Union européenne

28 mai 2019 15:15; Act: 29.05.2019 00:37 Print

Le choix difficile pour la succession de Juncker

Après un dîner à Bruxelles, les dirigeants européens restent divisés autour de la succession du patron de l'UE.

Après Juncker, qui prendra la tête de l'exécutif européen ?
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Les dirigeants européens, en particulier le tandem Macron-Merkel, ont affiché leurs divisions mardi autour de la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, ce qui augure d'une négociation laborieuse sur la désignation des nouveaux patrons de l'UE.

Difficulté supplémentaire: les chefs d'Etat et de gouvernement devront en outre trouver un compromis sur ce poste clé avec le nouveau Parlement issu des élections et qui entend imposer comme futur président de l'exécutif européen un candidat désigné par les partis avant ce scrutin.

«Personne n'est intéressé par un conflit inter-institutionnel», a prévenu le président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue d'un sommet extraordinaire mardi soir à Bruxelles, convoqué pour tirer les leçons des élections.

Pourtant, la lutte de pouvoir semble bien ouverte. Le premier bras de fer porte sur la présidence de la Commission européenne. Celui qui sera élu devra obtenir le soutien des 28 et la majorité absolue au Parlement européen, soit 376 voix. Les traités prévoient que les chefs d'Etat et de gouvernement proposent un candidat sur lequel le Parlement se prononce, et doivent pour cela «tenir compte» du résultat des élections.

Comme l'a résumé la chancelière allemande Angela Merkel: «Nous soutenons notre candidat: Manfred Weber, d'autres soutiennent le leur, c'est clair». Chef de file du Parti populaire européen (PPE, centre droit), première force politique au sein du Parlement et famille politique de Mme Merkel, M. Tusk ou encore M. Juncker, le Bavarois Manfred Weber revendique le poste.

«Pas d'automaticité»

Mais côté français, le président Emmanuel Macron, dont la liste Renaissance va venir gonfler les rangs des centristes libéraux dans l'hémicycle, a rejeté toute «automaticité» pour la candidature des chefs de file, ou «Spitzenkandidaten» selon le jargon bruxellois, un message relayé par Donald Tusk.

Pour Emmanuel Macron, la France, «affranchie de la prison des Spitzenkandidat» aura pour rôle «de construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet».

Outre M. Weber, les prétendants des deux autres principaux groupes sont le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans et la libérale danoise Margrethe Vestager. Le président français compte sur les soutiens des huit chefs d'Etat ou de gouvernement de la famille libérale et cherche l'appui des cinq dirigeants socialistes.

Mais ces derniers ont aussi défendu leurs familles politiques. Une source gouvernementale espagnole, appuyant la candidature de M. Timmermans devant des journalistes, a assuré que «même Macron se montre ouvert à la possibilité que Timmermans devienne président».

Le dîner fut court, le mot d'ordre étant de ne pas discuter sur les noms, mais pas question de se disperser: aucun collaborateur n'était autorisé dans la salle de réunion, et les dirigeants ont dû couper leurs téléphones, selon des sources concordantes.

Non seulement les 28 devront trouver un compromis entre eux, mais le Parlement, fort d'une solide participation aux élections, entend bien imposer le principe du «Spitzenkandidat», comme en 2014. Une épreuve de force supplémentaire.

Soutenu par une déclaration commune des présidents des groupes politiques, le président de l'hémicycle, l'Italien Antonio Tajani, est venu mettre les choses au clair devant les 28, invité en ouverture de leur dîner. «On veut plus de démocratie au sein de l'Union européenne... Nous apportons la réponse», a asséné M. Tajani lors d'un point presse.

Six négociateurs

Cette ligne, soutenue par les familles PPE, socialistes et Verts, n'a toutefois pas été adoubée par le groupe libéral, au sein duquel siègeront les eurodéputés de la liste Renaissance d'Emmanuel Macron.

Un accord entre les deux instances devra être trouvé avant le sommet des 20 et 21 juin, lors duquel le nom du candidat sera révélé. Il fera partie d'un «paquet» savamment équilibré de répartition des grandes responsabilités européennes selon des critères géographiques, démographiques, de sensibilité politique et de parité femme/homme.

Outre le président de l'exécutif européen, il faudra d'ici la fin de l'année renouveler les postes de président du Conseil européen, de chef de la diplomatie de l'UE et de président de la Banque centrale européenne. Le Parlement élira également un nouveau chef début juillet.

Le cas du président de la BCE est un peu à part, a toutefois précisé Donald Tusk, car l'institution se doit être indépendante politiquement. Il a confié que son «ambition personnelle» était d'avoir deux femmes nommées à ces postes. «Ca va être très difficile avec le Parlement», a confié à l'AFP un haut responsable européen. Côté dirigeants européens, une équipe de six négociateurs (deux par famille politique) a été nommée pour faciliter les discussions.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Pluche le 28.05.2019 17:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ahhhh...

    La bonne surprise et le plaisir est.... de ne plus voir la tête de Juncker!!

  • anti europe le 28.05.2019 16:43 Report dénoncer ce commentaire

    Dehors

    Junker s'en va c'est la plus belle chose qu'il pouvait faire !!! il a assez gagné de fric !!!

  • Jean Poche le 28.05.2019 16:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive le changement

    Ils peuvent choisir qui ils veulent, le nouveau ne pourra pas être pire !

Les derniers commentaires

  • Steph le 29.05.2019 05:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    malhonnête

    Jean-Claude Juncker a admis avoir "négligé" de faire en sorte que la concurrence fiscale soit "équitable" quand il était Premier ministre du Luxembourg. Il a été mis en cause dans le scandale LuxLeaks... et on met un type comme ça à la tête de l'organisation européenne . Ça ne pouvait pas marcher, le prochain sera forcément un malhonnête.

    • OpenCH le 07.06.2019 12:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Steph

      Croisons les doigts...

  • Group home le 28.05.2019 23:56 Report dénoncer ce commentaire

    Le changement des peuples

    Qu'il mettent un sans-papier mineur de 47 ans comme remplaçant, ça sera cohérent avec la politique de l'UERSS.

  • albert le 28.05.2019 23:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Hackers russes

    pas d'ingérence Russe dans les élections européennes ? bizarre !

  • Pascal G le 28.05.2019 23:05 Report dénoncer ce commentaire

    Mais oui...

    Tout le monde sait que ce sera Macron, arrêter de prendre les gens pour des cons !

    • Levalesco.vs@gmail.com le 29.05.2019 05:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Macron au pouvoir le désastre

      Si c'est Macron l'EU est complètement a coté du sujet quand ont voit le massacre fait au peuple Français est mettre ce mythomane au pouvoir c'est le commencement de la fin l'EU avec le poivron Juncker est remplacé par un dictateurs hors de toutes limites acceptables

    • Claude le 29.05.2019 23:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Levalesco.vs@gmail.com

      Aïe! Ça fait mal de lire de telles inepties.

    • Levalesco.vs@gmail.com le 30.05.2019 06:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Pour vous mais pas pour moi

      C'est peut-être pour vous mais il faut pas ce voiler la face comme il matraquent les JG c'est inacceptable et le reste des plus démunis.

  • Albert le 28.05.2019 22:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Junk men

    s'il n'y a pas un nul pour remplacer un moins que nul c'est grave ., pour la UE