Sécurité

03 juillet 2018 09:00; Act: 03.07.2018 09:12 Print

Le mal-être grandissant de la police française

Les agents de police vivent «une véritable crise», selon un rapport parlementaire signé de deux sénateurs. Cette situation mettrait en péril la sécurité du pays.

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Les policiers français souffrent notamment d'être exposés à une violence croissante, provoquée par des organisations terroristes. (image d'archive) (Photo: AFP)

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«Mal-être», «perte de sens» et «découragement»: la police française traverse «une véritable crise», selon un rapport parlementaire consulté mardi par l'AFP. Selon les sénateurs François Grosdidier et Michel Boutant, le «malaise général» des forces de sécurité intérieure et en particulier de la police nationale est tel qu'il «met en péril le bon fonctionnement du service public de sécurité».

Pour les sénateurs, la crise est le fruit de plusieurs facteurs, avec en premier lieu une exposition croissante à la violence dont le paroxysme est l'assassinat revendiqué par l'organisation djihadiste, Etat islamique de deux fonctionnaires de police le 13 juin 2016 à leur domicile en région parisienne.

Pression constante

La mission d'enquête estime que la «pression opérationnelle constante» générée par la menace terroriste, les mobilisations sociales ou la crise migratoire a concouru à «une augmentation des situations d'épuisement professionnel».

Elle pointe également le «sentiment de déclassement» qui se nourrit du «grand dénuement matériel» des services, en particulier un parc automobile «vétuste» et un parc immobilier «en situation critique».

Management plus proche du terrain

Constituée après la vague de suicides qui a endeuillé les forces de sécurité à l'automne 2017, la commission d'enquête parlementaire invite à «une remise en cause énergique» et à «des réformes profondes» qui permettront de «remettre l'institution sur les rails».

Elle formule une série de 32 propositions visant pêle-mêle une meilleure prise en compte des risques psycho-sociaux, l'amélioration de la gestion des ressources humaines, une formation et un management plus proche «du terrain», l'élaboration d'un livre blanc de la sécurité intérieure puis l'adoption de lois de programmation ou encore la généralisation des caméras piétons.

(nxp/afp)