France

21 juillet 2018 10:45; Act: 21.07.2018 17:09 Print

La garde à vue de «M. Sécurité» prolongée

Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb va être entendu ce lundi à l'Assemblée nationale dans le cadre d'une enquête sur les actes du proche collaborateur du président Emmanuel Macron.

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L'affaire Benalla, collaborateur de la présidence française licencié après des violences le 1er mai, continue d'occuper le devant de la scène en France: gardes à vue en cascades, dont la sienne prolongée samedi, audition du ministre de l'Intérieur lundi, opposition en ébullition.

Malgré ce licenciement annoncé vendredi, l'Elysée n'a pas réussi à désamorcer la crise née de la divulgation mercredi de vidéos montrant ce proche du chef de l'Etat frapper des manifestants pendant la Fête du travail, arborant des insignes de police, alors qu'il était présent en tant que simple observateur auprès des forces de l'ordre.

Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb va devoir expliquer aux députés ce qu'il sait de cette affaire: il sera auditionné lundi à 10H00 (08H00 GMT) par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, dotée de pouvoirs d'enquête, a annoncé samedi sa présidente Yaël Braun-Pivet (LREM). Une audition publique et retransmise.

L'opposition de tous bords soupçonne l'exécutif d'avoir voulu étouffer un «scandale», droite et extrême droite demandant que le président Emmanuel Macron lui-même s'explique.

La Une de la presse

L'Élysée, mis rapidement au courant des agissements de Benalla, l'avait mis à pied en mai pendant 15 jours et l'histoire en est restée là jusqu'à ce qu'elle soit dévoilée mercredi par le quotidien Le Monde, provoquant une vague d'indignation alors que le président s'est tout au long de sa campagne fait le chantre d'une «République exemplaire». «On cherche à camoufler une affaire d'État derrière une procédure bien tardive de licenciement», a dénoncé dans un entretien au Figaro le patron de l'opposition de droite Laurent Wauquiez (Les Républicains). «Emmanuel Macron va devoir rendre des comptes aux Français», a-t-il ajouté. «Si Macron ne s'explique pas, l'affaire Benalla deviendra l'affaire Macron», a estimé la présidente du Rassemblement national (extrême droite) Marine Le Pen, dans un tweet.

Silence présidentiel

Mais le président est jusqu'à présent resté muet sur la question. Un mutisme qui «aurait pu se justifier dans le cadre d'une pratique maintenue de la parole rare», ce qui n'est pas le cas: cette présidence est devenue «bavarde», commente l'éditorialiste du Figaro, selon lequel «la présidence Macron est en toute hypothèse entachée» par ces remous.

Les liens du chef de l'État avec ce Monsieur sécurité de l'Élysée, adjoint au chef de cabinet de la présidence avant son licenciement, sont au centre des Unes des quotidiens samedi: Alexandre Benalla, «le protégé du palais» (de l'Élysée) annonce Libération, le «conseiller trop spécial» titre Le Parisien, même si ces deux journaux soulignent qu'il a finalement été «lâché» par le président Macron.

Garde à vue prolongée

Sa garde à vue a été prolongée samedi matin pour une durée pouvant atteindre 24 heures, comme celle d'un gendarme réserviste, Vincent Crase, employé du parti présidentiel, qui se trouvait avec lui lors du 1er mai, a fait savoir le parquet de Paris. Tous deux ont été placés en garde à vue vendredi notamment pour violences et usurpation de fonction. Le domicile d'Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux, dans la banlieue sud-ouest de Paris, a également été perquisitionné samedi matin.

Et les trois policiers suspendus pour lui avoir transmis mercredi soir des images de vidéo-surveillance, ont à leur tour été placés en garde à vue samedi matin. C'est justement mercredi soir que cette affaire a été révélée par le journal Le Monde. Il s'agit du chef d'état-major adjoint, d'un commissaire présent au moment des faits, dans le 5e arrondissement de Paris, et du commandant chargé des relations entre la préfecture de police et l'Élysée, ont rapporté plusieurs sources proches du dossier.

En plus de l'enquête préliminaire de la justice, ouverte jeudi à l'initiative du parquet de Paris, une autre, administrative, a été lancée par la «police des polices» et une troisième par l'Assemblée nationale. Conséquence de ces événements, selon des médias français: le mariage d'Alexandre Benalla, 26 ans, qui devait être célébré samedi, a été annulé.

(nxp/ats)