Soudan

12 avril 2019 22:42; Act: 13.04.2019 04:13 Print

Le chef du Conseil militaire démissionne

Awad Ibn Ouf, le chef du Conseil militaire de transition qui dirige le Soudan depuis la destitution jeudi de Omar el-Béchir, a annoncé vendredi sa démission.

Voir le diaporama en grand »
Les porte-paroles de deux camps ont annoncé qu'aucun accord n'avait été trouvé sur la composition du futur Conseil souverain censé assurer la transition. (Mardi 21 mai 2019) Des manifestants ont démantelé à contre-coeur des barricades à Khartoum vendredi et appelé à la reprise des négociations avec l'armée. (17 mai 2019) Les pourparlers sur la transition politique soudanaise ont pris fin mercredi. Les généraux réclament le démantèlement de barricades à Khartoum. (Mercredi 15 mai 2019) L'armée et les représentants de la contestation sont parvenus à un accord sur une période de transition politique devant préparer un transfert du pouvoir aux civils. Un accord a également été trouvé pour la composition de la future assemblée législative. (Mercredi 15 mai 2019) Un militaire et un civil ont été tués lundi soir quand des inconnus ont ouvert le feu sur la foule réunie devant le QG de l'armée. (13 mai 2019) Les leaders de la contestation au Soudan ont accusé mercredi les généraux de chercher à retarder la transition du pouvoir à une autorité civile. Ils ont menacé de lancer un mouvement national de «désobéissance». (Mercredi 8 mai 2019) Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a annoncé que la loi islamique (charia) devrait impérativement rester la source de la législation. (Mercredi 8 mai 2019) Une immense foule s'est réunie devant le QG de l'armée à Khartoum ce jeudi 2 mai 2019. Les dirigeants de la contestation et les chefs de l'armée soudanaise ont convenu samedi d'instaurer une autorité conjointe entre civils et militaires. (Dimanche 28 avril 2019) Militaires et opposition font former un conseil conjoint après avoir obtenu un «un accord sur la plupart des exigences» des civils. (Mercredi 24 avril 2019) Abdel Fattah al-Burhane, nommé vendredi à la tête du Conseil militaire chargé de la transition, a promis la rupture avec le régime Béchir. (Samedi 13 avril 2019) Le chef du Conseil militaire de transition, Awad Ibn Ouf, a présenté sa démission ce vendredi soir. (12 avril 2019) Le général Omar Zinelabidine a déclaré à la télévision que le futur gouvernement sera «un gouvernement civil». (Vendredi 12 avril 2019) Khartoum, les manifestations ont continué. Sure cette pancarte en arabe: «Ne nous volez pas notre révolution». (Vendredi 12 avril 2019) Les manifestants dans les rues pour rejeter le «coup d'Etat du régime» (Vendredi 12 avril 2019) L'armée soudanaise surveille la foule près du QG de l'armée. (Vendredi 12 avril 2019) Des militaires soudanais font le 'V' de la victoire'. (Vendredi 12 avril 2019) Un civil embrasse un militaire au Soudan. (Vendredi 12 avril 2019) Les Soudanais ont manifesté leur joie dans la nuit jeudi soir. (12 avril 2019) Alors que l'armée a décrété le couvre-feu nocturne, ils étaient encore des milliers à être dans la rue jeudi soir pour manifester contre le «coup d'Etat du régime». (11 avril 2019) L'annonce de la destitution d'Omar el-Béchir par le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf. (Jeudi 11 avril 2019) Au pouvoir depuis trois décennies, Omar el-Béchir a été placé en détention. (Jeudi 11 avril 2019) La fête à Khartoum après l'éviction par l'armée du président Omar el-Béchir. (Jeudi 11 avril 2019) Même des membres des forces de l'ordre crient victoire. (Jeudi 11 avril 2019) Une immense foule de Soudanais est rassemblée à Khartoum, dans l'attente d'une «déclaration importante» promise par l'armée à la télévision officielle. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah est devenue l'icône des manifestants qui réclament la démission de Omar el-Béchir. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah harangue la foule Scène de fraternisation L'armée soudanaise a déployé des troupes à Karthoum, au troisième jour de manifestations qui demandent le départ du président Omar el-Béchir. (8 avril 2019) Les manifestants poursuivent leur mouvement de protestation devant le siège de l'armée soudanaise. (Dimanche 7 avril 2019) Les manifestants ont atteint le QG de l'armée dans la capitale Khartoum pour la première fois depuis le début des protestations. (Samedi 6 avril 2019) Huit Soudanais ont été condamnés à de la prison pour avoir bravé l'interdiction de manifester. (Jeudi 28 février 2019) Le président soudanais a interdit les manifestations lundi, mais l'opposition reste déterminée à descendre dans la rue. (25 février 2019) Ce vendredi 22 février 2019, le président soudanais Omar el-Béchir déclare l'état d'urgence pour un an dans tout le pays et limoge le gouvernement. L'ex-premier ministre Sadek al-Mahdi soutient les manifestations demandant le départ de l'actuel président Omar el-Béchir. Ce dernier l'avait destitué lors d'un coup d'État fomenté en 1989. (Vendredi 25 janvier 2019) Des manifestations en l'honneur des victimes de la répression ont été organisées lundi au Soudan. (21 janvier 2019) Un manifestant brandit une banderole avec un slogan très populaire: «liberté, justice et paix». D'autres crient «le peuple veut la chute du régime», le slogan du Printemps arabe de 2011. (Jeudi 17 janvier 2019) Depuis le 19 décembre, 24 personnes sont mortes, selon un bilan officiel. Human Rights Watch et Amnesty International parlent d'au moins 40 morts, dont des enfants et du personnel médical. (Jeudi 17 janvier 2019) Omar el-Béchir harangue une foule de manifestants acheminés en bus dans le grand jardin Green Yard de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Il s'agit de la première manifestation en soutien au président Béchir depuis le début du mouvement de contestation au Soudan le 19 décembre. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir a déclaré: «ce rassemblement envoie un message à ceux qui pensent que le Soudan va finir comme d'autres pays qui ont été détruits».(Mercredi 9 janvier 2019) Peu après le discours d'Omar el-Béchir, des policiers ont dispersé à l'aide de tirs de gaz lacrymogène quelque 300 manifestants antigouvernementaux rassemblés à Omdurman près de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir s'adresse à la population depuis son palais à Khartoum. (3 janvier 2019 Des manifestants réclament la démission de Omar el-Béchir au pouvoir depuis 30 ans. (25 décembre 2018) La police a tiré. Au moins 19 personnes ont été tuées, selon les autorités. Amnesty International a fait état de la mort de 37 manifestants.(25 décembre 2018) Des manifestants ont tenté de marcher vers le palais du président Omar Hassan al Bachir à Khartoum. (25 décembre 2018) Déclenchées par la hausse du prix du pain, les protestations se sont transformées en manifestations contre le gouvernement. (25 décembre 2018) Une femme tente de se mettre à l'abri lors d'une manifestations à Khartoum. (25 décembre 2018)

