Corée du Nord

27 décembre 2011 22:07; Act: 28.12.2011 09:20 Print

Le fils de Kim Jong-Il va choisir son équipe

Les jours de funérailles du dirigeant nord-coréen seront l'occasion de déterminer qui, au sein de l'hermétique régime de Pyongyang, aura les faveurs de son successeur.

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Kim Jong-Un se contente pour l'instant de marcher scrupuleusement sur les traces de son défunt père. (Photo: Keystone/AP)

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Le cadavre de Kim Jong-Il est exposé depuis son décès le 17 décembre à l'âge de 69 ans au mausolée où gisait déjà la dépouille embaumée de son père, a au cours de son règne renforcé le poids de l'armée dans le régime, célébrant chaque occasion avec de grandes parades à la chorégraphie méticuleuse.

En 1994, les funérailles de Kim II Sung avaient été scrutées à la loupe, notamment la liste des noms de la commission chargées de les organiser, pour tenter d'y déchiffrer qui allait être promu par le nouveau chef d'Etat, qui allait tomber en défaveur. Il en est de même aujourd'hui, cette liste de 232 noms ayant été disséquée depuis sa publication la semaine dernière.

Quant à celui que la presse qualifie désormais de «Grand successeur», Kim Jong-Un, qui n'a pas encore 30 ans, il est déjà apparu à plusieurs reprises aux côtés de la dépouille de son père, stoïque dans son costume Mao bleu nuit.

Si l'on s'attend à un immense cortège funèbre dans les rues de Pyongyang pour mercredi, les bégonias rouges adoptés comme fleur symbole par Kim Jong-Il viendront sans doute remplacer les magnolias qui avaient accompagné le cercueil de Kim II Sung.

Trois minutes de silence

Selon la presse officielle, les cérémonies d'adieu pour Kim Jong-Il devraient débuter jeudi à la mi-journée, avec des salves d'honneur, trois minutes de silence, et les sonneries des navires et locomotives dans tout le pays.

Elles ne devraient cependant pas venir faire de l'ombre aux funérailles de son père, dans la terminologie du régime président «éternel» de« Corée du Nord, estime le professeur Jeong Jin-gook, du Collège Daejeon de Sciences de la santé, en Corée du Sud. »Kim Il Sung reste encore le plus respecté des Nord-Coréens«, dit-il.

Si Kim Jong-Il avait, selon ses biographes, apposé sa marque personnelle lors des funérailles de son père, organisant son culte et se démarquant des traditions funéraires nord-coréennes, pour l'instant Kim Jong-Un se contente de marcher scrupuleusement sur les traces du défunt.

La seule innovation qui ait été portée à son crédit, sans doute pour le bien de sa future biographie officielle, est d'avoir, selon les médias d'Etat, ordonné que les Nord-Coréens faisant la queue dans le froid glacial pour s'incliner sur la dépouille du «Cher dirigeant» soient régulièrement approvisionnées en thé chaud.

(ap)