Législatives en Croatie

05 décembre 2011 07:34; Act: 05.12.2011 17:54 Print

Le centre gauche l'emporte largement

L'opposition de centre gauche a largement remporté les législatives croates dimanche, selon des résultats provisoires.

storybild

Le leader de l'opposition Zoran Milanovic. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

La coalition de centre-gauche Kukuriku, emmenée par le parti social démocrate (SDP) de Zoran Milanovic, a remporté 80 des 151 sièges du parlement, selon des résultats quasi-définitifs des élections de dimanche. L'Union démocratique croate (HDZ), qui dirigeait le pays depuis 2003, et ses partenaires mineurs obtiennent, eux, 47 sièges.

Quelques heures après l'annonce des premiers résultats, Zoran Milanovic, un ancien diplomate de 45 ans, a rejoint ses militants dans un club de Zagreb pour célébrer la victoire du SDP. Mais, selon les analystes, l'euphorie ne devrait être que de courte durée.

«Milanovic a triomphé. Maintenant il doit empêcher la catastrophe», écrit en Une lundi le quotidien «Vecernji List». Le futur chef du gouvernement va devoir préserver l'appréciation des agences de notation, stimuler la croissance, l'emploi et les investissements étrangers.


Au travail tout de suite

Le futur premier ministre a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi que son cabinet s'attellera aussitôt au travail pour redresser l'économie qui a pâti de la crise mondiale au cours des trois dernières années.

«Les citoyens croates nous ont donné leur confiance. Ils nous ont donné la chance de diriger la Croatie, et notre responsabilité est énorme», a-t-il déclaré, ajoutant que «le travail ne fait que commencer».

«Nous ne vous laisserons pas tomber, je le promets. Nous ferons peut-être des erreurs mais nous ne pouvons pas rester sans rien faire», a-t-il encore lancé à ses partisans.


Pas de période de grâce

Le nouveau gouvernement hérite d'une situation économique très délicate. La récession économique qui frappait le pays depuis 2009 s'est interrompue à la mi-2011, mais des analystes prévoient une stagnation pour le moment. Le chômage touche 17,4% de la population active et la dette publique dépasse 100% du Produit intérieur brut (PIB).

Le HDZ a laissé derrière lui «un désert financier et économique», écrit le quotidien «Jutarnji List». «Le SDP va devoir réduire les salaires et les droits sociaux des salariés. Il n'y a pas d'autre solution.»

«Les citoyens ont élu pour la première fois un pouvoir qui n'aura pas droit à une période de grâce de cent jours pour se consolider et pour commencer à prendre des décisions», écrit de son côté le «Vecernji List».

Darko Markusic, analyste du quotidien d'affaires «Poslovni Dnevnik», estime lui aussi que le nouveau cabinet ne pourra pas se permettre une période de grâce. «La crise économique est tellement profonde qu'il est nécessaire d'agir aussitôt (...) et de convaincre très vite les investisseurs étrangers du changement réel de pouvoir et du comportement (du pouvoir) en Croatie», estime-t-il.


Adhésion à l'UE

Cette alternance politique intervient à quelques jours de la signature, vendredi, du traité d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne. Cette adhésion au bloc européen est prévue en juillet 2013.

«Mais la seule adhésion à l'Union européenne ne va pas accélérer l'afflux des investissements étrangers et ne va pas non plus encourager les investisseurs locaux», estime l'analyste Damir Novotny dans le quotidien Vjesnik, affirmant que des «réformes profondes» sont nécessaires.

(ats)