Sur ce sujet
Une faute?

Au lendemain de la destitution d'Omar el-Béchir au Soudan, le chef du conseil militaire de transition désormais aux commandes du pays a renoncé au pouvoir vendredi soir et nommé un autre militaire pour lui succéder, une décision accueillie par des scènes de joie des manifestants à Khartoum.

«En deux jours, nous avons renversé deux présidents» ou encore «nous avons réussi», scandaient les manifestants en brandissant des drapeaux soudanais. Plus tôt dans la journée, les militaires au pouvoir avaient démenti avoir mené un coup d'Etat et se sont efforcés de rassurer la communauté internationale ainsi que les manifestants.

Awad Ibn Ouf, le chef du Conseil militaire de transition, a annoncé dans un discours à la Nation avoir renoncé à son poste, et nommé à sa place Abdel Fattah al-Burhan Abdelrahmane, inspecteur général des forces armées. Cette déclaration a été accueillie par de scènes de liesse dans la capitale soudanaise.

«Le rôle du conseil militaire est de protéger la sécurité et la stabilité du pays», a déclaré plus tôt le général Omar Zinelabidine, membre du Conseil militaire, qui s'exprimait devant des diplomates arabes et africains. «Ce n'est pas un coup d'Etat militaire, mais une prise de partie en faveur du peuple», a-t-il assuré.

Gouvernement civil

«Nous ouvrirons un dialogue avec les partis politiques pour examiner comment gérer le Soudan. Il y aura un gouvernement civil et nous n'interviendrons pas dans sa composition», a-t-il dit, répétant des assurances formulées plus tôt par les chefs militaires.

