Santé

20 avril 2019 02:43; Act: 20.04.2019 02:43 Print

Le choléra toujours d'actualité au Yémen

Selon l'ONG Oxfam, l'épidémie de choléra pourrait refaire son apparition dans plusieurs régions du Yémen.

storybild

Des Yéménites recevant un traitement contre le choléra vers Hodeidah. (Photo: AFP)

Une faute?

De vastes régions du Yémen en guerre risquent d'être confrontées à une résurgence de l'épidémie de choléra, a alerté vendredi Oxfam. Le nombre de cas suspects a fortement augmenté cette année et les ONG peinant à accéder à environ 40'000 d'entre eux.

«Le peuple du Yémen a déjà enduré la pire épidémie de l'histoire», a affirmé Muhsin Siddiquey, le directeur de l'ONG Oxfam au Yémen, dans un communiqué. «Laisser cette maladie se propager de nouveau à travers le pays (...) serait une tache sur la conscience de l'humanité», a-t-il poursuivi.

Il a appelé la communauté internationale à assurer rapidement l'accès des organisations humanitaires dans le pays. Quelque 195'000 cas suspects ont déjà été recensés depuis janvier 2019, dont 38'000 dans des régions difficiles d'accès pour les ONG, notamment en raison des affrontements armés et des nombreux barrages érigés par les combattants des camps rivaux.

3000 morts depuis 2008

«Au cours des deux dernières semaines de mars, environ 2500 cas suspects ont été rapportés chaque jour, [un nombre, ndlr] en augmentation par rapport aux 1000 cas rapportés chaque jour en février», a écrit l'ONG.

Il y a dix fois plus de cas suspects recensés et de personnes décédées du choléra que sur la même période en 2018, a affirmé Oxfam. Depuis 2016, le choléra a tué plus de 3000 Yéménites, selon l'ONG. Si le nombre de cas recensés se maintient au même niveau le reste de l'année, l'épidémie sera plus grave que celle de 2017, avertit-elle.

Le conflit au Yémen a fait au moins 10'000 morts depuis 2015 et provoqué la pire crise humanitaire au monde. Il oppose le pouvoir appuyé par l'Arabie saoudite aux rebelles Houthis soutenus par l'Iran. Des ONG estiment toutefois que le nombre de morts est nettement plus élevé, certaines citant un bilan cinq fois supérieur.

(nxp/ats)