Ukraine

01 avril 2019 07:56; Act: 01.04.2019 20:38 Print

L'humoriste Zelensky en position de force

Le comédien Volodymyr Zelensky est arrivé largement en tête du 1er tour de l'élection présidentielle en Ukraine devant le président sortant Petro Porochenko.

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Le comédien et humoriste Volodymyr Zelensky pourrait bientôt ajouter le titre de président à sa carte de visite. (Photo: Keystone)

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L'humoriste novice en politique Volodymyr Zelensky est largement en tête lundi du premier tour de la présidentielle en Ukraine. Il aborde en position de force son duel avec le sortant Petro Porochenko, dans un climat de défiance à l'égard d'une classe politique rongée par la corruption.

Le comédien de 41 ans, connu pour ses spectacles de stand-up et son rôle de président dans une série, a dépassé toutes les prévisions, en dépit des critiques de ses détracteurs quant au flou de son programme et des doutes émis sur sa capacité à gouverner, dans un pays en guerre et au coeur de tensions entre Russie et Occidentaux.

Dimanche, il a obtenu 30,25% des voix, selon les résultats publiés par la Commission électorale après dépouillement de plus de 92,55% des bulletins. Il attaque donc la campagne du second tour, le 21 avril, avec une avance considérable sur le président sortant Petro Porochenko, 53 ans, qui a recueilli 15,94% des suffrages. En tête des sondages en début de campagne, l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko, 58 ans, est éliminée avec seulement 13,39%.

La Commission électorale a indiqué n'avoir constaté aucune infraction majeure et les observateurs internationaux ont salué l'organisation de ces élections jugées «pluralistes», offrant «un large choix» aux électeurs et donnant lieu à un vote «transparent» et un décompte marqué par «très peu de violations».

L'Union européenne a souhaité dans un communiqué un «second tour libre, honnête et transparent», soulignant la nécessité de «s'en tenir aux principes démocratiques, de respecter la volonté du peuple ukrainien et d'éviter de provoquer des tensions inutiles».

Au total, 39 candidats étaient en lice au premier tour, un record pour ce pays de 45 millions d'habitants aux portes de l'UE, devenu l'un des Etats les plus pauvres d'Europe. L'Ukraine s'est brouillée avec la Russie et s'est résolument tournée vers l'Occident, mais elle traverse la pire crise depuis son indépendance en 1991.

L'arrivée de pro-occidentaux au pouvoir en 2014 a été suivie par l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et par un conflit armé avec des séparatistes prorusses dans l'est, qui a fait près de 13'000 morts.

Cap pro-occidental

Candidat atypique, humoriste et entrepreneur du spectacle, Volodymyr Zelensky n'a pas mené de campagne traditionnelle, préférant se produire sur scène avec sa troupe de stand-up et s'exprimant davantage sur les réseaux sociaux qu'à la télévision et dans les journaux. Si ses partisans voient en lui un nouveau visage dans un paysage politique sclérosé, il est accusé par certains d'être manipulé par le sulfureux oligarque Igor Kolomoïski, ce qu'il dément.

Volodymyr Zelensky s'est félicité dimanche soir d'«un premier pas vers une large victoire». Favorable comme ses principaux rivaux à un maintien du cap pro-occidental pris par l'Ukraine depuis cinq ans, il juge cependant inévitable un dialogue avec la Russie.

S'exprimant souvent en russe, sur scène ou dans la vie courante, il n'a pas fait campagne sur les questions identitaires qui ont souvent divisé les Ukrainiens depuis l'indépendance, ce qui lui a permis d'obtenir des scores élevés dans les régions russophones.

Le Kremlin a dit lundi espérer une victoire «non pas du parti de la guerre mais d'un parti souhaitant un vrai règlement par étapes de la situation au sud-est de l'Ukraine», laisser pointer une préférence pour Volodymyr Zelensky.

Crédité du rapprochement avec les Occidentaux, d'avoir redressé une armée en ruines et lancé des réformes économiques, le président Petro Porochenko est accusé d'avoir renâclé à lutter contre la corruption, ce que réclamait le soulèvement du Maïdan qui l'avait porté au pouvoir il y a cinq ans. «C'est une dure leçon pour moi», a concédé Petro Porochenko, remerciant ses électeurs qui ont «soutenu l'orientation vers l'OTAN, l'Union européenne et une indépendance définitive vis-à-vis de la Russie.»

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Niveau le 01.04.2019 21:32 Report dénoncer ce commentaire

    Très bas

    Des politiciens européens. On dirait le tiers monde.

  • Jean le 01.04.2019 15:25 Report dénoncer ce commentaire

    Logique

    Un clown en remplace un autre.

  • Glaïeul le 01.04.2019 10:57 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas demain en Suisse

    C'est ce qui aurait dû se passer partout !

Les derniers commentaires

  • Niveau le 01.04.2019 21:32 Report dénoncer ce commentaire

    Très bas

    Des politiciens européens. On dirait le tiers monde.

  • OxFan le 01.04.2019 15:52 Report dénoncer ce commentaire

    Embrouillage?

    La Russie a occupée et annexée les territoires ukrainiens en 2014 - on appelle ceux ci - "elle s'est brouillée avec la Russie (c)"?? Je croix que le choix de mots du moins pas appropriée.

    • Je reviens le 03.04.2019 02:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @OxFan

      C'est seulement un bagarre de cours d'école. Que les ukrainiens rendent à la Russie l'ancienne capitale russe du nom de Kiev et on n'en parle plus.

  • Jean le 01.04.2019 15:25 Report dénoncer ce commentaire

    Logique

    Un clown en remplace un autre.

  • Glaïeul le 01.04.2019 10:57 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas demain en Suisse

    C'est ce qui aurait dû se passer partout !

    • mauvaise langue, va ! le 01.04.2019 21:54 Report dénoncer ce commentaire

      @Glaïeul

      C'est aujourd'hui en Suisse.