Ceux-ci avaient par ailleurs affirmé que le président déchu, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans, était en détention mais qu'il ne serait pas «livré à l'étranger», alors qu'il est sous le coup de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Après des semaines de manifestations réclamant son départ, Omar el-Béchir a été renversé jeudi par l'armée qui a mis en place un «Conseil de transition militaire» pour deux ans.

De son côté, le groupe de coordination qui organise les protestations a exhorté les militaires à «transférer le pouvoir à un gouvernement civil de transition». Dans le cas contraire, «nous allons continuer le sit-in devant le QG de l'armée et dans d'autres villes», a-t-on ajouté dans un communiqué.

«Main dans la main»

Affichant leur rejet de cette transition, les manifestants avaient passé la nuit de jeudi à vendredi --la sixième consécutive-- devant le quartier général de l'armée. Malgré le couvre-feu imposé de 20H00 GMT à 02H00 GMT, la nuit avait été calme.

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Yasir Abdelsalam, a aussi essayé de dissiper les craintes de la communauté internationale. Le Conseil militaire «se contentera d'être le garant d'un gouvernement civil», a-t-il dit. Il a en outre ajouté que la période de transition «pourra être réduite en fonction des développements sur le terrain et l'accord des parties prenantes».

A l'occasion d'un grand rassemblement pour la prière du vendredi, des milliers de femmes et hommes vêtus de blanc ont afflué vendredi sous un soleil brûlant devant le QG de l'armée à Khartoum, selon des témoins.

«Je suis impressionné par ce que font ici ces jeunes femmes et hommes», a dit Hussein Mohamed, un homme âgé venu d'Omdourman, ville voisine de Khartoum. Le général Zinelabidine a affirmé vendredi que le Conseil militaire était prêt à travailler «main dans la main» avec les manifestants «pour trouver des solutions» aux problèmes des Soudanais. Il a également réclamé à la communauté internationale des fonds pour régler la crise économique.

La décision du gouvernement le 19 décembre de tripler le prix du pain dans ce pays en plein marasme économique avait déclenché les manifestations. A l'étranger, le renversement d'Omar el-Béchir a été accueilli avec prudence.

Les Etats-Unis, qui maintiennent des sanctions contre le Soudan, pays sur leur liste des Etats soutenant «le terrorisme», ont exhorté l'armée à intégrer les civils au gouvernement, tout en saluant un «moment historique». L'Union européenne a aussi appelé l'armée à un transfert «rapide» du pouvoir aux civils, tandis que l'Union africaine a critiqué la «prise de pouvoir par l'armée». La Ligue arabe a appelé «au dialogue politique» pour répondre aux aspirations du peuple soudanais.

«Protéger le régime»

M. Béchir a tenté de réprimer le mouvement de contestation par la force et instauré le 22 février l'état d'urgence à l'échelle nationale. Parmi les autres mesures décrétées jeudi par les militaires figurent la fermeture des frontières terrestres jusqu'à nouvel ordre et un cessez-le-feu à travers le pays, notamment au Darfour (ouest), où un conflit a fait plus de 300'000 morts depuis 2003 selon l'ONU. Ces dernières années, le niveau de violence a cependant baissé.

Cette «révolution de palais» vise surtout «à protéger le régime et empêcher l'opposition, des civils, des non-islamistes (...) de prendre le pouvoir», indique à l'AFP Jérôme Tubiana, chercheur indépendant sur le Soudan.

«En fait, la perspective d'une transition démocratique pourrait être encore plus éloignée que lorsque Béchir était en place, dans la mesure il n'y a pas de centre du pouvoir avec qui négocier», estime pour sa part l'analyste Alex de Waal.

«Le fait que Béchir ait accepté sa destitution prouve qu'il s'agit, plutôt que de le livrer à la CPI, de le protéger. Rien d'étonnant de la part d'hommes qui ont été (...) ses complices», juge pour sa part M. Tubiana.

Amnesty International a appelé à remettre M. Béchir à la CPI. En 2009, cette Cour basée à La Haye avait lancé un mandat d'arrêt contre lui pour «crimes de guerre» et «contre l'humanité» au Darfour, ajoutant en 2010 l'accusation de «génocide».

(nxp/ats)