Crash en Indonésie

11 mai 2012 09:14; Act: 11.05.2012 09:42 Print

Le mystère plane sur les causes du drame

De laborieuses opérations ont débuté vendredi afin d'évacuer les corps du Soukhoï qui s'est écrasé mercredi en Indonésie, alors que les questions se multipliaient sur les causes de l'accident.

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A l'aube, 225 secouristes se sont ébranlés du poste de Cijeruk, à environ 8 km du lieu du crash, en direction de l'épave. Ils devraient l'atteindre après cinq heures de marche à travers une forêt tropicale dense et un terrain très escarpé, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une première équipe a déjà atteint le site jeudi en fin de journée, ne trouvant aucun survivant et des corps inanimés dans l'épave du Soukhoï. L'appareil s'est écrasé mercredi après-midi lors d'un vol de démonstration censé vanter les mérites du tout nouvel appareil à des acheteurs potentiels.

«L'avion s'est écrasé sur le flanc de la montagne et a glissé de 250 mètres, jusqu'à environ 1800 mètres d'altitude. La paroi est très abrupte, à un angle de 85 degrés», a expliqué le colonel Anton Mukti Putranto, commandant les opérations à Cijeruk au pied du Mont Salak.

Douze corps retrouvés

«Nous avons atteint le site du crash à 10h00 (03h00 GMT) et nous avons trouvé 12 victimes, toutes décédées. Nous poursuivons l'évacuation», a déclaré le vice-maréchal Daryatmo, responsable de l'Agence nationale des secours (SAR), lors d'une conférence de presse organisée à l'aéroport Halim de Jakarta, où doivent être acheminées les dépouilles. L'avion avait à son bord une quarantaine de personnes.

Le Superjet 100 de l'avionneur russe Soukhoï transportait entre 45 et cinquante personnes, selon les sources, tous des Indonésiens, à l'exception de huit Russes, un Français et un Américain.

Région dangereuse

Pendant ce temps, les questions se multipliaient sur les circonstances de l'accident et en particulier sur les raisons qui ont poussé le commandant de bord à amorcer une rapide descente de l'appareil, de 3000 à 1800 mètres d'altitude, dans une région très montagneuse.

«Le Mont Salak a une altitude supérieure à 2000 mètres et on leur a donné la permission de descendre à 1800?», se demande Gerry Soejatman, un pilote membre d'Indoflyer, une organisation indonésienne d'amateurs. La région survolée est de plus «dangereuse» et souvent balayée par des «vents très bizarres», ajoute-t-il sur son blog.

«Enquête minutieuse»

Une enquête criminelle a été ouverte à Moscou sur une éventuelle violation des règles de sécurité. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a ordonné une «enquête minutieuse». Vendredi matin, il s'est rendu à l'aéroport Halim, dans l'est de Jakarta, où les familles et amis attendent les corps qui doivent y être ramenés.

«J'ai parlé au président russe (Vladimir Poutine) hier soir. Nous sommes convenus de travailler ensemble afin d'enquêter sur les circonstances de l'accident», a-t-il simplement dit. Le président venait d'échanger quelques mots avec des proches en pleurs, murés dans un silence angoissant.

(ats/afp)