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07 avril 2019 23:56; Act: 08.04.2019 08:22 Print

Le chef de l'opposition tacle Justin Trudeau

Andrew Scheer, chef du parti conservateur canadien, a mis le Premier ministre au défi de l'attaquer en diffamation.

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Image d'archive de Justin Trudeau. (Photo: AFP)

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Le chef de l'opposition canadienne a révélé dimanche que Justin Trudeau avait menacé de le poursuivre en diffamation pour ses commentaires sur des allégations d'ingérence politique dans une procédure judiciaire, et a mis le Premier ministre au défi d'aller devant les tribunaux.

Andrew Scheer, chef du parti conservateur, a annoncé lors d'une conférence de presse qu'il avait reçu une lettre de l'avocat de M. Trudeau jugeant «hautement diffamatoire» un communiqué qu'il avait diffusé fin mars, après la publication de nouveaux documents par l'ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

Mme Wilson-Raybould a provoqué la pire crise du mandat de Justin Trudeau en accusant le Premier ministre et son entourage de «pressions inappropriées» et de «menaces voilées» pour qu'elle évite un procès au groupe canadien SNC-Lavalin, accusé de corruption en Libye.

«Tactique d'intimidation»

M. Scheer a dénoncé une «tactique d'intimidation» de la part du Premier ministre. «C'est une nouvelle tentative pour faire taire ceux qui s'opposent à lui et demandent la vérité», a-t-il fustigé. Il a mis au défi le Premier ministre de le poursuivre en justice pour diffamation.

«Si M. Trudeau croit avoir des raisons de m'accuser, je l'invite à immédiatement donner suite à ses menaces», a-t-il déclaré. «Cela mérite d'être entendu dans un cadre juridique où les libéraux ne contrôlent pas les procédures (...). J'ai hâte d'entendre M. Trudeau présenter ses preuves aux Canadiens, sous serment, lors d'une audience publique».

Le bureau du Premier ministre a immédiatement réagi, affirmant que la lettre envoyée par l'avocat de M. Trudeau visait à prévenir les Conservateurs que «les déclarations complètement fausses et diffamatoires entraînent des conséquences». «Dans sa conférence de presse d'aujourd'hui, Andrew Scheer a encore essayé de parler de tout sauf de ses propres plans dommageables pour l'économie», a indiqué un porte-parole de M. Trudeau dans un communiqué.

Les conservateurs en tête des sondages

L'opposition conservatrice, désormais en tête des intentions de vote à six mois des élections législatives, tire à boulets rouges sur le Premier ministre depuis que l'affaire SNC-Lavalin a éclaté début février. M. Scheer a appelé Justin Trudeau à démissionner immédiatement, estimant qu'il n'avait plus l'autorité morale nécessaire, et réclame l'ouverture d'une enquête publique sur ces allégations d'ingérence politique.

Début avril, le Premier ministre, espérant tourner la page de cette affaire qui empoisonne son mandat et menace sa réélection à l'automne, a exclu du parti libéral deux des principales protagonistes du dossier: l'ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould et l'ex-ministre du Budget Jane Philpott.

Ces deux femmes avaient démissionné du gouvernement pour protester contre les pressions dont Mme Wilson-Raybould dit avoir été victime. Depuis leur éviction du parti libéral le 2 avril, les deux députées et anciennes ministres ont multiplié les interventions dans les médias pour expliquer qu'elles avaient agi par «principe» et pour défendre la vérité.

(nxp/afp)