier de l'est de Delhi.

«Des balles sont tirées»

Craignant pour leur vie, de nombreux travailleurs migrants abandonnaient leur logement pour retourner à la sécurité de leur village d'origine, a constaté mardi soir un journaliste de l'AFP. «Il n'y a pas de travail (...) Il vaut mieux partir que de rester ici. Pourquoi voudrions-nous mourir ici?», a déclaré un tailleur en chemin pour son village dans l'État voisin d'Uttar Pradesh. «Les gens se tuent les uns les autres. Des balles sont tirées», a-t-il ajouté.

Cette flambée de violence a éclaté au moment de la visite d'État en Inde du président américain Donald Trump, qui s'est achevée mardi par des entretiens avec le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi. Le dirigeant nationaliste hindou est confronté depuis décembre à un vaste mouvement de contestation contre une nouvelle législation qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans.

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population. La loi a provoqué les plus importantes manifestations dans le pays d'Asie du Sud depuis l'arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014.

(nxp/afp)