Nucléaire iranien

21 mai 2012 07:21; Act: 21.05.2012 08:47 Print

Le chef de l'AIEA en visite à Téhéran

Yukiya Amano est arrivé lundi matin à Téhéran dans le but de négocier un accord avec les autorités iraniennes sur l'inspection de leurs sites nucléaires.

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Yukiya Amano se veut positif quant à la conclusion d'un accord (Photo: Reuters)

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Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano est arrivé lundi matin à Téhéran. Il veut davantage de coopération sur le dossier nucléaire, avant des négociations cruciales prévues mercredi à Bagdad entre l'Iran et les grandes puissances.

M. Amano a été accueilli à l'aéroport international de Téhéran par Ali Asghar Soltanieh, ambassadeur de l'Iran auprès de l'AIEA. «Je vais à Téhéran dans un état d'esprit positif» car «nous avons réalisé des progrès satisfaisants» avec l'Iran lors des discussions à la mi-mai à Vienne.

«Je crois que c'est le bon moment d'avoir un dialogue direct avec des officiels iraniens», a-t-il déclaré peu avant de quitter Vienne. «Rien n'est certain», mais «je vais à Téhéran avec l'espoir de parvenir à un accord» de coopération avec l'Iran, a-t-il ajouté.

M. Amano est accompagné du numéro deux de l'agence, l'Argentin Rafael Mariano Grossi, et du chef de ses inspecteurs, le Belge Herman Neckaerts. L'AIEA s'est contentée de préciser que les discussions porteraient sur des «sujets d'intérêt commun».

«Bonne volonté»

Le ministre iranien des Affaires étrangères considère la visite de M. Amano comme «un geste de bonne volonté». La rapidité avec laquelle a été organisée la rencontre avec Saeed Jalili, principal négociateur iranien, est considérée comme le signe d'un accord imminent. Les Iraniens espèrent qu'ainsi les pays occidentaux seront incités à alléger leurs sanctions économiques contre Téhéran à l'issue des pourparlers de Bagdad.

Les négociateurs iraniens rencontreront dès mercredi une délégation du «groupe des Six», soit des cinq pays du Conseil de sécurité de l'Onu (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) plus l'Allemagne. Les discussions seront conduites par Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne.

«Purement civil»

La République islamique affirme que son programme nucléaire est purement civil et qu'elle ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire. Les pays occidentaux et Israël pensent le contraire et l'Etat hébreu considère un Iran doté du feu nucléaire comme une menace pour sa propre existence.

Le complexe militaire de Parchin, au sud-est de Téhéran, est notamment soupçonné d'abriter des recherches sur l'arme atomique. Yukiya Amano a prévenu dimanche qu'il ne serait pas question de le visiter lors de sa visite en Iran.

Rencontres précédentes

Deux rencontres entre l'Iran et le chef de l'AIEA ont déjà eu lieu sans grand résultat en janvier et février. Le bon déroulement la semaine dernière de négociations à Vienne, siège de l'AIEA, a ravivé les espoirs de parvenir à un accord.

Même si celui-ci constituerait un progrès, la majorité des observateurs jugent cependant peu probable une levée des sanctions occidentales. Les Etats-Unis et leurs alliés exigent toujours que l'Iran mette fin à son programme d'enrichissement d'uranium, lancé il y a deux ans.

Scepticisme israélien

Les dirigeants du G8 ont accru samedi la pression sur l'Iran. Ils ont laissé entendre qu'ils pourraient puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole si un éventuel durcissement des sanctions contre l'Iran devait en réduire les exportations.

Les Etats-Unis et Israël n'excluent pas de recourir à des bombardements aériens s'ils devaient conclure à l'échec de la voie diplomatique, à propos de laquelle l'Etat hébreu ne cache pas son scepticisme. «Nous ne voyons aucun empressement des Iraniens à abandonner leurs ambitions nucléaires» a déclaré dimanche Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères.

(ats)